ÉVITE
la chlorose et de la tuberculose. Les deux affections étant communes chez les adolescents, la puberté constitue une époque favorable, et en quelque sorte prédisposante, à la production de cette hybridité morbide. Cependant la chloroanémie tuberculeuse n’appartient pas en propre à l’âge de la puberté … Nous savons déjà que la chlorose est fréquente dans les familles de tuberculeux ; dans ces mêmes familles on peut observer la forme complexe, résultant de l'association des deux maladies... Dans d’autres cas l'influence héréditaire est douteuse ou même nulle, la chloroanémie se développe sous l'influence de causes analogues à celles de la chlorose ordinaire.
« Dans la majorité des cas, les malades entrent de pleinpied dans la chloroanémie tuberculeuse. Ils présentent, à la fois, des symptômes évidents de chlorose et des signes de tuberculose pulmonaire. Plus rarement l’anémie chlorotique ne s’accuse nettement qu’à une période où les manifestations pulmonaires sont déjà d’une grande netteté. Aussi n'est-il pas rare de voir les symptômes de la chlorose dominer pendant un certain temps la scène morbide. Car, le plus habituellement, l’anémie chlorotique se déclare et s’accentue très rapidement dès le début de la maladie sous l'influence d’une évolution tuberculeuse dont les signes peuvent rester douteux pendant un certain temps …
« Dans un assez grand nombre de cas la chloroanémie tuberculeuse revêt la forme dyspeptique. Cette observation est conforme aux remarques faites récemment (1687, thèse, Paris) par M. Marfan dans son étude sur l’état gastrique de la tuberculose. En laissant de côté toute théorie, il résulte des observations de Pidoux, et, depuis d’un certain nombre d’autres cliniciens, qu’au début
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de la tuberculose pulmonaire on observe souvent, outre une grande pâleur et divers signes d’anémie, un état gastrique particulier que Marfan désigne sous le nom d'état gastrique initial. Cet ensemble me paraît correspondre, au moins dans certains cas, à la chlorose dyspeptique évoluant avec la tuberculose pulmonaire.
« Une fois déclarée, l’anémie chlorotique présente une intensité variable qui n’est pas forcément en rapport avec l'étendue et la gravité des lésions pulmonaires. Parfois, en effet, l’anémie chlorotique après la première poussée du début reste stationnaire et ne dépasse pas le second degré, tandis que les lésions pulmonaires font des progrès assez rapides. Chez d’autres malades, la chlorose s’accentue et peut provoquer une anémie du troisième ou même du quatrième degré, quelle que soit d’ailleurs la marche de la tuberculose : ces derniers faits sont exceptionnels. L'influence de la chlorose sur la marche de la tuberculose n’est pas nette, pas plus que celle de la phtisie sur l’intensilé de l’anémie.
Dans cette association pathologique on peut observer toutes les formes de la phtisie pulmonaire. Il semble donc que la chloroanémie tuberculeuse soit constituée par deux maladies qui évoluent en même temps, mais d'une manière presque indépendante.
« L'état anatomique du sang est exactement le même que dans la chlorose. Les lésions dépendent de l'intensité de l’anémie ; en général elles sont caractéristiques d’une anémie chronique du second degré. Lorsque la tuberculose évolue très rapidement et s'accompagne de fièvre, l’'anémie, après avoir été très manifeste, paraît parfois rétrocéder ou même diminuer bien que l’état cachetique fasse des progrès. Il m’a semblé que, dans la plupart des