ETUDE CLINIQUE
Nous allons maintenant étudier les symptômes qui peuvent aider à établir le diagnostic de maladie de Hodgkin, dans sa forme abdominale. Mais, dans cette forme, les adénopathies périphériques ne «seront que tardivement observées, et souvent même elles seront totalement absentes au cours de l’évolution de l’affection. L'absence .de ces adénopathies périphériques et donc l’impossibilité de pratiquer la biopsie ganglionnaire, qui montrerait la cellule de Sternberg, caractéristique de la maladie de Hodgkin, rend le diagnostic de ces formes péritonéales particulièrement délicat.
C’est ainsi qu’elles peuvent évoluer sous le masque d’une fièvre ondulante, soulevant alors de grandes difficultés diagnostiques avec les brucelloses.
Il existe des maladies de Hodgkin dans lesquelles, pendant des semaines et même des mois, les hypertrophies ganglionnaires font défaut ou sont trop profondément cachées pour attirer l’attention, tandis que la fièvre ondulante, accompagnée d’une atteinte plus ou moins profonde de l’état général, demeure ile phénomène majeur.-C’est dans de tels cas que le dia-
Le Ce
gnostic peut demeurer longtemps hésitant. Nous avons eu l’occasion d’en observer quelques-uns à l’hôpital Claude Bernard, et nous rapporterons l’observa-
tion suivante que nous devons à notre maître, Monsieur le Professeur LEMIERRE :
Georges G.…., comptable, âgé de 48 ans, est entré à Claude Bernard le 24 octobre 1935. Il nous a été adressé comme étant suspect de brucellose.
Il avait commencé à se sentir fatigué dès le mois de novembre 1934. Mais c’est seulement à partir du mois de mai 1935, en raison d’une accentuation de cette fatigue et de transpirations nocturnes profuses qu’il a commencé à prendre sa température et qu’on a constaté chez lui l’existence d’un état fébrile. Il a pu néanmoins continuer ses occupations pendant quelques semaines encore. À ce moment, le diagnostic de fièvre typhoïde, puis celui de fièvre de Malte, ont été envisagés; mais les séro-diagnostics avec les bacilles du groupe typho-paratyphique et avec le micrococcus sont demeurés négatifs.
En juillet 1935, le sujet doit suspendre définitivement son travail et s’aliter.
La température, régulièrement prise chaque jour, prend dès ce moment un type ondulant des plus nets. Les transpirations nocturnes continuent, le malade maigrit et ressent une fatigue extrême.
L’appétit est assez vif à certains jours; mais, à des intervalles réguliers, surviennent des crises de diarrhée accompagnées de nausées auxquelles font suite