‹ Les Formes Péritonéales de la Maladie de HodgkinChapitre 8 sur 11 · SERA · texte numérisé non relu

SERA

des périodes de constipation. Dans la deuxième quinzaine de septembre, le patient souffre de douleurs dans les articulations des genoux. et des orteils.

Au début d'octobre, prend fin la troisièème onde fébrile survenue depuis le mois de juillet.

La température demeure normale jusqu’au 10 octobre. À ce moment commence une nouvelle onde fébrile et c’est en raison de celle-ci que le malade est envoyé à Claude Bernard le 24 octobre.

Depuis que le diagnostic de brucellose a été envisagé, chez cet homme, il a subi une série de traitements : vaccinothérapie mélitococcique, injections intraveineuses de jaune d’acridine, chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine, par voie buccale et intra-veineuse. :

Quand nous examinons le malade, le 24 octobre 1935, nous sommes en face d’un homme pâle, aux muqueuses décolorées, très asthénique et visiblement maiori, [I aurait en effet perdu 17 kilogrammes depuis le mois de juillet. La température est à 39°4, le pouls à 92, régulier et bien frappé, la tension artérielle est à 12-6 1/2. La langue est humide et saburrale. On trouve des râles sous-crépitants assez nombreux à la partie moyenne et aux bases des deux poumons. Pourtant, le malade ne tousse pas, ne crache pas, n’a pas de dyspnée, le nombre des respirations est de 24 par minute. Le cœur est normal.

L’abdomen est légèrement météorisé. Le foie, non douloureux à la pression, dépasse-de trois travers de doigt le bord inférieur des fausses côtes. La rate est

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percutable sur six travers de doigt; son pôle inférieur est facilement accessible à la -palpation pendant les inspirations profondes. On me constate en aucun point d’hypertrophie ganglionnaire, Les urines ne contiennent aucun élément anormal; le chiffre de l’urée sanguine est de 0,56 gr.

Tous les autres appareils sont normaux. À noter seulement une certaine hypoacousie apparue au cours de la maladie.

Dès l’entrée du patient à Claude Bernard, on pratique les examens de laboratoire suivants :

1° une hémoculture aérobie et anaérobie qui demeure négative;

2° un séro-diagnostic avec brucella melitensis, qui demeure négatif;

3° une intradermo-réaction à da mélitine qui est négative;

4° un examen hématologique qui donne les -résultats suivants :

Giles TORSES EE PEL ANS Re 2.960.000 GiGbules "HIATES TE RESTES RER 12.000 POINS -REUIDO. TA NE TR CR RER 66 % MOYÉRSAMONUS FEAR RER ER 107 LYMPHOCYTES CTI RES ETAR RRE nee Monocytés .-7 "17e Me RER 92

La marche de la maladie:après ladmission.du:sujet à Claude Bernard a été la suivante : la température est restée continue entre 39° et 40°, jusqu’au 29 :octobre. Puis, elle ;est descendue graduellement pour re-

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tomber à 37° le 3 novembre. Cette période fébrile n°a été marquée par aucun incident -particulier. La température est ensuite demeurée:à 37° jusqu’au 13 novembre. Pendant. cette phase :«d’apyrexie, le malade s’est montré moins fatigué. Il:mange de meilleur appétit.

Enfin, le volume des urines ‘qui, jusque-là oscillait entre un litre ‘et un 1itre «et :demi, :par 24 heures, a monté et s’est maintenu ‘entre 2 litres et demi et 5 litres.

À partir du 14 novembre, la température a recommencé à s'élever progressivement. Une nouvelle:onde fébrile: s’est: dessinée. qui:a atteint son maximum aux environs du 25 novembre, avec une température :de 39°, puis s’est incomplètement amendée :avec ‘une descente thermique entre.37° et 38°, les 112 et 14 :décembre,.et enfin une dernièrerreprise autour de 39° qui a duré jusqu’à la mort du malade, survenue le: 23 décembre.

‘La ‘dernière phase de la maladie,-qui a commencé avec la reprise fébrile,:a été marquée, entre:les :progrès de la cachexie et de l’adynamie, par lPapparition ‘de phénomènes abdominaux.

Déjà, depuis le début de la maladie et depuis l’entrée:du-sujet à l'hôpital, il y avait eu des alternatives de-constipation et «de diarrhée, sans ‘symptômes subjectifs particuliers. Maïs, à :partir du 21 novembre et pendant une :semaine ‘environ, iil s’est plaint ‘d’une vive douleur occupant:le flanc gauche ét la moïtié de la:région thoracique postérieure. À cermoment, la:pal-

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pation profonde a permis de percevoir une sorte d’empâtement difficile à préciser dans la fosse lombaire gauche. Ajoutons que cette palpation provoquait une souffrance assez accentuée, non seulement en ce point, mais dans toute la moitié gauche de l’abdomen.

Le 12 décembre, alors que ce premier épisode avait complètement disparu depuis une huitaine de jours et, en même temps qu’il se produit une brusque poussée fébrile à 39°, le malade se plaint de vives douleurs abdominales. Il présente de plus une diarrhée profuse et a quinze selles dans les 24 heures. L’abdomen est fortement météorisé et il existe de la défense musculaire prédominant à gauche. Il n’y a à ce moment ni nausées, ni vomissements.

On a nettement l’impression d’une poussée péritonitique et l’on applique une longue vessie de glace ‘ sur l’abdomen.

La réaction péritonéale, avec douleurs à la pression, météorisme, contraction des muscles abdominaux, reste stationnaire pendant 48 heures. Puis, elle cède peu à peu et a disparu complètement le 16 décembre. Il n’a plus que deux ou trois selles diarrhéiques par jour.

Mais à ce moment, l’état du patient est devenu extrêmement précaire. L’adynamie est extrême, De gros œdèmes ont envahi les membres inférieurs et ont gagné la région lombaire. Les deux poumons sont encombrés de râles sous-crépitants.

Le 21 décembre, on constate la présence de muguet

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dans le pharynx et la mort survient dans la nuit du 22 au 23 décembre.

Bien que nous eussions presque tout de suite abandonné le diagnostic de brucellose, nous avons pratiqué à deux reprises encore une intra-dermo-réaction de Burnet à la mélitine le 9 novembre et le 21 décembre; elle s’est montrée négative comme la première fois. |

De même, une nouvelle hémoculture pratiquée le 13 décembre à l’occasion d’une poussée thermique est demeurée stérile.

Enfin, deux autres examens hématologiques ont été effectués. Le premier, le 21 novembre, alors que la température oscillait entre 38° et 39°, a donné les résultats suivants :

CADOUIES MOUSE LM Re Le de Dee à 00 2.320.000 POETEILILO EMEA ER Pre lues PAUSE 36 % POIVIFÉOSLAO LR AR ANIME NT LUS, RE 0

VAR DONC RE PR LAN en LT 122 PODUIE RbIANCS RP RE les ce art 3.200 MOV ERA ONU MERE Pa een vs 1502 MONO ES RER RE M nee 391%

Le deuxième, le 13 décembre, effectué au moment d’une poussée fébrile, à 39°2, a donné :

CODES ATODO CSS CR de dure 2.800.000 CO ULES DITS AT a Manuels ele 14.000

La formule leucocytaire n’a malheureusement pas

été établie lors de cet examen.

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Ayant; comme nous l'avons dit, écarté presque complètement de bonne heure le diagnostic de brucellose, nous avions pensé à la possibilité d’une maladie de Hodgkin, malgré l’absence d’adénopatlhie et de prurit.

L’autopsie du patient nous a montré que ce diagnostic de maladie de Hodgkin!' était bien fondé:

Voici le procès-verbal! de cette autopsie pratiquée le 24 décembre 19535 :

Cœur et aorte:: normaux.

Poumons:: normaux. Ganglions médiastinaux non hypertrophiés.

Foie : 3 kg. 100; énorme, coloration jaune pâle, aspect marbré. Consistance ferme. Aspect de dégénérescence, graisseuse, massive. Voies biliaires normales.

Rate : 245 gr., ferme. Aspect rouge sombre sur la coupe. Capsules surrénales normales.

Reins : 260 et 280 gr. Volumineux, pâles, fermes.

Substance corticale épaisse, striée de rouge; se décapsulant bien.

La cavité péritonéale contient une ascite assez abondante. En avant de la colonne vertébrale existe une grosse masse lobulée, du volume des deux poings, de consistance molle. Cette masse est composée d’un amas de ganglions hypertrophiés, de coloration grisâtre sur la coupe.

L’examen histologique de ces ganglions, pratiqué par M. Reïlly, montre la présence de cellules de Sternberg, caractéristiques.

Ainsi, lorsque ce malade est entré à Claude Ber-

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