PRONOSTIC
Nous n'insisterons pas sur la gravité extrême du pneumothorax chez les emphysémateux. Chez de pareils malades, on conçoit aisément que la suppression fonctionnelle brusque d’un poumon mette immédiatement la vie en danger. Le pronostic, sile malade survit à la complication, reste très réservé : l’issue d’un nouvel accident reste tout à fait imprévisible ; il en est de même chez le tuberculeux.
Dans le cas le plus habituel, — nous devrions dire le moins exceptionnel — la récidive s’observe au cours de l’évolution d’un pneumothorax spontané bénin idiopathique. L’on peut alors, croyons-nous, tenir le pronostic pour excellent. Guérison rapide sans fièvre, sans apparition d’exsudat pleural important, sans séquelles pleurales d’aucune sorte. Tels sont les caractères évolutifs habituels de ces cas bien particuliers.
Toutefois il nous semble qu’en pareil cas, l’on doit prévenir le malade de la possibilité d’un nouvel acci-
dent du même type, en l’engageant à demander un
examen médical au premier symptôme anormal qu’il
viendrait à observer. Si l’on donnait systématiquement le même conseil à tout malade atteint de pneumothorax spontané bénin sans étiologie précise, peutêtre pourrait-on plus souvent dépister des récidives à symptômatologie fruste, faciles à méconnaître.
Récidivant ou non, du reste, cette variété de pneumothorax garde toujours ses mêmes caractères de bénignité. Le deuxième accident évolue comme le premier, et guérit le plus souvent avec la même rapidité.
Deux point seulements sont à signaler :
1° Le pneumothorax spontané bénin peut présenter un aspect immédiatement alarmant, lorsqu'il s’agit de pneumothorax à soupape avec déplacement marqué du cœur, dyspnée vive et cyanose, tachycardie, troubles du rythme.
29 Le pneumothorax spontané dit bénin, peut être immédiatement très grave, lorsqu'il s’agit d’épanchement bilatéral, éventualité toujours possible quand des lésions bilatérales conditionnent un pneumothorax alternant (n° 31, 32). Le succès du traitement n’est pas assuré.
Enfin il reste à envisager l’avenir de ces malades. Faut-il craindre pour eux l’apparition ultérieure de lésions tuberculeuses ? Certains auteurs, nous l’avons dit, préfèrent redouter cette éventualité que de laisser
le malade dans une sécurité peut-être dangereuse.
De LA En n | : vd: