TRAITEMENT
En envisageant le pronostic de l’affection, nous avons vu que, dans la très grande majorité des cas, la guérison survient spontanément, et rapidement. Aussi dirons-nous ici que toute intervention nous paraît, le plus souvent inutile. Il sera bon de mettre ces malades au repos absolu, jusqu’à la complète résorption de l’épanchement, que l’on surveillera cliniquement et, si possible, radiologiquement .
Si l’épanchement tardait à se résorber, la soustraction d’une certaine quantité d’air ne paraît pas logique puisqu'elle favoriserait la reprise du jeu normal du poumon, certainement préjudiciable à la cicatrisation de la fistule pleuro-pulmonaire.
Quant à entretenir, au contraire, le pneumothorax accidentellement formé, pour agir sur des lésions tuberculeuses sous-jacentes possibles, comme on l’a fait parfois, il nous semble qu'il s’agit là d’une initiative inutile dans la plupart des cas. Il n’y faudrait recourir, croyons-nous, que si les antécédents et l’histoire du malade ou toute autre circonstance, pouvait
Roche È
faire penser que le pneumothorax en apparence idiopathique relevait en réalité de lésions tuberculeuses évolutives. Encore l’appréciation de celles-ci reste bien difficile, même radiologiquement, avant la résorption complète de l’épanchement gazeux.
Il nous semble donc, qu’en règle générale, l’abstention pure et simple, est la conduite la plus logique. On se bornera à soulager la douleur, la dyspnée, en rcourant aux moyens médicaux habituels. Si la dyspnée et la cyanose étaient très marquées, si le cœur faiblissait, la ponction soulagerait immédiatement le malade. Elle devra être faite lentement, soit par la mise en place d’une simple aiguille, en laissant l’air s’échapper et repousser le piston de la seringue, soit en utilisant un appareil à pneumothorax.
Lorsque le pneumothorax peut être dit à soupape, c’est-à-dire quand la pression intra-pleurale est élevée et tend à le redevenir rapidement après soustraction d’une certaine quantité d’air, il peut être indiqué d’installer à demeure, pendant quelque temps, le dispositif préconisé depuis longtemps par M. Béclère, et qu'utilisa Selby (obs. 39). Un tel dispositif est toujours préférable à la mise en place d’une simple aiguille à demeure qui pourrait.favoriser l’infection de la plèvre.
En présence, enfin, d’un pneumothorax bilatéral, ou
bilatéralisé la ponction des deux plèvres peut soulager
immédiatement le malade, mais il ne faut pas perdre une minute. L'utilisation d’un appareil aspirateur électrique, tel que celui dont disposait Elte, pourrait évidemment rendre, dans ces cas-là de très grands services. Lorsque l’état du malade est désespéré, la pleurotomie même peut se discuter. Elle a été pratiquée parfois avec succès. Enfin il est inutile d’insister sur l'importance que prennent dans ces cas les tonicardiaques qu'il faut toujours associer au traitement quelqu'il soit.
Faut-il maintenant tenter de mettre ces malades à l’abri des récidives ultérieures ? On a essayé d’obtenir ce résultat en aidant au développement d’adhérences pleurales, en pratiquant un oléothorax, en injectant dans la plèvre, soit des liquides irritants, soit du sang prélevé dans la veine du malade, Robertson et Watson qui ont employé ce dernier procédé, n’en ont pas obtenu le bien qu’ils en attendaient. Les tentatives de cet ordre, ont été, de toute façon, trop peu nombreuses
pour que l’on puisse conclure sur ce point.