CONCLUSIONS
Le pneumothorax récidivant doit être considéré comme une affection très rare. Nous n'avons pu en réunir que 39 observations indiscutables.
Cette variété de pneumothorax est tout à fait exceptionnelle chez les tuberculeux porteurs de lésions évolutives, et chez les grands emphysémateux La récidive doit être considérée chez de tels malades comme une exception à la règle générale.
Le pneumothorax récidivant constitue, pratiquement, une forme spéciale du pneumothorax spontané bénin idiopathique. La récidive s’observe ici dans 10% des cas environs.
La récidive se fait en général du même côté que le premier accident. Plus rarement la plèvre opposée peut être le siège de l’affection. Il y a donc lieu de distinguer le pneumothorax récidivant unilatéral du pneumothorax récidivant alternant. Dans les formes alternantes l’épanchement peut, momentanément, occuper simultanément les deux plèvres, et réaliser un pneumothorax bilatéral. |
L’épanchement est le plus souvent total, lors de la récidive comme au moment du premier accident. Il siège le plus souvent à droite.
Le pneumothorax s’observe surtout chez l’adulte, entre 18 et 35 ans; il frappe de préférence le sexe masculin.
La symptômatologie habituelle est celle du pneu-
mothorax spontané banal; mais nous insistons sur la
relative fréquence des formes frustes de la maladie. Certaines formes frustes sont faciles à méconnaître, que seul l’examen radiologique systématique permetatrit de dépister.
Les caractères évolutifs essentiels de l’affection sont l’apyrexie, l’absence de toute réaction pleurale liquidienne notable, la rapidité de la résorption de l’épanchement gazeux; il existe cependant des formes d'évolution prolongée.
Le nombre des récidives est très variable. On ne voit habituellement l’épanchement se reproduire qu’une ou deux fois. Mais on a pu compter en certains cas jusqu’à 14 accidents consécutifs.
L’intervalle des récidives estégalement très variable, de quelques semaines à plusieurs années. L’épanchement se reforme, en général, dans l’année qui suit le premier accident.
L’étiologie de cesformesrécidivantesest, aujourd’hui
encore aussi discutée que celle du pneumothorax
nn me
spontané bénin idiopathique lui-même. Il semble qu’elles puissent relever de deux catégories de lésions pulmonaires.
Tantôt, il s’agit de lésions cicatricielles : bulles emphysemateuses sous-pleurales localisées, développées sur du tissu de sclérose, et parfois fermées par un système de clapet. C’est sans doute par l’intermédiaire de telles lésions d’emphysème que des lésions tuberculeuses cicatricielles peuvent être à l’origine d’un pneumothorax spontané bénin.
Tantôt, il s’agit de malformations congénitales : emphysème congénital simple, bronchiectasie congénitale, kystes du poumon. C’est sans doute, de malformations congénitales, que relèvent certaines formes familiales de pneumothorax spontané bénin récidivant dont nous possédons quelques exemples.
La nature des lésions responsables du pneumothorax spontané bénin apparemment idiopathique, lésions qui ne sont le siège d’aucun processus inflammatoire, explique la rareté de l'infection pleurale, des épanchements séro-fibrineux, des adhérences consécutives.
La relative fréquence des récidives dans cette. variété de pneumothorax s'explique par :
1° La liberté de la plèvre ;
29 La rapidité de la résorption du gaz en plèvre saine qui favorise la reprise précoce du jeu respiratoire normal du poumon, elle-même préjudiciable à
l’achèvement de la cicatrisation ;
Du à
30 La nature des lésions au niveau desquelles se produit la rupture du cortex pulmonaire. Elles constituent des zones scléreuses, atrophiées, mal irriguées, où la cicatrisation d’une plaie sera lente, où la cicatrice restera longtemps fragile.
Pour les formes alternantes et bilatérales, il faut sans doute invoquer la multiplicité des lésions, créant sur les deux poumons des points de moindre résistance, susceptibles de céder à la première occasion déterminante. La suractivité fonctionnelle imposée au deuxième poumon lors du collapsus du premier, suffirait à expliquer la possibilité d’épanchement rapidement bilatéralisé.
La possibilité de récidives nombreuses ne modifie en rien la bénignité du pronostic.
L'apparition ultérieure de la tuberculose ne semble pas devoir être redoutée davantage pour ces malades que pour tout autre individu.
Sauf au cas où l’abondance, ou la bilatéralité de l’épanchement nécessiterait une intervention d’urgence, l’abstention semble la conduite la plus logique à tenir en présence de ces accidents ; l’on pourrait envisager, peut-être, la création, par irritation de la plèvre,
d’une symphyse préservatrice de nouvelles récidives.
Vu, le Doyen, Vu, le Président de la Thèse, ROUSSY. BEZANÇON.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLET Y.
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