ACTE TROISIEME
une tante à héritage qui le dispense de dorer son bla son.
HÉLÈNE, souriante.
C'est précisément ce que j'appelle de l'orgueil.
ROBERT, avec raideur.
Vous, peut-être, moi pas.
HÉLÈNE
D'après vous, qu'est-ce que c'est ?
Une fidélité très touchante à un ensemble de souvenirs que tout le monde abandonne.
HÉLÈNE, viant.
Alors, elle est un peu naïve !
ROBERT, sèchement.
Elle et moi, s'il vous^plaît... L'honneur de l'humanité réside dans un petit nombre d'abnégations, ridicules quand on les pèse, sublimes quand on les sent !
HÉLÈNE
Vous êtes fâché ?
ROBERT
Du tout!... Laissons ce sujet-là tranquille, c'est le seul à propos duquel nous ne puissions pas nous comprendre !
HÉLÈNE
Glaire a des idées qui vous sont familières et qui me sont impénétrables... Voilà, n'est-ce pas?... Ah!
je m'en suis bien aperçue, allez !... Je suisjalouse. jalouse de Glaire, jalcuse même des idées qu'elle aime... Ce sont ces idées-là que vous avez épousées et non pas moi !...
ROBERT
Ma chère Hélène, si c'est à mon cœur que vous faites un procès, vous êtes bien injuste!...
Oh ! je ne suis pas ingrate... Mais c'est le malheur de ma vie que vous ayez des sentiments auxquels je reste étrangère. Robert... si je vous disais... vos sentiments, s'ils sont inconnus à mon cerveau, ils sont dans mon cœur, j'en suis sûre. Quand il faudra me jeter au feu pour vous, je le ferai encore mieux que Glaire, malgré toute sa science 1
ROBERT lui tend la main.
Je le sais, ma chérie.
HÉLÈNE
Ge n'est pas que je me plaigne de mon sort. Tout m'a réussi... Partie de rien, je serai duchesse... Fortune, situation, j'ai tout... (Robert la regarde avec un étonnement mêlé de tristesse. Elle s'en aperçoit, les larmes lui viennent aux yeux.) Tout, non... Je suis sotte et maladroite !... Je vous blesse et me blesse moi-même. Partie de rien, oui, et par moments je reviens au point de départ.
ROBERT
Ne vous désolez pas... Je vous aime, le temps fera le reste...