UN VOISIN DE CAMPAGNE, LE DUC
Entre un voisin de campagne venu à pied... Bonnet fourré et grosse canne, souliers de chasse et molletières. Veston et pantalon noirs. Le domestique lui montre le due, il vient à lui.
LE VOISIN
Ah ! cher ami!... (poignée de main afTectueuse.) C'est seulement à midi que j'ai appris la triste nouvelle... Dès le matin, j'étais sorti pour tirer des oies sauvages., . et en rentrant déjeuner on m'a dit... Et vous n'avez pas pu arriver à temps?
Il y a une heure que nous sommes ici.
LE VOISIN
Et c'est hier, dans la soirée, que tout s'est terminé ?
LE DUC
Nous avons reçu la dépèche à quatre heures de l'après-midi.
LE VOISIN
Au moment de monter en chemin de fer?
LE DUC
Mon Dieu oui!...
LE VOISIN, se tournant vers la chapelle.
Voilà le corps!... Pauvre Robert, allons le voir une dernière fois... Je voudrais ne pas déranger ces dames... Gomment vont-elles?...
LE DUC
Bien tristes... Bien fatiguées...
LE VOISIN
Mademoiselle Glaire était présente, n'est-ce pas?
LE DUC
Oui... Elle a été admirable... Ma belle-fille aussi.
LE VOISIN
Si je puis vous être utile à quoi que ce soit...
Le duc secoue la tête d'un air découragé, on se serre la main, et le voisin marche vers la chapelle, accompagné du duc. Celui-ci est arrêté en route par une des religieuses à laquelle une bonne du château est venue parler à l'oreille. Aussitôt la religieuse quitte son prie- Dieu, et suivie de la bonne, accoste le duc qu'elle ramène au premier plan.