SCÈNE XI
SCAPIN, MARINETTE, PASCARIEL.
MARINETTE, bas A Pascariel.
A nos rôles I allons, courage !
PASCARIEL.
Si je n’écoutais que ma rage.
Je...
marinette!
Chut I ne nous trahissons pas !
Notre homme revient sur ses pas...
SCAPIN, redescendant en scène et reconnaissant Marinette.
Eh! mais... l’étrange mascarade I
MARINETTE , à part.
Nous te tenons, mon camarade!...
(Se retournant en pleurant vers Pascariel.)
Ainsi, mon pauvre oncle n’est plus?
PASCARIEL, d'une voix nasillarde.
Le bonhomme a quitté ce monde En vous laissant vingt mille écus.
Vingt mille écus !... la somme est ronde!
SCAPIN, se rapprochant sur la pointe des pieds.
Ohimé ! qu’est-ce que j’entends !...
Que Scapin vienne ! je l’attends !
SCAPIN, à part.
De me montrer voici l’instant.
11 paîracher son insolence!
SCAPIN, à part.
Ah ! diable ! gardons le silence !
Je veux sans lui dans l’opulence Finir tranquillement mes jours!
PASCARIEL.
Vous voilà riche pour toujours!
SCAPIN, à part.
Comment renouer nos amours?
Comment apaiser sa rancune ?
Pour faire honneur à la fortune Qui vient enfin loger chez moi.
J’ai dû, comme en un jour de fête,
Me parer des pieds à la tête !...
Mais ces habits-là, sur ma foi,
Ne sont point ceux de Marinette !
Et je préfère de bon cœur A tout cet attirail vainqueur Ma courte jupe et ma cornette !
SCAPIN
La friponne a cent fois raison !
MARINETTE, bas.
Le voilà pris à l’hameçon !
PASCARIEL.
Je vais chez moi chercher la somme,
Et vous l’apporte incontinent.
Bon !
(ils gagnent le fond du théitre. Scapin se tient à l’écart.) PASCARIEL.
N’en dites rien à notre homme.