‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 6 sur 114 · Boulaq, 2 v. in-4, 1292, hég · texte numérisé non relu

Boulaq, 2 v. in-4, 1292, hég

de ce recueil et les traductions qui en ont été données.

La version turke est la plus complète: on trouvera la liste des éditions faites en Turquie, dans l’appendice joint par M. Decourdemanche à sa première traduction ‘. En Occident, six historiettes ont été publiées dans la Chrestomathie ottomane de Dieterici *, d'après un manuscrit de la Bibliothèque royale de Berlin, qui présente une rédaction plus développée que celle des autres versions du même texte.

Une recension arabe, dont on trouvera la table plus loin a été lithographiée à Boulaq, s. d., pet. in-8. Elle se termine par un chronogramme d'après lequel 1l semblerait que le livre fut composé en 1041 hég. (p.47) *. Bien que nulle part cet ouvrage ne s'annonce comme traduit du turk, il est impossible, d'après certains détails, de contester cette origine pour la plus grande partie des histoires qu’il contient ‘. Mais sur quel texte

A. Les plaisanteries de Nasr eddin Hodja, Paris, 1876, in-18

. 1017-10 P 2. Berlin, 1854, in-8, p. 31-38. Elles out servi de base à l'étude de M. Ethé : Ein türkischer Eulenspiegel, ap. Essays und Studien, p. 234-254.

3. On remarquera à propos de cette date (1041) qu'Ah'med el Qalyoubi qui cite plusieurs anecdotes de Djoh'’a mourut en 1069 hég.

4. Divers récits cependant, tels que le Médecin malgré lui, le Voleur et le Rayon de lune, le Rieur et les Poissons, le Mari, la Femme et l'Ecuyer, sans parler des passages empruntés au Mostat'ref, ont été ajoutés par le compilateur, d'après des sources arabes.

cette version a-t-elle été traduite ? Elle ne coïncide avec aucune des recensions turkes que nous connaissons : même, dans les passages où le texte turk met en scène Timour-lenk, celui-ci est remplacé par un bey. De même les indications topographiques relatives à quelques points de l'Asie mineure sont supprimées. Si l’on considère qu’à la fin du livre, il existe un certain nombre d’anecdotes contenant des phrases en turk, et qui cependant manquent dans les recensions ottomanes, du moins celles publiées, on est fondé à croire que cette version arabe dérive d'un texte turk assez ancien, remontant à une époque où le prétendu Qâdhi de Sivri-Hissar n'avait pas encore été identifié à Si Djoh'a.

Ce qui tendrait à confirmer cette opinion, c'est que Galland qui a traduit plusieurs anecdotes de ce recueil, dans ses Paroles remarquables des Ortentaux ‘ ne l’a nommé nulle part, et se contente de dire « qu’il a choisi dans deux recueils de bons mots en turc ». Seraient-ils l'original du texte arabe ?

Une autre édition du texte arabe a été publiée à Beyrout sous le titre de L=® &es, 1890, in-8. Elle renferme moins d'’historiettes que celle de Boulaq (145 au lieu de 202) avec laquelle elle

1. À la fin du quatrième volume de la Bibliothèque Orientale de d’Herbelot. La Haye, 1771-79, 4 v. in-4.

est, d'ailleurs, en complet accord. Je la désigne dans les notes sous le nom d’Ed. de Beyrout.

Ces anecdotes ont passé en roumain et le nom du héros a été à peine altéré en celui de Nastratin Hogea. Elles ont été mises en vers, en 1853, par Anton Pann, sous le titre de Nasdravanu le lui Nastratin Hogea *.

En 1834, J. Dumoret, qui croyait d’ailleurs que Nasr eddin Hodja était l’auteur du livre qui porte son nom, traduisit d’après un manuscrit de la Bibliothèque Royale, trois anecdotes dont une seule existe dans le recueil de M. Decourdemanche: dans aucune d'elles, d’ailleurs, le facétieux Qâdhi n'est nommé *.

La Revue de l'Orient, de l'Algérie et des Colonies de 1853 contient la traduction, par M. Mallouf, de six historiettes prises parmi les plus connues et reproduites dans les Plaisanteries de Nasr eddin Khodja, publiées par le même auteur à Smyrne

en 1854 et réimprimées à Constantinople en 1856 *.

1. Cf. Gaster, Lileratura populara romana, Bucharest, 1883 in-12, p. 162-168.

2. Contes turcs extraits de Nazérétin Khodjah (sic) : Journal asiatique, mai 1834, p. 488-491 : 1. Les deux Turks, l'Oiseau et le Qédhi ; 2. L'ambassadeur prudent (Indjilitchaouch, contemporain de Sultan-Mouräd) ; 3. L’avare et le portefaix.

3. Sept anecdotes de Nasr eddin sont données dans les Dialogues turcs-français de Mallouf. Smyrne, 1854, in-12.

Une série plus complète fut traduite par W. von Camerloher et publiée par le D° Prelog, sous le titre de Meister Nasreddin's Schwænke und Rœuber und Richter *. Mais la principale traduction et la seule qui doive faire autorité, comme la plus complète, est celle que l’on doit à M. Decourdemanche ?, comprenant les anecdotes contenues dans trois manuscrits achetés en Egypte et à Constantinople, la chrestomathie de Dieterici, les mss. 229, 236 et 395 de l’ancien fonds turk de la Bibl. Nationale ; 422, 423 et 424 du supplément, enfin le recueil lithographié à Constantinople. C’est cette traduction que j'ai désignée sous le nom de version turke et que J'ai prise pour base de comparaison dans le tableau comparatif *.

La version arabe lithographiée en Egypte, n’a jamais été traduite en français, mais les anecdotes qui sont passées en arabe vulgaire d'Algérie ont été souvent reproduites. Pour les traductions je

1. Trieste et Bremen 1857 pet. in-8. C'est d’après cette traduction que M. R. Koehler publia, sur quelques unes des 125 anecdotes qu'elle contient, ses précieuses remarques que j'ai eu maintes fois l'occasion de citer. (Benfey. Orient und Occident, t. 1. Gœttingen, 1862, in-8, p. 431-448 ; 764-766).

2. En 1876, M. Decourdemanche avait publié la traduction des 125 histoires (126 avec la conclusion), déjà mises en allemand par Von Camerloher : Les Plaisanteries de Nasr eddin Hodja, in-18, t. V de la Bibliothèque orientale elzévirienne d'E. Leroux.

3. Sottisier de Nasr eddin Hodja, bouffon de Tamerlan, Bruxelles, 1878, pet. in-4.

citerai Mornand', F1. Pharaon”, J. Labbe‘, etc. Les textes ont été publiés en partie par MM. A. Cherbonneau*, Bel Kassem ben Sediraÿ, Machuel”, Delphin * et surtout Alloua ben Yahva ‘. On remarquera que dans ces divers récits, le nom du héros est tantôt Si Djeh’a, tantôt Ben Sekran, Bou Na'’as, Bou Kerch, Bou h'emar, mais les historiettes sont les mêmes.

C'est sans doute par les Arabes que le nom de Djoh’a a passé en Italie par la Sicile, et même en Albanie. « Les Siciliens, comme les Italiens des autres provinces ont des personnages bouffons qui

1. La Vie arabe, Paris, 1856, gr. in-18, p. 115, Si Djoh’a et la corde; p. 116, Si Djoh'a et le clou, Si Djoh’a et le nuage (cf. el Qalyoubi, Naoudädir, pe 39); p. 117, St Djoh'a et le pendu; p. 117-118, Si Djoh’a et le mueddin ; p. 120, Si Djoh'a et le collyre;

. 121-122, Si Djoh'a ingénieur ; p. 122-123, Si Djoh'a et son urnous ; p. 123-124, Si Djoh’a marabout.

2. Spahis et lurcos, Paris, 1864, in-18 j p. 174-176, Si Djeh'a el le mouton ; p. 111-179, Si Ujeh'a et la mule du cudi ; p. 179- 480, Si Djeh'a et le chaudron ; p. 181-182, Bou Zebliha et le pot de miel ; P- 182-185, Bou Na'as et le moueddin ; p. 185-187, Si Djen’a et le clou; p. 187-188, Si Djeh’'a et les explications prolongées ; p. 189, Bou-Khrouf et son burnous ; p. 190-194, Si Djeh'a et la fille du cadi de Blida; p. 194, la corde au couscouss ; p- 199-200, Si Azouz el le questionneur ; p. 200-204, Bou h’emar el l’œuf de bourrique ; pe 204-206, Le bouillon du bouillon de gazelle; p. 206-208, Si peha ingénieur ; p. 208-210, Bou Kerch.

3. Un mois dans le Sahara; Lille, 1865, in-8, p. 248-249. Le bouillon du bouillon de lièvre ; p. 249, le mendiant; p. 249-250, les explications inutiles.

4. Exercices pour la lecture des manuscrits arabes. Paris, 1853, in-8.

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