‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 73 sur 114 · Mot à mot : prit sa parole · texte numérisé non relu

Mot à mot : prit sa parole

XX VI Le corbeau

Un jour, Si Djeh'a alla avec sa femme à la rivière pour laver. Pendant qu'ils lavaient, un corbeau s’abattit, leur déroba le savon et s’envola. La femme se mit à pousser des cris. — « Tais-toi, femme, lui dit Djeh'a. Laisse-le l'emporter. Il lavera ses vêlements avec ce savon, car ils sont plus noirs que les nôtres. »

XX VIL Si Djeh’a et la tête de brebis

Un jour, son père lui donna un franc pour acheter une tête de brebis. Djeh'’a acheta la tête dont il mangea toute la viande. Il ne lui resta plus qu'un crâne décharné'. Il l’apporta ainsi à son père qui lui dit : « Qu'est-ce que cela ? » — « C’est une tête de brebis », répondit Djeh’a. — « Scélérat, dit le père, où sont ses oreilles ?

— Elle était sourde.

— Et ses yeux ?

— Elle était aveugle.

— Où est sa langue ?

— Elle était muette.

— Et la peau du crâne ?

— Elle était teigneuse.

À, Littéralement : un crâne vide.

LÉS FOURBÉRIÉS DE $l DJEH’A 103 XX VIII Si Djeh’a et le barbier

Si Djeh'a était teigneux. Il alla une fois se faire raser (la tête). Le barbier le rasa. Quand il eut fini, Djeh’a lui donna la moitié du salaire.

— « Pourquoi me donnes-tu la moitié du salaire, demanda le barbier ? » — « C’est-ce qui t'est dù, répondit Djeh’a. Il est évident que j'ai la teigne, et qu'il n'y pas beaucoup de cheveux sur matête.» .:

Si Djeh’a et sonâne

Un jour, un homme vint chez Djeh'a et lui dit : « Si Djeh'a, prête-moi ton âne. » — Djeh’a répondit : « Ami, mon âne n’est pas ici. » Djeh’a n'avait pas fini de parler que l’homme entendit l'âne braire. « L’âne est ici, Si Djeh’a », dit l’homme. » — « Comment! fit Djeh’a. Tu crois l’âne et tu ne me crois pas, moi qui suis un vieillard à barbe blanche ! » |

Si Djeh’a et le chien

* Un jour, Djeh’a voyant un chien courir dans le cimetière, saisit un bâton pour le frapper. Le

A04 CONTES KABYLÉS

chien se précipita sur lui. Si Djeb’a eut peur de lui et lui dit : « Pardon, Monseigneur, je ne vous avals pas reconnu. »

Si Djeh’a et le voleur

Un voleur vint une nuit, entra dans la maison de Si Djeh’a, lui prit quelques objets et s’en alla. Si Djeh'’a se leva, prit tout ce qui restait et suivit le voleur. Celui-ci, s'étant retourné, et voyant que Si Djeh’a le suivait : « Hé! l’homme, que veux-tu ? lui dit-il. » — « Allah! Allah ! s’écria Djeh’a.: Nous abandonnons notre maison pour la vôtre. Toi, tu emportes une partie des objets ; moi j'apporte le reste. Dès demain, s’il plaît à Dieu, au lever du soleil, femmes et enfants, tout le monde viendra chez toi. Seront-ils contents de sortir de notre masure! » — « Reprends ce qui t'appartient, dit le voleur. Retourne chez toi. Loin de moi les soucis‘. Il n'est pas nécessaire que tu me suives. »

Si Djeh’a et le jour du jugement

Si Djeh'a avait un mouton gras. Ses amis voulurent ruser avec lui pour lui manger son mouton.

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