Cinquante francs
côté, je ferai comme si je ne te connaissais pas. Je marchanderai la peau. Quelque prix que je l'offre, tu refuseras de me la vendre ‘. Je la mesurerai à l'empan. Tu me diras: « Je ne la vends pas. » Je l'en donnerai 20, 30, 40, 50 douros jusqu’à ce que j'arrive à 100 douros. Parmi les étrangers qui viendront, 1l y en aura un quit’en offrira davantage et tu la lui vendras. Attention ! maintenant. Rappelle-toi la recommandation que je viens de te faire ! »
Ils se mirent en route ei arrivèrent au marché. Si Djeh'a se mit à l'écart. Sa mère tenait la peau de chèvre. Si Djeh’a vint ct lui dit: « Combien t’a-t-on offert de cette peau ? » — « Dix douros, répondit-elle, » Si Djeh’a se mit à la mesurer à l'empan.
Tout le monde l’entoura. « Cette peau que tu mesures, lui dit quelqu'un, à quoi peut-elle bien servir ? » — « Elle sera utilisée, répondit Djeh'a. Elle deviendra un gros tambour ou un petit tambour. »
Si Djeh'a se retira. Un moment après, 1l vint, retourna de nouveau auprès de sa mère et lui dit: « Vieille maman, où en est la peau ? » — « Mon fils, répliqua la vieille, on m'en a donné vingt douros. »
« La vends-tu pour cinquante ? »
1. Littér. Ce que je Le donnerai, loi dis-moi: je ne vends pas. »
— « Je ne la vends pas. »
Si Djeh’a mesura encore une fois la peau et s'éloigna.
Les gens se rassemblèrent et se dirent entre eux : « Ce Si Djeh’'a est fou. Comment se fait-il, que lui qui est si rusé, se laisse ainsi duper ? »
Djeh'a revint et dit à sa mère : « Mère, combien t’a-t-on offert de cette peau ? »
— «Mon fils, elle est encore à cinquante douros. »
— « Attends. Je vais la mesurer pour voir si elle fait mon affaire ou non. » Il la mesura. Quand il eut fini cette opération, il dit à sa mère: « Si tu veux la vendre, je t'en donne cent douros. » — « Je ne la vends pas, répondit-elle. » Djeh’a s’éloigna et la surveilla à l’écart.
Un homme, qui était venu au marché, vint et dit à la mère de Djeh’a : « Vieille maman, vends-la moi. Je t'en donne dix douros de plus que cet homme-la. »
— « Donne ton argent avant qu'il vienne. Peutêtre me reprocherait-il d’avoir donné la préférence à un autre ‘. » Il remit l'argent à la vieille.
Elle alla à sa maison. Son fils, Si Djeh'’a, l'ayant rencontrée, 1ls firent route ensemble jusqu’à ce qu'ils arrivèrent à leur demeure où ils restèrent.
La vieille avait dit à celui qui avait acheté la
1. Littér.: peut-être 1 dira: « tu m’as changé pour les autres. »
peau : « Cette peau est très-précieuse. Mets-la au soleil. Elle séchcra et tu verras l'avantage que tu y trouveras. »
L'homme s’en alla. Il étendit la peau au soleil. Deux ou trois jours après, il alla la chercher. Il la trouva complètement desséchée. Il la prit entre ses mains et la froissa. Elle se fendilla. Il se mit à la recherche ‘ de celle qui lui avait vendu la peau. Il trouva la mère de Si Djeh'’a et lui dit : « Vieille maman, n'est-ce pas toi qui m'as vendu la peau ? »
— « Ne répéte pas ces paroles, fit la vieille. Moi, continua-t-elle, vendre des peaux ! Je suis la mère de Si Djeh'a. »
— « Eh ! bien alors, dit l’homme, vois toi-même qui peut m'avoir dupé, puisque ce n'est pas toi. »
— « Mon fils, je n'ai jamais fait cela, répliqua la vieille. »
L'homme alla chez lui sans l'avoir reconnue.
La peau de chèvre lui resta. Il la Jeta aux chiens.
Si Djeh’a et la paire de bœufs
Si Djeh’a dit à sa mère : « Maintenant que nous avons vendu la petite peau, nous allons acheter une paire (de bœufs) avec l'argent de la peau de