Ik’k'en signifie également attacher, atteler
cinquante douros de ces-morceaux de bois ? Tu es fou, ou bien qu'est-ce qui te prend? »
— « Qu'en sais-tu ? répliqua Djeh'a. Si elle me les vendait, je lui donnerais jusqu’à cent douros, car je sais l'utilité qu'ont ces bois de charrue. Leur utilité est grande. »
Si Djeh’a s’éloigna de là. Cet homme vint et dit à la vieille: « Vends-les moi pour cent douros avant que Si Djeh’a revienne. »
— « Sors ton argent, dit-elle. Hâte-toi et laissemoi partir. » Il lui donna la somme. Elle s’en alla. Lui se chargea de son bois et partit.
Si Djeh’a et sa mère se rencontrèrent. Ils arrivèrent à la maison.
— « Mère, dit Djeh'’a, à présent, ces bœufs nous restent. Il faut que j'invente une ruse pour les vendre. » Il prit un bœuf, lui mit des louis d’or aux cuisses ; de plus, il le bariola. Il l’'emmena au marché. Les gens tournèrent autour de Djeh’a et lui dirent :
— « Combien ton bœuf? »
— « Mon bœuf est cher, répondit-il, parce qu'il fait des louis d’or. »
— « Personne ne pourra l'acheter, fit observer quelqu'un ". »
1. Littér.: Il n'est point celui devant l'alleindre pour de l’argent.
— « Beaucoup ont de l’argent et pourront l’acheter, » répliqua Djeh’a.
— « Eh ! bien, je l'achèterai, Si Djeh’a, » dit un individu.
— « Achète-le. »
— « Je t'en donne quinze cents douros. »
— « Mon fils, je ne puis pas le vendre » (à ce prix).
— « Alors, dis-moi combien tu veux le vendre. »
— « Je ne te le dirai pas ; dis-le moi, toi. »
— « Eh ! bien, je t'en donne deux mille douros *. Vends-le ou laisse-le ?. »
Djeh’a le lui vendit. « Si Djeh’a, interrogea l'acheteur, que dois-je lui faire pour qu'il me fasse des louis d’or ? »
— « Etends sous lui un tapis pendant deux ou trois jours, et ne crains rien *. Puis donne-lui de l'herbe afin qu'il mange et se rassasie. Il te fera ensuite des louis d’or. »
— « C’est bien. »
Le propriétaire du bœuf partit. Dès qu'il fut arrivé à sa maison, 1l étendit un tapis sous le bœuf et lui donna de l’herbe à manger ; il trouvait toujours le tapis plein de bouse. Deux ou trois jours se passèrent ainsi; l’homme lavait conti-