ACTE DEUXIÈME
MADAME BERNARD, sévèrement.
Et maintenant, pardonneras-tu à ton père ? Il m'a moins offensée que toi, car il me devait moins de respect!
BERNARD, toujours à genoux.
C'est vrai... je n'ai plus le droit de l'accuser, c'est vrail je ferai tout ce que tu voudras... je veillerai sur son honneur comme s'il était mon héritage! (Madame Bernard lui tend sa main, qu'il presse sur ses lèvres en se relevant.) Mais je ne lui dirai paS
que je suis son fils, n'est-ce pas? Pas même à lui je ne voudrais découvrir ton secret.
MADAME BERNARD
Ni moi le tien.
Ils s'asseyent à coté l'un Je l'autre, se tesant toujours la main. BERNARD.
Une fois associés, comment l'cmpêcherai-je de mettre les pieds ici ?
MADAME BERNARD
N'avons-nous pas chacun notre appartement, notre étage?
BERNARD
Il demandera à t'étre présenté.
MADAME BERNARD
Tu lui diras que je ne reçois personne... tu lui feras entendre que je hlâme votre association.
BERNARD
Mais s'il te rencontre par hasard, en venant chez moi ?
MADAME BERNARD
11 ne me rccorinalti'a pas. Tu comprends hicn que jl' iii'imi étais assurée avant de te laisser étuhlir au Havre. Quand Tac-
croisscmcnt de les alFaircs t'y appela, je me suis arrangée pour me rencontrer avec M. Fourcliambault.
BEUNARD.
Et il ne t'a pas reconnue ?
MADAKE BERNARD.
II ne m'avait pas vue depuis trente ans; j'avais changé de visage comme de nom.
BERNARD
Et puis il avait bien d'autre soucis en tête! Son riche mariage ne lui a pas réussi! Pauvre homme ! Quel intérieur!... entre le dédain de la mère et l'irrévérence des enfants ! Ali ! qu'il aurait mieux fait de t'épouser !
MADAME BERNARD
Tu oublies qu'il me croyait coupable.
BERNARD, baussaat les épaules.
Allons, allons ! il y a mis de la bonne volonté ! Comme tant d'autres, il a préféré la morale mondaine à la morale étemelle; il en est puni; je ne lui en veux plus : mais c'est bien fait.
MADAME BERNARD
Bernard !
BERNARD
Eh bien ! non, ce n'est pas bien fait. — Je vais prendre deux cent mille francs à la banque...
MADAME BERNARD
Deux cent quarante.
C'est juste. Il faut qu'il rembourse Marie. — Chère en-