ACTE QUATRIÈME. Hr
MARIE
Contre votre cheval?
LÉOPOLD
Non, contre vous!
MARIE
Quel est mon crime?
LÉOPOLD
Profiter de ma situation pour filer au triple galop en me faisant un pied de nez... vous trouvez ça gentil?
Marie.
Le pied de nez était de trop, je l'avoue; mais franchement, vous étiez si drôle !
LÉOPOLD
Vous voilà bien fière, parce que votre bête a sauté sans se faire prier! Un cheval qui refuse, cela se voit tous les jours.
MARIE
Oui, mais ce qui ne se voit pas tous les jours, c'est un fossé coupant en deux une déclaration d'amour ; c'est le cavalier achevant ses tendres aveux par des hop-là! hop-là donc! tandis que l'amazone le regarde en riant de l'autre côté... ça c'est si drôle, vous en conviendrez, que votre malheureuse déclaration ne sortira plus de ce fossé-lù,.
LÉOPOLD
Et si elle essayait d'en sortir?
J'ai une formule magique pour l'y faire rentrer.
108 LES FOURCnAMBAULT.
LÉOPOLD
Ma position ùtait légc-reinent ridicule, je suis oblijïé .îc le reconnaître; mais mes sentiments [lourvousnc le sont pas, parce qu'ils sont sincères. Vous n'étiez pas ici depuis trois jours que votre charme me pénétrait; et aujourd'hui...
MARIE
Hop-là! hop!... continuez.
LÉOPOLD
Non, il n'y a pas moyen.
MARIE
Dans le fossé! que vous disais-je?
LÉOPOLD
Je vous déteste!
MARIE, s'asseyaDt près de la table.
Ceci n'est pas plus vrai que ce qui précède!
LÉOPOLD
C'est-à-dire que vous me croyez incapable d'un sentiment sérieux dans un sens ou dans l'autre?
MARIE
Oui, mon petit Léopold!
Et si j'arrivais à vous convaincre un jour?
MARIE
Oh ! ce jour-là je ne rirais plus.
LÉOPOLD
Quelles preuves vous faut-il donc de ma tendresse, si toutes celles que je vous ai déjà données ..