ACTE QUATRIÈME. H
carrière des demoiselles, la personne du mari importo moins que son état dans le monde ; or, la carrière de baronne me tente assez.
BERNARD, brusquement.
Et la carrière d'honnête femme ne vous tentc-t-elle pas aussi un peu?
BLANCnE.
Mais on peut être honnête femme et baronne, je suppose?
MARIE
Oui, si on aime son baron; mais si on ne l'aime pas...
BERNARD
On a quatre-vingt-dix-neuf chances contre une d'en aimer un autre, et alors... va te promener!
Monsieur Bernard!
BERNARD
Quoi donc?
FOURCFI AMBAILT.
On ne parle pas do ces choses-là aux jeunes filles, mon ami!
BERNARD
On a diablement tort.
On voit bien que vous n'avez pas de sœur!
BERNAIU).
Ah! pardieu! si j'en avais une, je voudrais qu'elle sût à
(|uoi clic s'engage avant de s'engager I Je ne croirais pas faire un chef-d'œuvre de délicatesse en respectant sa llcur d'ignorance et en déflorant son cœur. Je lui prêcherais l'amour qui est la loi naturelle, dans le mariage qui est la loi sociale. Je lui dirais : Tâche d'être heureuse pour rester honnête, car le bonheur est la moitié de la vertu; et |)iiisqu'il faut un roman dans la vie d'une femme, place le tien sur la tête de ton mari et de tes enfants.
BLANCHE
Mais je ne suis pas romanesque, moi!
MARIE
Vous ne l'êtes pas, et vous avez dix-huit ans? Quelle gelée a donc brûlé vos premières feuilles?
Elle la fait asseoir sur ua fauteuil à gauche. BERNARD, à Marie.
C'est comme ça en France, mademoiselle! L'alTectation de la jeunesse, aujourd'hui, c'est d'être positive! Elle rougirait d'aspirer aux chimères !
MARIE
Tant pis pour elle.
BERNARD
Oh! oui, tant pis! car c'est le roman qui a raison, c'est l'idéal qui est la vérité... on s'en aperçoit en vieillissant.
Hélas!
BERNARD, à Fourchambault.
Ce qui m'amuse, c'est l'indignation des jeunes demoiselles à l'endroit des coureurs de dot.