ACTE QUATRIÈME
MADAME FOL'RCIIAMBAULT, confuse.
Il m'a entortillée avec toute sorte de patclinagc; bref, je me suis prise au piège comme une sotte, et j'ai tout avoué.
Qu'avais-tu à avouer?
Vous ne vous êtes donc jamais aperçu de rien, vous?
Léopold a fait une espèce de cour à Maïa, oui, mais si lu n'as pas d'autres indices...
J'en ai cent ! Tenez, sans aller Itien loin, j'ai vu Marie recevoir un billet à. cette place même.
Peuli ! Inconséquence de créole, mais de là...
De là à ce que j'ai surpris avant-hier, il n'y a qu'un pas.
Qu'as- tu surpris ?
Après le dîner de la préfecture, nous sommes revenus tous ensemble à l'hôtel ; Léopold est rentré dans sa chambre...
Oui, ensuite?
Une heure après (je n'ai pas fermé l'œil de la nuit), j'ai
i26 LES FOURCIIAMBAULT.
enlciulu sa porte s'ouvrir, il est sorti sur la pointe du pied, et il n'est rentré chez lui qu'à cinq heures du matin. Est-ce clair ?
FOURCIIAMBAULT, avec force.
C'est absurde, c'est impossible! tu as rêvé. Je jure que Marie est innocente !
Libre à vous de le croire; mais, innocente ou non, il faut qu'elle parte au plus tôt.
La chasser? ce serait la dernière des lâchetés; et une lâcheté qui perdrait la pauvre enfant sans nous blanchir, car on la prendrait pour une concession tardive à l'opinion publique, voilà tout. Non, non ! gardons, au contraire, Marie entre nous ! Entourons-la hautement de notre amitié et de notre estime ! Nous avons Bernard avec nous, nous allons avoir Victor Chauvet... il faudra bien que la calomnie hésite et recule devant cette phalange d'honnêtes gens qui la regarderont en face.
MADAME FOURCHAMBAULT, indécUe.
Faites comme vous l'entendrez.
Marie passe au fond sur la terrasse.
La voici I (Appelant. ) Marie ?
Marie entre.