ACTE CINQUIÈME
LÉOPOLU.
Voilà que vous me demandez des confidences I
BERNARD
Enfin, l'aimez-vous, oui ou non?
LÉOPOLl).
Je l'aime... d'une façon et pas de l'autre.
BERNARD
En un mot, pas assez pour l'épouser? et vous en épouserez une autre que vous n'aimerez pas du tout, mais qui vous apportera deux ou trois cent mille francs.
LÉOPOLD, se levant et saluant.
Plutôt trois cents.
BERNARD
Eh bien! mademoiselle Letellier les a.
LÉOPOLD
Ûh! oh!... D'où lui viennent-ils, sans indiscrétion?
BERNARD
Je vous ai dit que je me regarde comme son père,
LÉOPOLD, iroDKiiio.
Un père un peu jeune!... Mes compliments, monsieur. C'est royal! c'est tout à fait dans les traditions de l'ancienne monarchie... Mais il n'est pas dans nos traditions bourgeoises d'accepter de pareilles dots.
BERNARD, indigné.
Vous croyez?... Non! vous n'en croyez pas un mol.
BERNARD
LEOPOLD
144 LES FOURCIIAMBAULT.
A quel autre titre dotcriez-vous mademoiselle Letellier?
REUNARD.
Ah ! ah ! Vous calomniez pour vous soustraire à un devoir d'honneur? Je reconnais votre sang! Vous êtes bien le petitfils de votre grand-père!
LÉOPOLD
Je m'en flatte.
Il n'y a pas de quoi.
Ce qui veut dire?
BERNARD
Que votre grand-père était un vil calomniateur.
LÉOPOLD
Répétez donc ça!
BERNARD
Le dernier des misérables!...
Léopolii jette son gant au visage de Bernard, qui pousse un cri terrible, »'élance vers Léopold et s'arrête tout à coup en se tordant les mains.
BERNARD
Vous êtes bien heureux d'être mon frère.
LÉOPOLD
Votre frère?... scriez-vous?... Vous êtes le fils de la maîtresse de piano ! Oh ! bien alors, qu'à cela ne tienne ! Ne vous gênez pas! Je connais l'anecdote, et je vous certifie