espèce. L. flaïus
Cette espèce a la vue très faible et vit presque toujours sous terre; les $ ne sortent guère que lors de l’accouplement pour accompagner les Ç et les cf, et retenir quelques Ç. fécondes nécessaires à l’entretien de la fourmilière. C’est la fourmi mineuse par excellence. Elle vit exclusivement de la liqueur de ses pucerons; je ne puis mieux faire que de renvoyer le lecteur à Huber qui l’a étudiée avec le plus grand soin. Elle va évidemment chercher ses pucerons sur les racines des plantes au moyen de canaux souterrains, et elle les élève sur les racines qui avoisinent son nid. Dès qu’on les met à découvert, elle les emporte comme ses propres larves, fait que j’ai observé fort souvent. Huber a vu un combat entre deux fourmilières qui se volaient l’éciproquement leurs pucerons. Les L. flavus soignent même dans leur nid, avec leur propre progéniture, les œufs pondus en automne par ces insectes qui sont vivipares au printemps ; Huber l’a démontré de la manière la plus évidente. Mises hors de leur nid, ces fourmis sont très craintives, marchent sans s’écarter les unes des autres et en tâtant constamment le terrain avec leurs antennes ; dès qu’elles trouvent une fissure, elles s’y cachent et y portent leur famille ; si elles n’en trouvent pas, elles se mettent à miner à l’endroit même; jamais on ne les verra essayer de déménager en grand à découvert. Si leur nid est attaqué par d’autres fourmis, elles se défendent avec acharnement, mais elles sont si délicates qu’elles se font presque toujours battre; elles se retirent alors sous terre, à côté ou à peu de distance, en faisant un mur mitoyen (nids doubles).