NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
Les publications qui ont paru sur les fourmis sont si nombreuses que je renonce à en donner un catalogue ici. Je renvoie pour une partie aux citations plus ou moins abrégées que j’ai faites dans le courant de ce travail, ainsi qu’au catalogue de Mayr. Du reste une grande quantité de ces publications sont insignifiantes ; d’autres sont de simples extraits ou des répétitions de ce qu’ont dit Gould, Huber, Ebrard, Mayr et les auteurs oi'iginaux en général. Je ne fais que noter en passant comme curiosité un ouvrage de M. Jules Levallois intitulé : « L’année d’un ermite » (Parus, librairie internationale. 1870), ouvrage dont les deux tiers à peu près sont consacrés aux mœurs des fourmis (pages 67 à 177). L’auteur se donne comme philosophe ermite venant livrer au public ses observations sur les mœurs des fourmis qu’il étudie depuis plusieurs années ; il ajoute que c’est une de ses principales occupations. Il a lu, dit-il, Huber et Ebrard, mais on ne s’en douterait guère d’après ce qu’il écrit, car il ignore leurs découvertes les plus importantes. Son ouvrage contient une masse énorme de phrases, peu d’idées, et presque pas un fait. Il m’a été impossible d’y trouver une seule observation de quelque valeur ou seulement une opinion d’une portée appréciable. Si la philosophie de l’auteur n’a pas de meilleure base, il faut avouer qu’elle se contente de peu.
En ce qui concerne les mœurs des fourmis, les ouvrages les plus originaux et les plus importants sont les suivants :
Swammerdam, dans : Johannis Swammerdam, Biblia naturæ. Lugduni-Batavorum, 1738. in-fol. (publié longtemps après la mort de l’auteur). Puis dans : Historia insect. generalis, Utrecht, 1682, in-4.
Leuweilliœck, dans : Antonii van Leuwenhœck arcana naturæ détecta ope microscopiorum ; ex Belgico latine versa. Delphis 1695, in-4°.
Gould. An Account of English Ants. In-12°, London, 1747.
Geoffroy, dans : Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. 1762, (peu important, beaucoup d’erreurs).
Ch. Bonnet, dans : Oeuvres complètes, tome I, p. 523; éd. in-4°.
De Geer, dans : Mémoires pour servir à l’histoire des insectes. T. VIL 1778.
Christ. Naturgeschichte der Insecten. Frankfurt am Main. 1791.
Pierre Huber. Recherches sur les mœurs des fourmis indigènes. Paris et Genève.
Même ouvrage, nouvelle édition : Les fourmis indigènes. Genève, 1861.
Osw. Heer. Ueber die Haus-Âmeise Madeira’s. An die Zürcherische Jugend, 1852.
Ebl’ard. Nouvelles observations sur les fourmis ; dans la Bibliothèque universelle, livraison de juillet 1861, Genève. Le même article est reproduit dans : Etudes de mœurs, Genève, 1864 (ouvrage à part du même auteur).
Bâtes. The naturalist on the Amazones, 1863 (Mœurs des fourmis du Brésil).
VOIl HageilS dans la Berliner entoniologische Zeitschrift , 1867, p. 101 et 1868, p. 265. Le même dans : Jahresbericht d. Naturw. Vereins v. Elberfeld u. Barmen 1863, p. 111.
On peut encore ajouter à ce qui précède les notices suivantes : MajT. Ungarn’s Ameisen, im Programme der stadtischen Oberrealscbule zu Pest im Schuljahre 1856/7. MajT. Das Leben und Wirken der einheimischen Ameisen. Wien 1864. Fenger, dans : Allgem. Orismologie der Ameisen (Wigmann’s Arcli. fiir Naturgesch. 1862). Gideon Llndecum. Notice on tlie habits of the Agricultural Ant of Texas, dans : Jouru. proceed. Linean soc. zoolog. VI. p. 29. ff. (Ces observations, quoique rapportées là par Ch. Darwin, m’inspirent peu de confiance). Ch- Lespès. Revue des cours scientifiques, 17 mars 1866, p. 257. Meiliert. Bidrag til de Danske Myrers Naturhistorie. Kjobenhavn 1860 (seconde partie). Cari Nagel. Der wunderbare Haushalt der Ameisen, aus eigenen Beobachtungen mitgetheilt, dans : Allg. deutsche Naturhist. Zeitung, 1846, 1. p. 549 (je ne connais que le titre de ce travail), etc. etc. Enfin A. Forel, dans : Bulletin de la soc. suisse d’entomologie. Vol. III, n° 3, 1869 ; et J. Tralierue Moggridge. Harvesting-Ants and Trap- Door Spiders. F. L. S. London 1873.
Mayr (Das Leben und Wirken etc.) traite fort mal les travaux des anciens auteurs ; ils constituent d’après lui une charge inutile et même un obstacle pour les auteurs contemporains. Cela peut être vrai jusqu’à un certain point pour les ouvrages de classification, mais en ce qui concerne les mœurs c’est tout-à-fait injuste, témoin le jugement que l’auteur porte au même endroit sur Huber : « Auch Jean Pierre Huber liât sich zu dieser Zeit (commencement de ce siècle) viel mit der Lebensweise der einheimischen Arten beschàftigt ; docli waren seine Resultate nicht besonders gross, da die Arten nicht sicher bekannt sind, die er untersucht hatte. » *)
La bibliographie de la partie systématique est de beaucoup la plus considérable. Je laisse entièrement de côté ce qui n’a rapport qu’aux fourmis exotiques, et je n’indique que les ouvrages les plus indispensables traitant des fourmis d’Europe. Les travaux des anciens auteurs tels que Linné, Fabricius, Olivier ne sont plus d’aucune utilité aujourd’hui.
*) Jean Pierre Huber s’est aussi beaucoup occupé à cette époque des mœurs des espèces indigènes ; cependant ses résultats ne sont pas fort considérables, car on ne connaît pas d’une manière certaine les espèces qu’il a observées.
Latreille est très vieilli, niais il contient beaucoup de bonnes remarqués et c’est lui qui a servi de base aux travaux modernes. Les trois ouvrages principaux où il traite des fourmis sont : 1. Essai sur l’histoire des fourmis de la France. Brives 1798. 2. Histoire naturelle des Fourmis, 1802. 3. Généra Crustaceorum et Insectorum. 1806 — 1809. L’auteur le plus important est sans contredit MajT. Sa perspicacité remarquable dans la création des genres, et en général dans la distinction de la valeur respective des caractères zoolog.ques, la minutieuse exactitude de tous ses écrits qui représentent une somme de travail très considérable ont élevé la myrinécologie au niveau des parties les mieux connues de l’entomologie. Parmi ses nombreux opuscules, les plus importants sont par rang d’ancienneté : 1. Formicina- austriaca, von Dr. Gustav Mayr, in : Verhandlungen des K. K. zoologisch-botanischen Vereins in Wien 1855. Y. Band. 2. Die Europceischen Formiciden. Wien 1861, bei Gerold. 3. Reise der œster. Fregatte Novara um die Erde. Formicidœ. Wien 1865. In Commission bei Gerold’s Sohu (Diagnostic des genres). 4. Die Ameisen des baltischen Bernsteins. Kœnigsberg, 1868. In Commission bei W. Koch. 5. Neue Formiciden in : Verh. des K. K. z.-b. Vereins. Wien 1870. Roger : BeUrage zur Kenntniss der Ameisenfauna der Mittelmeerlander, in : Berliner eutomologische Zeitschrift 1859 p. 225 et 1862 p. 255. F. Smith : Essay on the Généra and Species of British Formicidœ, in : Transactions Entom. Society. Yol. III, N. S., Part III, p. 95-135, 1855. SchèDk : Besclireïbung nassauischer Ameisenarten, in : Jahrbiicher des Vereins fiir Naturkunde irn Herzogthum Nassau. 8. Heft. Wiesbaden 1852. NylîUlder : Synopsis des Formicides de France et d’Algérie, dans : Annales des Sciences Naturelles T. Y., 4 série. A cela il faut ajouter les deux catalogues de Mayr et de Roger : Mayr î Formicidarum Index synonymicus in : Verh. des K. K. z.-b. Vereins in Wien, 1863. Roger : Verzeichniss der Formiciden-Gattungen und Arten. Berlin 1863. Gedruckt bei A. W. Scbade. Puis les notices d’Emery : 1. Enumerazione dei Formicicli etc. dans : Annali dell’ Academia degli Aspiranti Naturalisti. Napoli. 1869. 2. Studi mirmecologici, dans : Bulletino délia Società Entomologica Italiana, vol. II, fasc. 2, 1870. En ce qui concerne les fourmis suisses en particulier, on a : 1. Illliiolf Ulld Labraiu : Insekten der Schweiz. Basel. IL 1838. 2. Meyer- Dilr : Die Ameisen um Burgdorf, dans : Mittheil. der Naturf. Gesellsch. in Bern. 1859, p. 34. 3. Mayr, Formicina Austriaca (cité plus haut). Un catalogue assez complet des articles publiés sur la systématique des fourmis jusqu’en 1863 se trouve dans Y Index de Mayr que je viens de citer, et j’y renvoie les personnes désireuses de mieux connaître cette partie de la bibliographie.
L’anatomie des fourmis et les branches qui s’y rattachent sont fort peu représentées ; j’ai indiqué les principaux écrits qui s’y rapportent au commencement des notices anatomiques et physiologiques de ce travail (p. 105), et je ne les répète pas ici. L’ouvrage de Meinert est ce qu’il y a de plus complet. C’est dommage qu’il ne renferme ni les muscles ni le système nerveux.
Deux ouvrages de Mayr ont trait aux fourrais fossiles. L’un d’eux a été cité plus haut à propos de la systématique : Ameisen des baltischen Bernsteins. Ce travail fait avec un grand soin est intéressant à divers points de vue. L’autre est intitulé : Vorldajige Studien ïiber die Radoboj-Formiciden (Jahrbuch der K. K. geologischen Reichsanstalt in Wien 1867, 17. Band, 1. Heft). Ce dernier sujet a aussi été traité par Heer : Die Insektenfnuna der Tertiargebilde von Oeningen und Radoboj, et Fossile Hgrnenopteren cuis Oeningen and Rcidoboj, 1867 oder 68.