‹ Les fourmis de la SuisseChapitre 33 sur 181 · Genre. Formica. Linné · texte numérisé non relu

Genre. Formica. Linné

Genre abondant en formes. Ouvrières grandes ou de taille moyenne. Femelles de même taille que les mâles, plus grandes que les ouvrières, guère plus grandes que les femelles du genre précédent. Les espèces de ce genre sont très robustes ; les gros individus qui surpassent souvent de beaucoup les petits n’ont pas la tête particulièrement dure ou grosse; elle reste proportionnée au corps qui est trapu et fort. La F. sanguinea et probablement aussi quelques autres formes savent ravir les nymphes de formes plus faibles et s’en faire des esclaves. Les ouvrières ne savent pas se suivre à la file sur un terrain inconnu. Elles se portent les unes les autres en toute occasion, de la manière indiquée pour les genres Camponotus et Plagiolepis. Nids très variés. Vie peu cachée; elles aiment en général le grand jour et l’air. Plusieurs sortes d’entre elles savent lancer

leur venin en jet à une hauteur assez grande, et se dressent pour cela sur leurs pattes postérieures en recourbant l’abdomen sous le thorax en avant. Pattes assez longues; marche saccadée. Nymphes ordinairement enveloppées d’un cocon, mais parfois aussi nues ; ces deux cas se présentent chez les mêmes formes, dans la même fourmilière. Pucerons jamais élevés dans le nid, toujours cherchés sur les plantes. Intelligence très développée. Fourmilières ordinairement grandes ou très grandes, quelquefois moyennes.

Ouvrières.

1. Derrière de la tête et écaille ayant chacun une forte échancrure semilunaire. Le derrière de la tête est bas, un peu aplati en dessus, et rétréci latéralement, de sorte que cette espèce a un peu l’air d’avoir deux cornes. Matte. Corps presque sans poils, un peu pubescent, sans éclat soyeux. Carène du chaperon ordinairement indistincte. Taille ramassée. Echancrure entre le mesonotum et le metanotum forte; ce dernier fortement voûté. Nids à matériaux. Vie en colonies. Elle sait un peu faire jaillir son venin. Nymphes toujours dans un cocon . 4. espèce. F. exsecta.

L. 5 — 7, 5mm‘. Palpes maxillaires de 6 articles, longs, atteignant presque le trou occipital lorsqu’ils sont étendus en arrière. Bord antérieur du chaperon peu ou pas relevé. Aire frontale lisse et luisante. Ecaille profondément échancrée. Le front est proéminent, sans former un angle distinct avec le vertex d’un côté et le devant de la tête de l’autre. D’un rouge plus ou moins vif, un peu jaunâtre ou brunâtre; antennes, pattes et chaperon plus foncés. Vertex, front et une tache semi lunaire sur le pronotum ordinairement bruns; abdomen brun noirâtre. Dans une variété de grande taille que j’ai trouvée près d’Apples et que je nomme rubens, tout le corps est d’un rouge vif, y compris la moitié antérieure du premier segment de l’abdomen; une petite tache ronde sur le vertex, et le reste de l’abdomen seuls sont

bruns 1. r. F. exsecta i. spec. Nyl.

L. 3, 8 — 6, 5mm\ Palpes maxillaires très courts, dépassant à peine le bord postérieur de la bouche, de 5 petits articles ; un de ces articles, le 4me ordinairement, est souvent bossu et a une place plus claire au milieu; rarement il se divise plus

ou moins en deux, ce qui forme 6 articles. Toutes les autres Formica ont 6 art.

aux palpes max. Bord antérieur du chaperon relevé; un léger enfoncement en coulisse derrière. Aire frontale peu luisante, très finement rugueuse transversalement. Ecaille peu profondément échancrée. Front très proéminent, un peu aplati au sommet, de sorte que, vue de profil, la tête paraît plus ou moins trapézoïdale, car elle est aussi un peu aplatie devant et derrière. D’un rouge plus foncé que la précédente. Abdomen, vertex, front, une grosse tache semilunaire sur le pronotum, bord supérieur de l’écaille, et très souvent aussi les pattes, les antennes, tout le prothorax, une tache au sommet du mesonotum, le chaperon et le derrière du dessous de la tête d’un brun noirâtre foncé 2. r .F. pressïlabris. Nyl.

F. exsec to-pressilabris. Presque aussi fréquente que les formes typiques. Palpes max. courts, de six petits articles. Tous les autres caractères intermédiaires.

Derrière de la tête et écaille sans aucune échancrure. Derrière de la tête épais, arrondi 2

2. Chaperon échancré au milieu de son bord antérieur. Aire frontale matte, finement

rugueuse. Corps presque sans poils, sauf quelques-uns à l’abdomen. D’un rouge sanguin plus ou moins vif, quelquefois jaunâtre. Front et vertex plus foncés. Abdomen d’un brun noir. Taille très robuste, moins ramassée que celle de la F. rufa, plus que celle de la F. fusca. Chaperon sans carène distincte. Nymphes nues ou en cocon. Nids variés. L. 6 — 9mm' 2. espèce. F. sanguinea. Latr.

Chaperon entier à son bord antérieur 3

3. Taille très variable. Corps ramassé. Tête et abdomen beaucoup plus larges que le

thorax. Echancrure entre le mesonotum et le metanotum forte. Metanotum fortement voûté. D’un rouge fauve assez vif (variant d’éclat), pins ou moins mêlé de brun et de noir, mais les limites des couleurs toujours assez nettes (sauf chez les très petits individus). Yeux et ocelles gros. Chaperon à carène indistincte, ou distincte seulement dans sa moitié antérieure. Aire frontale toujours lisse et brillante. Elle sait faire jaillir son venin. Nids à matériaux. Nymphes presque toujours dans un cocon 3. espèce. F. rufa.

D’un rouge clair, extrêmement vif. Tout le corps et les pattes hérissés de poils courts, perpendiculaires, d’un jaune doré, très serrés. Yeux poilus. Fouet des antennes et abdomen, sauf le devant du premier segment, d’un brun noirâtre, ainsi que quelquefois une petite tache sur le vertex. Tête des gros individus un peu luisante. Chez les petits individus, le rouge est plus terne; le vertex et le dessus du pronotum souvent brunâtres, les poils plus longs et moins serrés, de sorte qu’il est presque impossible de les distinguer de ceux de la F. pratensis. L. 4 — 9mm- . .

• 'S. r. F. truncicola. Nyl.

D’un rouge plus foncé. Poils moins abondants et plus longs que chez la précédente. Jambes poilues. Yeux poilus. Abdomen, pattes (sauf une partie des hanches), antennes, vertex, front, une tache comprenant presque tout le pronotum dont elle atteint le bord postérieui’, ordinairement le dos du mesonotum, et souvent celui du metanotum, ainsi que le bord supérieur de l’ecaille, d’un noir brunâtre. Les petits individus sont quelquefois presque entièrement d’un brun plus ou moins noirâtre, les limites des parties rouges et noires se fondant. Tête des gros individus matte. L. 4— 9mm‘ 2. y. F. pratensis. De Geer.

Comme la précédente, mais plus rouge et moins poilue. Yeux sans poils. Corps peu poilu. Abdomen (sauf le devant du premier segment qui est souvent rougeâtre), vertex, front, souvent une faible tache sur le pronotum (n’en atteignant pas le bord postérieur), antennes et pattes d’un brun plus ou moins foncé. Tête des gros

individus matte. Petits individus jamais si exigus que chez les deux précédentes. L. 6 — 9mm‘ 1. r. F. rufa i. spe ». Linné.

F. trunci oio-pratensis. Poils de la F. truncicola avec une couleur qui, suivant les fourmilières, devient de plus en plus semblable à celle de la F. pratensis ; les poils peuvent aussi devenir plus noirs et moins courts. Tête des gros individus plus ou moins matte etc. Nids intermédiaires. La F. obscuriventris Mayr (Neue Formiciden) du Connecticut paraît être aussi une forme intermédiaire entre les F. truncicola et pratensis.

F. rufo-pratensis (polyctena Forst [?] et pinipküa Schenk). Ces formes ont parfois un caractère un peu particulier, sont plus petites que les formes typiques, ont les couleurs moins nettes etc. Elles se trouvent dans les clairières, au bord des bois et surtout dans les montagnes. Elles tiennent ordinairement plutôt de la F. rufa poulies poils et de la F. pratensis pour la couleur (rufa foncées et petites). Mais on en trouve aussi qui sont pratensis pour les poils et rufa pour la couleur. Il y a aussi des fourmilières intermédiaires en tout .point. Les différences dans la longueur respective des faces du metanotum (F. polyctena Forst) n’ont aucune constance ; elles varient énormément dans la même fourmilière.

Taille moins variable. Corps plus élancé, moins robuste. Tête et abdomen seulement un peu plus larges que le thorax. Echancrure entre le mesonotum et le metanotum moins profonde, plus évasée. Metanotum faiblement voûté. (Aucune de ces différences n’est absolue, mais leur ensemble donne un habitus très divers à ces deux espèces au fond très distinctes et ne montrant jamais de transitions. Ordinairement noire ou d’un brun noirâtre, mais le thorax et même la tête sont quelquefois entièrement d’un rougeâtre d’ocre ordinairement terne, quelquefois clair. Les parties î-ouges et les parties noires n’ont jamais de limites nettes. Yeux et ocelles moins gros. Chaperon ayant toujours une forte carène, très nette, à son milieu. Aire frontale matte, finement rugueuse (sauf chez la F. g agates où elle est ordinairement luisante comme le reste du corps). L’espèce fusca ne sait pas ou '"presque pas faire jaillir son venin. Nymphe nue on en cocon. Nids dans la terre ou dans le bois,

sans matériaux (sauf dans de rares exceptions. L. 5 — 7 ou 8ram'

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