‹ Les Fractures de Cuisse du Champ de Bataille à l'AmbulanceChapitre 17 sur 40 · DNS UE · texte numérisé non relu

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me quantitatives des appareils en stock, les chirurgiens d'armée s’adressèrent ailleurs. Tout naturellement, ils orientèrent leurs recherches vers les procédés techaiques du temps de paix : plâtres simples ; modifiés en plâlres à anses, à feuillards, appareils mixtes.

Appareils plâtrés.

Le moulage dans -un appareil plâtré des saillies osseuses ; sa prise, sa solidification en bonne position assurent une contention exacte, au moins momentanée. La carapace, solide, ‘protège parfaitement le membre contre les chocs extérieurs ; mais déjà, on lui reproche d'être lourd, encom-

* brant ; il empêche les moindres mouvements du biessé ; il

cache le foyer de-fracture ; si l’on y remédie par lPouverture de fenêtres, il soustrait cependant à la surveillanze du médecin les parties voisines ; admissible en milieu héspitalier dans certains cas déterminés, il est naturellement impraticable dans un poste de secours : sa confection exige un personnel nombreux et stylé : médecin qui lapplique, un aide pour la bouillie ou la trempe des bandes plâtrées : 2 ou 3 infirmiers pour le maintien du corps et du membre du blessé en bonne position. Le local doit être vaste. La dessication demande facilement 3/4 d'heure. La durée lotale des manipulations approche de l'heure. De plus, l’évacualion n’est guère facilitée : pour coucher le blessé plàtré sur un brancard sans casser l'appareil, il faut des-soins multiples el de nombreux artifices : coussins, cals, rembourrages.

Tout ce travail, pénible et long, aboutit à un résultat éphémère : le plâtre doit être enlevé quelques heures après, dès l’arrivée du blessé à l’ambulance chirurgicale : l'examen radioscopique y oblige. Du reste, en dehors même de cette nécessité de circonstance, la plus élémentaire prudence commande de délivrer au plus tôt la fracture compliquée de cette compression : nombreux sont les désastres enregistrés à la suite d'application prolongée d’un plâtre sur les fcyers de fracture qui n'avaient pas subi la désinfection chirurgicale. Ceux du début de la guerre actuelle sont-encore présents à toutes les mémoires ; avant elle, le D' BurKk dans son étude critique sur les appareils de première immobilisation en temps de guerre (1875), signalait les 4 cas de Passavant, d’infection grave mortelle, imputables à la même cause.

La perspective de ces dangers, d’autres inconvénients ont

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mis un terme rapide à tous les essais d’appareillage plâtré au cours de la campagne 1914-1918. Dans un secieur calme de l’Argonne, pendant l’hiver 1915-16, une équipe bénévole de plâtiters à vainement cherché, pendant 6 semaines, à faire coïncider Son arrivée avec le passage d’un fracturé de cuisse dans un des postes de secours de la région. L'absence de combats importants, à cette époque et dans ceite région, permettait une relève rapide ; ies blessés atteignaient l’ambulance chirurgicale avant que le coup de téléphone n'’eût averti les plâtriers. Inutile d'ajouter que la bataille de Verdun les forçait, quelques semaines plus tard, à réintégrer hâtivement un hôpital des environs de Bar-le-Duc c* les attendait un travail de rendement plus élevé. L'emploi du plâtre en 1" ligne a d’ailleurs été tenté sous une forme plus

généralisée. Des patrons de tarlatane, taillés d'avance, plâ-

irés, conservés en boîtes métalliques étanches, ont été disiribués dans les postes de secours : il suffisait de je. trentper dans l’eau et de les appliquer. Les mêmes raisons énoncées précédemment, se sont opposées à leur emploi at les boites à plâtre sont demeurées parmi jes objets intacts du matériel de secteur transmis ponétuellement à chaque relève d'un Bataillon à laulre, jusqu'au moment où la reprise de la guerre de mouvement-en 1918, à entraîné leur disparition ou leur reversement dans les magasins.

Peul-être, dans des cas d'espèce, cependant-: blessé tombé à proximité d'une ambulance, pénurie d'appareils, serait-on amené à utiliser le plâtre. Il y aurait alors lieu de se conformer, pour sa confection, à quelques principes primordiaux : 1° Ne jamais faire de circulaires: laisser libre en particulier la face postérieure de la cuisse pour la surveillance et l'écoulement des sécrétions du fover de fracture : 2° Capitonner très largement le membre de coton; 3° Maintenir pendant la consolidation du plâtre la flexion de la

Cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse; seule ma-

nière d'assurer une bonne contention non douloureuse. C'est réduire le plâtre à une attelle moulée sur la face antérieure du membre inférieur demi-fléchi, en position de relâchement musculaire ; attelle solidarisée solidement à la ceinture et au pelvis avec le tronc du patient (1). Dans la réalité, ces cas seront l'exception.

Si l'appareil plâtré simple n'est pas pratiquement utili-

(1) Larpennors. — Conférences du cours de perfectionnement de la

IIIe Armée. Janvier-février 1917.

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dAlquier ; modification du précédent par Heitz-Boyer (1) ;

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sable à l’avant, les appareils dérivés, plus compliqués, le sont encore moins, «a fortiori. Cette seule raison nous permet d'éliminer en bloc: de notre étude les plâtres à anse dont le principe semble revenir à-Gourper et dont les modifications intéressantes ont été présentées par ViGxARD, de Lyon (Presse Médicale, t. XXII, n° 4, 28 Janv. 1915, p. 21), POULIQUEN (Presse Médicale, n° 16, 15 Avril 1915, p. 127-128), PRAT (Soc. Chir., & XLI,-n° 16, 28 Avril 1945, p. 982-988), FIEux et LE- REMBOURG (Presse Méd., {. XXIII, n° 35, 29 Juillet 1945, D. 282), Maxsow, ThéRoN, SENLECQ (Description de J.-L. Faure. Presse Méd.; 1: XXIH, n°122, p.167, 20 mai 1915), ABADIE (Presse Méd., t. XXII, n° 53, 4 Nov. 1915, p. 435-436), SÉNé- CHAL (Presse Méd., t. XXII, n° 64, 4 Déc. 1915, p. 523), Du- ROURMENTEL (Soc: Chirurg., t. XLI, n° 14, 14 Avril 1915, P: 8), AUBERT (Paris Médical, t- VI, n° 43, 21 Oct. 1916, D. 435), Ducuna (Presse Méd., t. XXIV, n° 48, 31 Août 1916, D: 383).

De même, il nous faut passer sans nous y arrêter sur des appareils d'immobilisation hospitalière : ils sont en dehors du cadre de notre étude. Appareils à traction simple ou combinée à la flexion, en extension genre Tillaux, en flexion genre Hennequin ou Sencert ; appareil bien connu appareil de Soubbotitch ; très ingénieux appareil de Galland et Lamarre (2); enfin, appareil pour réduire et maintenir les fractures simples et compliquées de Santa Maria et Salomé (3) et Surtout l'appareil de marche du Professeur DEL- BET. Ces appareils qui ont rendu d’éminents services pendant l’hospitalisation ou pour Févacuation du centre de fractures à l’intérieur, ne peuvent s'adapter aux circonstances spéciales de temps et de lieu où nous nous trouvons.

Nous ne pouvons y uliliser que des moyens simples, de transport facile, maniables, interchangeables. L'appareil d'hôpital peut être un instrument de précision d'usage ré-

servé à quelques ouvriers d'art ; à l'avant, il faut un outil

rustique dont le maniement correct ne demande qu'un court apprentissage. | Aussi restons-nous en présence, d'une part, d’un procédé

pratique de contention : le store; d’autre part, de la série des

(1) Soc. Chirurg. 1916, p. 2410.

(2) Soc. Chir., &. XLI, n° 81, 8 sept. 1915.

(3) Progrès Médical, t. XLTIT, n° 41, décembre 1915, p. 59.

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