‹ Les fractures de la tête du radius et leur traitement chirurgicalChapitre 4 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire des fractures de l'extrémité supérieure, eten particulier de la tête du radius, est de date assez récente. En effet, Coulon (14) {1),dans son Traité des fractures chez les enfants, et Voillemier (67) déclarent n'avoir jamais vu de fractures de l'extrémité supérieure du radius. Astley Cooper lui-même, mettait en doute l'existence de ces fractures et Malgaigne (39) écrit : « J'avais cru pour ma part en avoir observé un certain nombre chez les enfants qu'on avait imprudemment soulevés par le poignet ; mais des expériences faites sur le cadavre m'ont démontré qu'il y avait alors subluxation plutôt que fracture. » Cependant le même auteur put observer deux pièces, l’une de fracture du col du radius, l’autre de fracture de la tête et du col du radius, coexistant avec une fracture de l’olécrane et de l’apophyse coronoïde. Velpeau (60) cependant, comme le rapporte Hamilton (26), aurait constaté directement l’existence d’une fracture du col radial, s’accompagnant d’une fracture dela coronoïde. Bérard (5) put signaler, au dire du même auteur, une lésion identique, enfin Hamilton luimême, considérait ces fractures comme extrêmement rares, surtout sans solution de continuité concomitante du squelette voisin. Cependant, il put observer chez des enfants, trois fractures de ce genre, vicieusement consoli-

(1) Les numéros entre parenthèses renvoient à l'index bibliogra-

phique.

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dées, s'accompagnant de gêne dans les mouvements du coude et particulièrement de limitation des mouvements. de pronation et de supinalion.

Il est à remarquer que les auteurs qui précèdent ont eu surtout en vue les fractures du col radial, leur attention ne parait pas avoir éléatlirée sur les fractures de Ja tête qui nous intéressent particulièrement. Celles:ci peuvent donc être considérées comme plus rares que les précédentes.

Cependant Verneuil (61) présenta à la Société anatomique, en 1851, une pièce remarquable de fracture longitudinale incomplète de la tête du radius, trouvée à l'autopsie d’un individu, qui avait succombé aux suites d’un traumatisme grave. Vingt ans après (1871), James Adams (1) en publie un nouveau cas, qui est encore une trouvaille d’autopsie. Hueter (29) en 1876, publie une observalionremarquable; à lasuite d'un traumatisme, des troubles dans les mouvements du coude étant apparus, 1l ouvrit de propos délibéré l'articulation et put en extraire la tête radiale détachée, qui formait un véritable Corps étranger, libre dans la jomtlure. L'année suivante, Trélat (58) étudie l'affection au point de vue clinique, et put le premier, semble-{-il, en faire un diagnostic exact. Hoffmokl {30), en 1879, étudie la fracture en particulier chez l'enfant. Cependant celle description d'ensemble paraîl manquer de clarté et l'auteur ne paraît nullement avoir tenté d’élablir de différenciation des variétés analomiques. Pinner (44), en 1883, publie la première observation de fracture de la tête radiale s'accompagnant de paralysie du nerf radial par Compression. Il nous a du reste été impossible, au cours de nos recherches biblio-

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graphiques, de retrouver un nouvel exemple de cette -complication ; celle-ci peut donc être considérée comme infiniment rare. |

C’est à Bruns (10), de Tubingen (1880), que l’on doit le premier travail d'ensemble sur la question. S’aidant des travaux précédents et surtout de ses recherches personnelles, il tenta d’élucider les conditions étiologiques qui favorisent la production de la fracture et distingua, à ce point de vue, des fractures de cause directe et des fractures de cause indirecte. Au point de vue anatomo-pathologique, il différencie de même nettement les fraclures du col du radius des fractures de la tête proprement dites. Celles-ci peuvent être incomplètes ou complètes. Dans ces dernières, enfin, il distingue encore les fractures à trait vertical typique et les fractures comminutives ou par écrasement de la tête du radius. Delorme {15} (4891) publie un nouveau cas de fracture longitudinale, dont le diagnostic fut fait par l'examen clinique. La consolidation s'effectua normalement et les mouvements du coude reprirent leur intégrité complète. Helferich (27), dans son Traité des fractures, donne le dessin d’une pièce de fracture verticale de la tête radiale.

À partir de cette époque, et grâce à l'emploi systématique de la radiographie, pour parfaire l'examen clinique, les observations deviennent bien plus fréquentes ; il faut alors signaler : une observation de Jacob (31),fracture longitudinale de la tête, consolidation secondaire mais avec limitation marquée des mouvements de supination ; une autre observation de Richon {48): fracture par écrasement de la tête du radius, vérifiée parla radiographie, con-

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solidation vicieuse ultérieure avec limitation des mouvements du coude, flexion, pronation et supination. La résection secondaire de la tête du radius rendit à la jointure la liberté complète de ses mouvements.

Depuis cette époque les travaux se sont du reste multipliés : Destot et Vallas (16), à la Société de chirurgie de Lyon,et dans la thèse de Gazet (23) étudient le mécanisme de production de la fracture. Destot put la reproduire sur le cadavre par inflexion forcée du coude en dehors, et Vallas publie une nouvelle observation d'intervention secondaire pour rendre au coude la liberté de ses mouvements. Du reste ces deux auteurs s'accordent pour admettre, que dans la plupart des cas,et quel que sait le mode de traitement employé, la consolidation vicieuse ou l'absence de consolidation est souvent constatée. Aussi n'hésitent-ils pas à préconiser le plus souvent l'intervention immédiate, celle-ci étant le plus sûr moyen d'empêcher la limitation ultérieure des mouvements de la jointure.

Vallas (59), en effet, ajoute que fréquemment les interventions pratiquées secondairement donnent un résultat fonctionnel beaucoup moins satisfaisant. Dans la thèse de Tabutin (56), Destot tente encore d'élucider le mécanisme de la fracture. Enfin Bosquette (7) (thèse de Lyon, 1908) insiste de nouveau sur la fréquence de la perte des mouvements de pronation et de supination, après les fractures de l’avant-bras en général et de la tête du radius en particulier, dont il rapporte un grand nombre de cas. A citer également : les mémoires récents de Prat (46) qui traite surtout la question au point de vue clinique, de Sprengel (53) et de Lœbker (36), qui étudient spécialement le ma-

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nuel opératoire de la résection de l'extrémité supérieure du radius ; les nombreux et importants travaux anglais et américains de Banks, (3), Flower (20), Hodges (28), Mac Williams et Dowd (37), Turner Thomas (57) : les observations de Vulliet {65) et de Chevassu (11) qui est intervenu d'emblée après l'accident.

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