‹ Les fractures de la tête du radius et leur traitement chirurgicalChapitre 9 sur 24 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Les signes cliniques, fournis par les fractures de la tête du radius varient suivant la forme anatomique. Cependant il existe un certain nombre de signes communs que nous rappellerons au début, et nous verrons ensuite si chacune des variétés que nous avons distinguées, peut encore être différenciée au point de vue clinique.

En général, les malades se présentent, le membre lésé soulenu par le membre du côté sain, l'avant-bras fléchi sur le bras et dans une atlitude intermédiaire à la pronaton et à la supination.

La simple inspection révèle dans tous les cas qu’il existe un gonflement marqué, parfois localisé à la partie externe du coude, mais souvent généralisé à toute cette articulaon. Les fractures de la tête du radius sont, comme nous l'avons vu, des fractures intra-articulaires et l'hémarthrose est pour ainsi dire constante, Dans les jours qui suivent, on peut voir apparaître une ecchymose, soit en avant dans le sillon bicipilal externe, soit surtout en arrière et en dehors au niveau de l’interligne huméro-radial.

S'il existe une simple fissure de l'os et surtout si l’écartement des fragments est peu considérable, cette fêlure pourra être facilement méconnue, on la soupçonnera cependant par l'existence d’un point douloureux fixe, que la pression digitale fait apparaître d'une manière constante et imvariable. Ce point douloureux siège en arrière

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et en dehors immédiatement au-dessous de l'interligne. Bardenheuer, dans un cas, aurait pu sentir cette fissure avec le bord de l’ongle, mais le fait doit être bien exceptionnel et n’a Jamais élé signalé depuis.

Les mouvements, dans ces mêmes cas, les mouvements spontanés et provoqués du coude, ainsi que les mouvements de pronation et de supination peuvent très bien s’exécuter sans grande douleur pour le maiade. Fréquemment cependant, alors que la flexion et l'extension peuvent être facilement exécutées par le patient ou produites par le chirurgien, les mouvements de pronalion et de supination sont douloureux et limités, en raison de la contracture musculaire réflexe. Quelquefois, le diagnostic à encore pu être aidé par l'existence d'une douleur provoquée à distance, soit en refoulant de bas en haut le radius, saisi au niveau du poignet, soit en essayant de rapprocher les deux os, à la partie moyenne de l'avant-bras.

En réalité, ces données cliniques sont peut-être plus théoriques, que pratiques, et fréquemment c’est l'examen radiographique qui seul permettra de constater la déformation de l’épiphyse radiale supérieure ; parfois même elle révélera la fissure osseuse, mais c'est surtout l’'augmentation de volume du diamètre antéro-postérieur de la tête, si on l’examine comparativement avec le squelette du côté sain, ce qui permellra d'arriver au diagnostic.

On peut même penser qu'une fissure peu profonde puisse passer complètement inaperçue.

Dans les fractures complètes, surtout avec déplacement des fragments, les symptômes sont plus nets et le diagnos-

üc én est souvent possible, même sans examen radiogra- Rabourdin 3

Me

phique préalable. L'attitude da membre est la même,.que dans la forme précédente, mais le gonflement est toujours

extrêmement marqué, quoique plus accentué encore à la

partie externe du coude. L'intensité de ce gonflement rendra du reste souvent difficile la recherche systématique des extrémités osseuses.

Il faudra soigneusement repérer celles-ci d’abord du côté sain, .puis du Côté malade et rechercher surtout le signe primordial, c’est-à-dire : la douleur fixe et constante en arrière et en dehors, immédiatement au-dessous de l'interligne huméro-radial. La tête, ou ce qu'il en reste, ainsi repérée en ce point, on cherchera de même à l’explorer en avant et on arrivera dans certains cas à percevoir ainsison augmentation de volume, parfois même une saillie anormale, due à un fragment déplacé. Delorme a pu, dans son observation, affirmer sûrement le diagnostic après avoir perçu la crépilauon par mobilisation du fragment, Nous ne-pensons pas (et celte opinion n'est nullement spéciale aux fractures de la tête radiale), qu'il soit utile de s’attacher systématiquement à la recherche de ce symplôme, l'exploration nécessaire fait subir au malade des douleurs plus intenses, elle peut augmenter le déplacement des fragments, aggraver les lésions, et c'est par d'autres moyens qu’actuellement le clinicien doit arriver à faire le diagnostic.

A la douleur localisée, symptôme capital, s'ajoute la douleur provoquée dans l'exécution de tous les mouvements du coude, et plus encore les mouvements de pronolion et de supination. Aussi, du reste, ces mouvements sont

ordinairement très limités et même parfois impossibles.

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