VALEUR DU TOUCHER RECTAL COMME MOYEN DE DIAGNOSTIO
Depuis que Bæœckel eut affirmé en: 1880 la valeur pathognomonique du toucher rectal dans le diagnostic de la fracture par enfoncement du fond du cotyle, aucune voix discordante ne s’est élevée pour discuter la valeur réelle dé ce signe.
D’après les classiques, les renseignements fournis par ce mode d’exploratiôn sont multiples. Grâce à lui, on pourrait directement constater les symptômes qui rendent évidente toute fracture. La douleur, la mobilité anormale des fragments, la crépitation, la déformation due au déplacement des fragments ou à l’irruption intra-pelvienne de la tête fémorale seraient nettement perçues par ‘e chirurgien à qui le toucher rectal fournirait ainsi les sigenes de certitude de la disjonction du fond cotyloïdien.
Cette méthode de diagnostic a-t-elle vraiment la valeur qui lui est généreusement attribuée par les classiques ?. C’est le problème que nous allons maintenant essayer de résoudre.
Pour arriver à une solution logique et done impartiale, nous nous sommes adressé à trois ordres de recherches:
1° Recherches cliniques ; 2° Expériences radiographiques :
3° nes En
12 ReCHERCHES CLINIQUES. — La critique minutieuse de os obs ervations nous à permis de faire un certain nombre de constatations intéressantes. Depuis l’observation princeps de Bœckel, nous trouvons 83.observations. Or, parmi celles-ci nous en notons à peine 38 pour lesquelles ie toucher rectal a été pratiqué. Nous ne pensons pourtant point que la valeur de la méthode fut i ignorée des auteurs car il n’est pas un seul travail sur la question qui ne le mentionne à la place d’honneur. Sans nous servir de cet argument dans notre raisonnement, nous croyons pouvoir penser que, dans la majorité de ces 45 cas, le silence peut être interprété comme indice de négativité.
En ne tenant compte que des 38 cas complets à ce point de vue, nous notons que 9 fois, soit dans 23,9 % des cas, le toucher rectal dûment et consciencieusement pratiqué n’a fourni aucun renseignement. Ce fait devient paradoxal lorsque l’on constate par contre, comme dans deux de nos observations personnelles, une tumeur très nette de la fosse iliaque coïncidant avec une exploration endo-rectale négative, le toucher ayant dans les deux cas était pratiqué par plusieurs observateurs. D'ailleurs, dans les 29 cas où le diagnostic a été porté à l’aide du toucher rectal, on note bièn des réticences! Tantôt on ne parle que d’une « résistance », quelquefois il n’est question que d’une impression » perçue à « bout de doigt ». Nous voilà loin de la « déformation en verre de montre » dont parle Ohandjanian.
Mis en éveil par ces constatations, nous avons institué une série d'expériences radiographiques destinées à nous
— Üd Si
montrer le point exact de la ceinture pelvienne où se projette l'extrémité distale du doigt à la recherche de la surface quadrilatère de l’acétabulum. es
2e EXPÉRIENCES RADIOGRAPHIQUES. — Pour que nos résultats soient les plns rationnels possible nous nous sommes servi d’observateurs différents quant à la longueur du doigt explorateur; de sujets de corpulence variable; enfin nous avons essayé de comparer la valeur diagnostique chez la femme du toucher vaginal et du touclier rectal.
Le sujet était en décubitus dorsal, les cuisses en flexion | légère sur le bassin et en abduction, les jambes en flexion sur la cuisse, nous faisions centrer l’ampoule sur la portion endo-pelvienne de la hanche à examiner. L'opérateur utilisait son index nu dans le toucher vaginal, son index couvert d’un doigtier enduit de bouillie bismuthée dans le toucher rectal. Le doigt introduit s’efforçait d’atteimdre latéralement la surface quadrilatère de l’arrière-fond et effectivement se trouvait bientôt arrêté par un plan osceux. À ce moment le cliché était pris.
Les résultats que nous avons obtenus sont les suivants :
1° Comme le disait Bœckel, il est vrai que le toucher rectal permet une exploration plus profonde et plus com-