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LES IMAGES RADIOGRAPHIQUES DE L’ENFONCEMENT DU COTYLE

Autant de variétés anatomiques de la fracture par enfoncement de la cavité cotyloïde, autant d’aspects radiographiques différents. On peut néanmoins réduire à quelques types bien précis la lésion qui nous occupe.

Nous pensons que l’on peut établir trois degrés radiographiques. | 1° La fissuré; |

2 L'’enfoncement sans irruption pelvienne de la tête fémorale.

3° L’enfoncement avec irruption pelvienne de la tête fémorale.

Remarquons immédiatement que la notion capitale pro-.:

nostique et thérapeutique réside dans la présence ou l’ab-

sence de ce que les Allemands dénomment depuis Krôn-

lein la luxation centrale du fémur et que Fræœlich appelle

plus exactement: l’irruption pelvienne de la tête fémorale. Il nous faudra également distinguer des fractures ré-

centes les images fournies par les fractures anciennes,

1° La fracture fissuraire du fond cotyloïidien

Noûs ne nous arrêterons pas longtemps sur cette variété qui est le plus souvent un simple épi-phénomène, le trait constaté n’étant que le prolongement d’une fracture associée d’une autre portion de l’os iliaque.

Quelquefois, on pourra constater une fracture à trois traits partant du point où la tête fémorale appuie sur la surface articulaire cotyloïdienne et correspondant aux points de soudure des trois os constituant l’ilion. Chez les jeunes, ainsi que le font remarquer Nogier et Japiot, cette fracture sera difficile à différencier de l’état normal de non soudure de ces trois noyaux osseux. Il faut savoir que la ligne de soudure correspondant au cartilage en Y persiste jusqu’à 12 ou 14 ans.

90 Fracture avec enfoncement sans irruption pelvienne U A es de la tête fémorale

Il faut examiner successivement l’image fournie par : A. La cavité cotyloïde; À B. La tête fémorale et l'extrémité supérieure du fémur ; C. L’articulation coxo-fémorale.

A. CAvITÉ corYLoÏDE. — Ce qui frappe à un premier examen c’est un soulèvement en dos d’âne formé par une ombre à contours flous, à convexité tournée vers le bassii ét dont le sommet correspond au tiers suiér cur de l'an: cien fond cotyloïdien. L’ensemble de l’ombre est plus où moins volumineux et empiète plus ou moins sur la clarté . de la cavité du bassin; quelquefois, on la voit arriver au contact du bord latéral de l’ombre du sacrum. | Lorsque l’enfoncement est peu marqué l’angulation de l’ombre déborde à peine l’aire du détroit supérieur, en un point qui correspond sensiblement à la projection de l’image de l’épine sciatique.

PT Etudions de plus près l’ensemble que nous venons de décrire. Nous le voyons alors constitué soit par un fragment inférieur, soit par un fragment supérieur, soit par les deux réunis avec interposition, le plus souvent, de débris intermédiaires.

1° Fragment inférieur (figure 7). — nous paraît le

NA

F16. 7, — Fracture du cotyle par enfoncement sans irruption de la tête fémorale avec fragment inférieur.

plus constant, et présente un aspect triangulaire à base. inférieure, à sommet supérieur. *

La base semble s’appuyer d’une part sur la branche horizontale du pubis, d’autre part sur la tête fémorale.

Le bord inféro-externe concave en dehors représente

£ — 03 — visiblement l’ancien fond cotyloïdien fracturé et repoussé en dedans par la tête fémorale.

Le bord supéro-interme est rectiligne.

Le sommet répond au sommet du dos d’âne mentionné plus haut; il se prolonge plus ou moins loin, quelquefois . par une extrémité effilée en rostre, qui, dans notre cas “aboutit à la ligne claire de la sacro-iliaque correspondante.

Dans l’aire triangulaire ainsi décrite apparaissent quel- 5 quefois des traits de fractures secondaires.

2° Fragment supérieur (figure 8). — Plus rare que le

Fi6.-8. — Fracture du cotyle par enfoncement sans irruption intra pelvienne de la tête fémorale avec fragment supérieur,

Pr) ee

précédent, il est également triangulaire, mais beaucoup plus petit.

Ici, la base est supérieure, le sommet inférieur.

La base se confond avee l’ombre du détroit supérieur.

Le bord inféro-externe, régulièrement concave répond à la tête fémorale.

Le bord supéro-interne est régulier et rectiigne.

Le sommet correspond au soulèvement maximum du dos d'âne remplaçant le fond cotyleïdien normal.

Ce fragment supérieur, contrairement à l’inférieur,.

nous à paru exister rarement isolé. Le plus souvent, lorsqu’on le rencontre, on rencontre également un fragment inférieur disposé de telle sorte que les deux ombres obtenues offrent l’image de deux triangles opposés par le

sommet (figure 9). sr

Se S S LA Fig. 9. — Fracture du cotyle par enfoncement sans irruption intra pelvienne

de la tête fémorale avec deux fragments principaux et des fragments intermédiaires,

= =6; Pre - A

Dans ce cas, on note également la présence de frag-

. ments intermédiaires, représentés par des taches sombres plus ou moins nombreuses interposées entre les frag- anents, entre ceux-ci et la tête fémorale et jusque dans

l’aire du bassin. Il s’agit évidemment de cette poussière

. d’os que produit tout fracas osseux important.

… B. L’EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE pu rÉMUR. — L’extrémité

supérieure du fémur ne subit pas de grandes modifications dans cette variété; tout au plus note-t-on quelquefois quelques irrégularités dans le contour de la tête, irrégularités dues à de petites fractures du rebord articulaire.

Les rapports entre le grand trochanter et le sourcil

4 cotyloïdien d’une part, entre le petit trochanter et la tu-

… bérosité ischiatique d’autre part, n’ont pas varié.

C. ARTICULATION COXO-FÉMORALE. — Elle est profondément modifiée dans son aspect.

La courbe nette et régulière de son fond n’existe plus, elle est remplacée par une ligne elliptoïde plus ou moins irrégulière lorsqu'il y a deux fragments; par une ligne à concavité externe plus ou moins redressée lorsqu'il n'existe qu’un fragment inférieur. |

L'espace clair normalement interposé entre les surfaces articulaires n’existe plus.

Ainsi donc, dans la fracture par énfoncement sans irruption pelvienne de la tête fémorale les lésions prédominent sur la cavité cotyloïide, d’où se détache soit un seul fragment qui est alors le plus souvent inférieur, soit deux fragments supérieur et inférieur. Les rapports normaux entre les repères fémoraux et les repères pelviens n’ont pas varié.

Fr

LL be pet £ IT. — Fracture par enfoncement avec irruption intrapelvienne de la tête fémorale.

Il nous faut envisager deux degrés dans cette variété:

A. Il y a simple engagement de la tête à travers la brèche cotyloïdienne.

B. Il y a irruption intrapelvienne totale de la tête fémorale.

A. SIMPLE ENGAGEMENT DE LA TÊTE FÉMORALE (fig. 10). —

1° Cavité cotyloïde. + Le fond cotyloïdien est projeté en

F16. 10. — Fracture du cotyle par enfoncement avec irruption partielle intra pelvienne de la tête fémorale.

Fragment inférieur à sommet effilé en bec acéré,

Aspect en damier de l'extrémité supérieure du fémur.

de =

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