‹ Les Français au cur de l'Amérique;Chapitre 1 sur 34 · H PREFACE · texte numérisé non relu

H PREFACE

sont multipliés, venant de tous les Étals de l'Amérique. Entre les deux républiques-sœurs les liens amicaux se sont consolidés : on dirait même qu'un sentiment plus intime et plus tendre s'est affirmé en présence des événements actuels. Les lourdes épreuves que le peuple français subit ont provoqué, en Amérique, quelque chose comme une émotion familiale. Nous nous connaissions là-bas des amis, nous y avons rencontré des frères.

Pourtant, ce n'est pas sans quelque hésitation que nous nous abandonnons à la joie de trouver les choses ainsi : la France, longtemps traitée par ses adversaires, comme une « nation en décadence », se tient sur la réserve ; on est fier quand on souffre.

Mais si ce sont les Américains eux-mêmes qui viennent vers nous, si, en nous regardant bien dans les yeux, ils nous affirment que ces sentiments sont sincères et nés d'un mouvement naturel de l'âme ; si ce sont les Américains eux-mêmes qui se réclament de vieux liens et de vieilles solidarités, créant et autorisant ces sentiments de famille, pourquoi ne pas les croire, pourquoi ne pas serrer loyalement celte main qui nous est tendue et ne pas relever ces titres de parenté qu'une vigilante recherche a su trouver et nous rendre à nous mêmes ?

J'aime beaucoup le titre que M. Finley a donné a son remarquable ouvrage : Les Français au cœur de l Amérique : je l'aime, surtout à cause de son imprécision voulue ; oui, la France est doublement au cœur de l'Amérique, d'abord, parce qu'elle y pénétra la première, et ensuite parce qu'elle s'y trouve à demeure malgré les efforts faits par nos ennemis

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