‹ Les français aux expéditions de Mayorque et de Valence sous Jacques leChapitre 3 sur 5 · O LES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

O LES FRANÇAIS

rouge, voilà ce que en * Perot Abella porte sur son écu. On sait qu'il est venu de Montpellier et a supporté travaux et fatigues en gardant Morellaeten Conduisant les convois de vivres qui venaient d'Aragon par les montagnes de Forcall. Le roi vit son fils Jaumet* sur les murs de Xativa, combattant seul contre deux Sarrasins, il (Jaumet) obtint à cette occasion de grandes récompenses dans cette ville. » (Febrer, troba 7)3.

Abello (Guillem d'). — « Guillem d'Abello porte en son écu sur champ rouge une ruche dorée, avec un lis par lequel est attirée une grande abeille qui distille le suc pour en faire du miel, comme chacun le sait. Soldat de fortune, il vint de Toulouse * pour combattre et acquérir de la gloire aux dépens des Maures. A Valence, une nuit qu'il faisait sentinelle au clair de lune, il eut le bonheur de s'emparer, après une courageuse lutte, d'un éclaireur tout chargé d'or. » (Febrer, troba 9).

Adillan (Stevan d*) V. — Adillan était un château-fort de la vicomte de Béziers. Stevan ou Etienne d' Adillan avait suivi, sans doute, en Catalogne, son suzerain Trencavel le faydit (le proscrit).

Agramunt (Jacques d'). — « Sur champ bleu, une montagne dorée avec une fleur de lis, tel est l'écu que Jacques* d'Agramunt porta de France. Il est issu d'une des maisons des douze pairs, sa descendance est certaine et bien prouvée. Il accourut à Teruel à la tête d'une troupe de cavaliers lorsque le roi en Jaume voulut commencer la guerre avec une petite armée contre les Sarrasins de Valence. Comme un valeureux espagnol, Agramunt servit nuit et jour avec intrépidité, il était le guide de l'armée. » (Febrer,^ troba 11).

Jacques d' Agramunt, d'Agramont ou d'Aigremont était-il un cadet d'une famille de pairs de France, qui en allant chercher des aventures au delà des Pyrénées, aurait changé ses armes et son nom? Il est permis d'en douter. Tout ce qu'on peut supposer pour justifier l'assertion de Febrer, c'est que ce chevalier descendait par les femmes

' En est à pea près Téqui valent catalan du don espagnol.

^Jaumet diminutif du prénom Jacques {Jaume en valencien et en catalan postérieur au XIII» siècle).

' Une pièce de vers, œuvre d'un troubadour {trobador), est une troba. Chaque strophe de Touvrage de Febrer forme un tout complet, une troba qui porte un numéro d*ordre.

* Hien ne nous indique si le poète veut parler ici de Toulouse, en Languedoc, ou de la petite ville de Tolosa^ en Biscaye. Dans le doute, nous avons cru cepcndan devoir donner cette troba.

» Il est à remarquer qu'ici Febrer a conservé à ce prénom sa forme française.

d'une maison de grands vassaux de la couronne. Dans la répartition de Mayorque et dans celle de Valence, on trouve au moins six individus distincts du nom d'Agremont ou Agrimont, en latin de Acrimonte ou de Acromonte^ mais l'un d'eux est désigné comme étant de Lérida et d'autres appartiennent à une famille Navarroise du même nom établie à Mayorque depuis la conquête.

Aldebert, provençal [provincialis] V.

Almeric, périgourdin [petragoncensis\ qualifié magister dans la rép. de V. On trouve plus bas dans le même registre J. Almeric, sans autre indication.

Amyell en latin Amelii (Pierre), archevêque deNarbonne de 1225 à 1245, se distingua au siège de Valence. « L'un des premiers, dit le roi Jacques dans la chronique qu'il nous a laissée, arriva (devant Valence) l'archevêque de Narbonne avec onze chevaliers et onze cents * hommes à pied, il avait nom P. Amyell.» Et plus bas : « sur ce, Farchevêque de Narbonne, qui était homme courageux, nous demanda pourquoi nous restions là comme qui ne fait rien '.» Ce prélat, dont le nom ne figure pas cependant dans le libro de repartimiento de Valence, rqçut de nombreuses donations dans ce royaume comme le prouve une lettre du roi Jacques le Conquérant, du 5 des ides de janvier 1252 (9 janvier 1253), rapportée dans le tome VI de la Gallia Christiana {Inst. col. 65). Il existait une famille d'anciens gentilshommes du Lauragais du nom d' Amyel ou Amiel, qui possédait les seigneuries de Tréville et de Ferais. En 1207 et en 1219, Pierre Amyel était consul ou capitoulde Toulouse, plusieurs personnages de ce nom ont été revêtus de la même charge du xni* au xvi" siècle. (Voy. La Faille, Traité de la noblesse des Capiiouls — Brémond. Nobiliaire toulousain).

Nous ne connaissons les armoiries d'aucune famille de ce nom.

Antist (Arnaud) — « En Arnau Antist, qui vint de France à cette conquête, partage son écu en deux parties égales qui sont symétriques. Dans la première il a placé au milieu d'an champ rouge une fleur de lis qui lui appartient par droit héréditaire, et dans l'autre sur champ d'or la tête d'un roi maure noir, (signe) que sa valeur a gagné dans une bataille. Ses importants services, le roi votre père vous les auraitdits mieuxque moi, car il savaitque devant lui le Maure le plus vaillant montrait les épaules.» (Febrer, troba 49).

^ Quelques manuscrits porteut « six cents hommes & pied ». « Chronique du roi Jacques I", chap. CLXXVI et CLXXVIII.

D*après Yiciana, un membre de la maison Antist qui se distingua à la prise de Xaliva était originaire de la ville de Lérida. Cet historien lui donne pour armes : de gueules à la fleur de lis d'or.

Argilers [Ferrarius de) V. — Probablement de la famille des seigneurs de Fun des villages du nom d'Argelés en Bigorre ou en Roussillon, peut-être d'Argeliers qui fait partie aujourd'hui du département de PAude, ou d'Argelliers, situé dans celui de l'Hérault.

Arnald ou Arnau (A.) de Montpellier, V.

AssALTT (Guillem de) M. — Uun des principaux chefs de l'armée conquérante de Mayorque. Le roi lui donna Tune des maisons qu^ lui étaient échues dans le partage. Guillem, Cécile et Martin Ferez de Assalit, V.

On trouve le nom d* Assalit en Languedoc dès le xu" siècle (Voy. D. Vaissète, Hist. de Languedoc^ édit. in-f , t. III, p. 91), en 1168, Gilbert d' Assalit, grand-maître de Malte, portait pour armes : d'azur semé d'étoiles d'argent, au lion du même. (Voy. Vertot, Hist. de Malte^ et Saint-Allais, V Ordre de Malte.)

En 1424, un Robert d' Assalit, capitoul de Toulouse, portait d'azur au chevron d'or, à la bordure d'argent. Une famille de Poitou dii nom d' Assailly , qui dit avoir une origine commune avec le grandmaître de Malte Gilbert d' Assalit, porte de gueules à trois lis de jardin au naturel.

AviLA (Pierre de) — « En Perot de Avila , sur champ rouge , porte dans son écu la petite croix que l'on appelle tau, de couleur bleue, qu'il borde d'une ligne d'or pour la faire plus belle et parce qu'une couleur sur une autre fait des armoiries imparfaites. Il vint de France avec gens de cheval quand le siège fut mis devant Burriana. Le roi votre père lui donna une grande part dans cette expédition en voyant sa valeur, et lui accorda l'autorisation qu'il avait demandée de fortifier le lieu de Forcall. Cet ouvrage fut mené à si bonne fin que rien n'y manqua. » (Febrer, troba 65).

Martina de Avilla, V.

AviNiONE, AviNON OU AviNNON [MathxBus^ A^ Bertran^ Berenguer de). V. Evidemment nom d'origine.

G. de Avinione, jongleur, et sa femme Guascheta, figurent aussi dans la répartition de V.

Baldovi, Baldoin ou Badoin, de Marseille, M. — Pelegrin et Geraubert Baldovin, aussi à M. — BaldovinuSyY.

Bar (Pierre), de Montpellier, M. Il fut Fun des quatorze prud'hommes choisis par le roi pour procéder à la distribution des terres arrosables des environs de la ville de Mayorque*. Quelques généalogistes font de ce Pierre Bar le chef de la famille Barcelo, dont les armes sont : (Tazur^ au navire au naturel flottant sur une mer du même, accompagné en chef de trois étoiles d^argefit et en pointe d'une tête de Maure traversée cPun cimeterre. (Bover : Nobiliario Mallorquin).

Barbera (Jacques). — « Trois fasces vermeilles et trois d'argent avec des mouchetures d'hermine noires, c'est ce qu'a peint sur son écu Jacques Barbera, qui avec une frégate partit de Marseille et ravagea les côtes la mer sans laisser en repos les Maures de la terre qui s'avançaient pour pêcher et qu'il pourchassait légèrement. Quand les Sarrasins de Valence envoyèrent des galères au secours de Mayorque, la vue du Marseillais les frappa d'épouvante, et craignant sa valeur^ ils firent force de rames et mirent les voiles au ,vent » (Febrer, troba 79.)

Jazpert de Barbera, l'un des principaux seigneurs de la cour du roi Jacques le Conquérant, prit part aux expéditions de ce prince. C'est lui qui, d'après quelques historiens, fut chargé au siège de Mayorque de l'organisation et de la direction des engins de guerre destinés à battre en brèche les murs de la place. Ce Jazpert de Barbera paraît être le même que Chatbertus de BarbairanOj probablement seigneur du village de Barbairan ou Barbaira dans la sénéchaussée de Carcassonne, et que mentionnent plusieurs documents rapportés dans l'ouvrage que M. Mahul publie sous ce titre : Cartulaire et archives de Fancien diocèse de Carcassonne (t. I, p. 296). On trouve des traces d'une famille de Barbaira ou de Barbairan dans le village de ce nom, depuis le commencement du xii* siècle jusqu'au miUeu du xiii"; Saint-Allaîs [Nobiliaire universel de France j t. VIII, p. 297) rattache à cette famille celle de Barbeyrac, qui existe encore de nos jours et pour laquelle la terre de Saint-Maurice, en Lan-

* Voyez n» liv., février 1866, p. 4».

i La capitale de la plus grande des Baléares porta jusqu'au xv« siècle le nom de Mayorque ainsi que l'Ile elle-même. Plus tard on lui donna le nom de Palma sous lequel elle est connue aujourd'hui.

gaedocy fut érigée en marquisat en l'année 1753. La maison de Barbeyrac de Saint-Maurice porte : de gueules, au cheval gai d'argerUj au chef cousu d'azur^ chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles d'or,

R existe en Catalogne plusieurs villages ou châteaux du nom de Barbara ou Barbera ; les armes fascé d'hermines et de gueules de six piêceSj que Febrer attribue à Jacques Barbera, appartiennent aussi au village de Barbara en el Vallès. Un nobiliaire catalan par don Pedro Costa, manuscrit du siècle dernier, dont nous devons la communication à l'obligeance de notre excellent ami, don Manuel de Bofarull y de Sartorio, archiviste de la couronne d'Aragon, signale un Pierre de Barbara en 968, et un Bernard Berenger de Barbara en 1099. On trouve d'ailleurs dans V Histoire du Languedoc de dom Vaissete (t. H, pr. col. 254), à l'année 1066, un Berengarius de Barbarano.

Outre Jazpert de Barbera, il y avait à la conquête de Mayorque Pierre- Aman et Dalman de Barbera (Chronique de Bernât d'Esclot, chap. xxxn, etChroniquedu roi Jacques, chap. lix). Dans la réparr tition de V., figurent P. et B. de Barbera, G. de Barbera, clerc ; Stephayius de Barbarans et ailleurs de Barberano^ et Dominicus de Barbaranoy Br. Ferrer et Guillem de Barbaran.

Bardaxi (Joan). — « Les trois fasces bleues sur champ d'or de cet écu sont les antiques insignes de Jean Bardaxi, dont les nobles ancêtres sont venus de France et ont servi avec zèle devant Huesca, En Pierre I, qui les fit seigneurs feudataires de Candie. Celui-ci a servi aussi votre père*, puisqu'il a reçu en récompense les biens d'Alcolecha, de Beniafé, de Salem, avec la Foya et Benicolet. Son petit-fils possède des maisons à Valence. » (Febrer, troba 80.)

P. B. et Dominicus Bardaxin ou Bardoxin. V.

Bas (Jacques) — « Cet écu bleu avec la fleur de lis toute d'or et un chevron d'argent est celui de Jacques Bas, venu de Paris à notre conquête. Il servit à ses propres frais comme un des plus vaillants. Il est d'antique lignée et de riche maison, car en France il était puissant. Le roi votre père, lorsqu'il voulut marier votre sœur*,

* Dans tout le cours de son poème, Febrer 8*adre3se au roi d'Aragon, Pierre UI, fils de Jacques le Conquérant.

* n s'agit ici du mariage d'Isabelle d'Aragon, fille du roi Jacques^ avec Philippe le Hardi, fils aîné de Saint-Louis. Quant à la prétendue mission de Jacques Bas^ elle

lui transmit tous ses pouvoirs et l'envoya pour signer le traité en son nom. » (Febrer, trob. 81.)

Bastal ou Bestal, de Marseille. M.

Bataller. « Ramon Battaller a peint sur son écu une lance d'or à laquelle tient un bouclier d'argent^ et au milieu il a placé une belle rose en champ rouge. Cette devise montre bien clairement qu'avec lance et bouclier il doit combattre comme firent ses aïeux. Il vint de France avec gens de Toulouse pour renforcer le siège de Murcie et il y laissa la vie. Vous devez récompenser son fils qui vous a servi. » (Febrer, trob. 82.)

D. Joaquim Maria Bo ver, dans les planches qui accompagnent son édition des ttobas de Febrer, a dessiné ainsi qu'il suit les armoiries de Ramon Bataller si obscurément décrites dans la troba qui précède : de gueules^ à la lance dUor posée en pal, à laquelle est attachée par une courroie du même un bouclier d'argent y chargé d^une rose au naturel.

Beceda (P.) V. — n y avait à cette époque à Montpellier une famille bourgeoise de ce nom.

Belenguer (Guillem). — « Guillem Belenguer vint de Toulouse (ou de Tolosa) ; soldat de fortune, il réussit auprès du roi en Jaume, grâce à un fait d'armes qui le fit connaître près de Mira-Rosa. Le roi lui donna Tollo et Capaimona. Il portait Fécu écartelé avec une croix de saint Antoine sur champ d'or et un château d'argent sur champ rouge. Le roi lui confia la garde de son sceau et il jouit dans Alacant de maisons et de terres en qualité de conquérant. » (Febrer, trob. 84.)

Nous devons, à propos de ce personnage, répéter l'observation que nous avons faite à l'article Abello.

Belmont (Ramon de). — <c La présente montagne en champ rouge avec des étoiles d'or, c'est ce que portait sur son écu Ramon

est démentie par la convention conclue à ce sujet à Gorbeil, le samedi, veille de la Pentecôte de Tan i 258. Cet acte, que nous avons sous les yeux, mentionne comme envoyés chargés de la procuration du roi Jacques, Arnaud, évoque de Barcelone , Guillem, prieur de Sainte-Marie de Corneillan, et Guillem de RoqjiAléuil, lieutenant du roi d'Aragon à Montpellier. 11 serait possible que Jacques Bas eût faltNparlie de la suite des ambassadeurs ou eût été chargé d'une mission d'une moindre importance se rattachant au môme mariage.

de Belmont, soldat français, qui s'est trouvé au Puig*, où il reçut de nombreuses blessures. Pour qu'il put se guérir en paix, le roi votre père l'envoya peupler Benicarlo avec des gens de Provence, voulant qu'il y construisît une forteresse pour protéger les navigateurs inquiétés par les pirates qui font leur métier de voler. » (Febrer, trob. 87.)

D'après la gravure de l'édition Bover, les armes de Ramon de Belmont seraient: de gueules, à la montagne d'argent, accompagnée de trois étoiles du même rangées en chef.

Benach (Domingo de) et P. Benasc. V.

Benac en Bigorre porte : parti de gueules, au lièvre courant (Tor en bande, et dazur, à deux lapins dCor.

La maison de Benac comptait dans les rangs de la noblesse de Bigorre au xni* siècle, et il est probable que les noms mentionnés dans la répart, de Y. se rapportent à deux de ses membres.

Benavent (Pierre). — « Dans un écu d'or un moulin à vent avec les portes et les fenêtres bleues et les ailes rouges, c'est ce que Pierre Benavent portait pour insignes lorsqu'il vint avec h gent de la Viguerie dite de Carladès. Le roi le récompensa en lui donnant à Ayora maisons et domaines pour qu'il les peuplât comme cbef, qu'à toute heure il fît sentinelle contre la gent maure et qu'on le trouvât toujours veillant et immobile. Il mourut en combattant au pied d'un chêne. » (Febrer, trob. 89.)

Il y avait en effet dans le pays de Garlat une maison de Benavent alliée à la maison comtale de Rodez, et dont les armes sont ainsi blasonnées dans les armoriaux français : d'argent, à trois bandes de gueules, au chef d^ azur, chargé d un lambel de trois pendants d'or. Ce sont ces armes que les membres de la famille de Benavent continuèrent à porter dans les siècles suivants.

Il est bon de rappeler à cette occasion qu'au xni* siècle, les armoiries n'avaient pas encore la fixité que l'usage leur attribua par la suite, et qu'elles variaient souvent dans la même famille.

n existait en Aragon une famille de ricos-homes de Mesnada ^, du

1 An Puig de la Cebolla où se liTra une des batailles qui décidèrent de la prise de Valence.

* Les ricos'homes et plus tard ricos-hombres sont les grands barons espagnols. Dans les cortès d'Aragon ils formaient un ordre distinct du reste de la noblesse et qui ue se composait d'abord que de douze individus, investis de cette prérogative

nom de Benavente, dont nous ne connaissons pas les armoiries (Voy. Blancas, Rerum arago?iemium Commentarii). Nous ignorons si elle a quelque rapport de parenté avec les Benavent du Carladès.

Beneito (Ramon). — « Voici Técu de Ramon Beneito. Dans un champ rouge il a pour emblème un agneau ou agnus de ceux que le pape a coutume de bénir avec solennité le jour de Pâques. 11 (Ramon Beneito) se déclare Français en posant une fleur de lis d'or sur l'agneau. Le roi lui donna le château d'Alcoy pour qu'il le défendit, et lui abandonna celui de Miranbell, pour qu'il y fît sa démeure. Aujourd'hui, il se trouve à Biar, où il possède un beau domaine. » (Febrer, trob. 90.)

Bernât (Andreu). — « Andreu Bernât porte l'écu en trois tiers : sur la plus haute partie est peint un roc (d'échiquier) d'or en champ rouge; dans le second tiers, il porte une croix de saint Antoine en champ d'or : la partie inférieure contient sur argent un chien qui marche. Il vint de Toulouse (ou de Tolosa) avec chevaux et gens. Il se trouvait à Morella, où il combattit si vaillamment, qu'il acquit dans tout ce pays la renommée d'homme courageux et habile. Il fut honorablement récompensé. » (Febrer, trob. 93.)

Même observation qu'aux articles Abello et Belenguer.

Bernau de Castellet (Guillem). — « Un écu écartelé; en champ bleu un château d'or, et sur or un cerf de saphir, c'est celui que portait En Guillem Bernau, dit de Castellet. Il se trouve qu'il descend d'une très-célèbre lignée de Narbonne, puisque les Cervellon se disent ses parents. C'est un homme valeureux et de grand courage au combat. Le titre de noble dont il jouit l'élevait au-dessus de la troupe qu'il amena avec lui de Tarragone. » (Febrer, irob. 94.)

Béziers (Trencavel, vicomte de) cousin-germain du roi Jacques, se réfugia à la cour d'Aragon lorsqu'il eut été dépouillé de ses domaines à la suite de la croisade contre les Albigeois. Il parait avoir

par droit de naissance ; c*étaient les douze ricos- homes de naturaleza, Jacques le Conquérant, pour aJaiblir Tinflucnce de cette caste toujours en lutte avec la royauté, y fit entrer par un véritable coup d'état des seigneurs à qui leur naissance refusait ce droit, c'étaient des mesnaderos, c'est-à-dire des chevaliers de la mesnada (en vieux français mesnie), de la compagnie du roi. On donna à ces nouveaux ricoshomes le nom de ricoS'homes de mesnada pour les distinguer des ricos'homes de na^ turaleza.

pris part aux expéditions coBtre les Maures d'Espagne , bien qu'on ne trouve pas son nom dans les libros de repartimiento. Armes : fascé dlor et d^ hermines,

BiNNOs (G* de). V. — La maison de Binos dans le pays de Comminges porte: d'or^ à la roue de gueules surmontée d'un chardon de sinople.

Boix (Pierre) — « De Tarbre appelé buis, prit son nom et ses armes un vaillant Français né à Pau, cité de bon renom. On l'appelait Pierre Boix et il jetait l'alarme au rpilieu des Arabes et des Maures, lorsqu'ils voyaient son pavois. Il prit part à la guerre parmi les Templiers. Gomme chevalier, il fit peindre un buis vert sur un champ d'argent. Il fit de grands ravages dans toute la contrée et dans les pays montagneux qui sont dans la sierra appelée de Binroma, à Alcala, à Xisbert et à Ganet le Vert. » (Febrer, trob. 102.)

GuillemBoy. V.

BoNES GoMBEs (Pierre). — « Pierre Boues Gombes, qui est de Montpellier, vint à la conquête. Homme courageux, il se trouva au Puig où sa valeur se signala. Puis il entra à Valence comme aventurier, servant à ses frais, et fut satisfait des récompenses que le roi lui donna en maisons et en terres. H mit sur son écu deux grandes jambes qui vont se baigner dans la mer sur champ rouge. Il se trouva à Murcie, où vaillant et habile il se distingua contre les rebelles.» (Febrer, trob. 105.)

Armoiries d'après la gravure da l'édition Bover : de gueules, à deux Jambes au naturel, mouvantes chacune de tun des flancs de reçu et se baignant dans une mer d'argent.

BoNiG (Arnau de). — a Arnau de Bonig, afin de traduire une partie de son nom, porte pour insignes dane un champ d'azur des pêcheurs qui tirent de la mer le fiilet appelé volig, avec la chaloupe d'où une quantité de gens tirent le filet. Soldat de fortune, il vint de Provence et eut le bonheur de faire prisonnier le Maure qui commandait à Gaudiel, ce qui facilita au roi la prise de cette place. Pour récompense^ il eut le château de Toro. n a laissé un fils du nom d'Isidore. » (Febrer, trob. 106.)

BoNivERN (Bernard). — « Bemat Bonivem, français de nation, vint des environs de Limoges, avec les gens de sa terre, pour prendre part à la conquête, peu de jours après que le siège fut mis devant

Valence. Il reçut l'ordre, ainsi que Guillem de Moncada, de camper en vue de Pobla Yella^ qui est un faubourg de cette ville. Il assista au siège, se signalant par des actions hardies, et le roi généreux lui donna d'honorables récompenses. Il porte une fleur de lis d'or sur champ de carmin. Il s'empara sans efforts du lieu d'Almoradi. » (Febrer, trob. 108.)

BoRRAz de Foix, V. — Il existe à Mayorque une famille du nom de Borras, que les chroniqueurs du pays font remonter à la conquête et qui porte pour armes : coupé^ en chef émargent an taureau au naturel; en pointe lozangé (Foret de sable.

On trouve aussi . « Borras en Espagne : coupé en chef de gueules au château donjonné d'argent accosté de deux lions affrontés du même; en pointe d^ argent à une mer d'azur agitée du champ. » (Rietstap, Armoriai général de F Europe.)

Bosch (Pierre de). — « En Perot de Bosch, capitaine français, des bois d'Oloron passa en Catalogne où il établit sa maison. Aussi sur son bouclier a-t-il peint cinq fleurs de lis en travers sur champ bleu. Ce sont Iqs armes de sa race. Beaucoup le tiennent pour issu de royale lignée de l'ancienne Gaule, et ses actions le prouvent bien. n se trouva à l'expédition que fit le roi à Murcie, au profit de tous. Ses hauts faits lui méritent une place dans ces trobas. Honorez-le toutes les fois que vous le rencontrerez. » (Febrer, trob. lli.)

Armes, d'après Bover : d'azur, à cinq fleurs de lis d'argent en sautoir. Il semblerait cependant que Febrer veut indiquer des fleurs de lis posées en fasce.

Viciana donne pour armes aux descendants de P. de Bosch : d'azur y à cinq fleurs de lis d^or mises en orle.

P. de Bosch, justicia (juge) de Xativa. V.

Bosco (Bernard del), — « Un tronc sans feuilles, rouge et or dans deux champs qui alternent, voilà l'écu de Bernât del Bosco, capitaine honoré, Bourguignon vaillant, à qui le roi Jaume octroya de nombreuses faveurs, parce qu'il survint avec gens de cheval, à ses propres frais, lorsque tous conseillaient au roi d'abandonner l'entreprise de Burriana, qui était de grande dépense et de plus grand péril, et que tous allaient le quitter, se divisaient en factions et l'abandonnaient. » (Febrer, trob. 112.)

BuRGUNYo (Pierre). — « Fleurs de lis d'argent en forme de bande

sur champ bleu, c'est ce que Pierre Burgunyo a peint sur son écu: Il vint à la conquête pour gagner honneur et renom contre Tinfâme canaille des Maures. Il avait sa maison et ses biens dans la Bretagne^ appelée la Petite, qui est dans la France, depuis que les siens ont abandonné la Bourgogne avec une suite innombrable. Ce qu'il a fait prouve sa valeur et sa race, puisque le roi votre père lui donna des biens à Guardamar. » (Febrer, trob. 117.)

Cabestany (Pierre). — «Pierre Gabestany, qui de RoussiUon descendit à Burriana, servit son roi à ses propres frais. Sa première action à la guerre lui valut renommée : ce fut un défi que selon la loi de ce temps ^ il eut avec un Maure. Gombattant corps à corps, il lui trancha la tète. Plus tard à Valence, on lui fit don de la maison et des terres qui avaient appartenu à Âli-Amet. Il mit sur champ rouge le serpent d'or, tête et fin de Tannée*, et la tête du Maure. » (Febrer, trob. 119.)

Armoiries : de gueules^ à la tête de Maure de sable^ entourée d'un serpent d'or en cercle.

Gahors (Ferrar ou Ferrer de), boucher, et P. de Gaorz. V.

Galbet (B. et R.) et Na ^ Calbeta. V.

Il y avait au xni* siècle dans le Toulousain une famille Galvet, de laquelle était André Galvet, sénéchal du roi de France, mort assassiné par les Albigeois en 1230. Il y a eu plusieurs capitouls de ce nom aux xiv*, xv« et xvu* siècles. Bernard Galvet, capitoul en 1392, portait : d^ argent, à cinq tiges feuillées de sinopky à la bordure componnée de gueules. (Brémond, Nobiliaire toulousain.)

Calvinnac* (M. de). V. — Une maison de Galvignac florissait en Auvergne et en Limousin durant le xni* siècle. Elle parait être issue d'une maison de Durfort, nom que nous trouvons aussi parmi les compagnons du roi Jacques. L'Auvergne et le Limousin semblent,

^ Ces paroles à propos d'au usage si répanda au xm* siècle qu*il ne devait pas attirer Tattention du poète, prouvent ce que nous avons dit plus haut que les trobas de Febrer ont été modifiées, du moins quant à la forme^ dans des temps relativement modernes.

* Le serpent qui se mord la qucue^ symbole de Téternité.

' Na est le féminin de en et correspond au dafïa espagnol. *

* Le redoublement de la consonne n entre deux voyelles a précédé en Espagne remploi du tilde sur la môme lettre (n) pour représenter le son du gn français. Oû a aussi employé l'y après le n, forme qui s'est conservée dans la langue catalane .

du reste, avoir fourni un contingent assez considérable aux expéditions catalano-aragonaises.

Les armoiries de la maison de Chalvignac ou Calvignac nous sont inconnues. (Voy. Bouillet, Nobiliaire d^Auvergne, t. II, p. 97.)

Canet (G.) d'Anduze. V.

Capons (Ramon). — a En Ramon Capons, catalan fameux, pour rappeler son nom porte ingénieusement pour devise deux chapons sur son bizarre écu. Le champ est d'argent, et entre eux est une rose qu'ils becquettent. L'ancien manoir d^ ce gentilhomme est à Perpignan, d'où il est allé se marier à Vich. De là, il est venu commander un corps de troupes contre l'ennemi lorsque le Puig fut conquis sur les Maures. Plus tard, il a reçu des domaines à Valence. «.(Febrer, trob. 129.)

Caramany (Bertran). — << En cette occasion, combattit vaillamment Bertran Caramany, qui était compagnon de Jean Zaportella, né comme lui à Montpellier. Le roi victorieux fut content de ses services, mais il retarda la récompense à cause de l'expédition de Valence. Pendant le siège, ce soldat fit des choses admirables. Le roi le complimenta en voyant les Maures fuir à son aspect. En entrant à Valence, il l'arma chevalier et lui donna (pour armoiries) un lion sur champ vert. » (Febrer, trob, 130.)

n y a en Espagne une famille Caramany qui porte pour armes : (ToVy au chef de gueules.

P. de Caraman. V.

11 existait au xni® siècle dans le Toulousain une maison de Caraman qui possédait la petite ville de ce nom et portait pour armes : de gueules j à la tête de Maure au naturel.

Carbonel (B.) V. — c( C'est peut-être le troubadour Bertran Carbonell, » dit D. Manuel Mila y Fontanals, dans son intéressant ouvrage intitulé : De los trovadores en Espafta, p. 259. Bertran Carbonell était de Marseille.

Il y avait en Auvergne une famille de Carbonnel dont les armes étaient : de gueides, à trois panaches d*or.

Un Carbonel était consul de Toulouse en 1199.

Il y a en France d'autres familles de ce nom auxquelles ne paraissent pas se rapporter les indications du libro de Repartimiento de Valence.

Carcasés (A.). V. — Nom qui signifie de Carcassonne et indique vraisemblablement l'origine de l'individu auquel il se rapporte.

Garcassona (Bemat). — « Bernât Carcassona a pris son nom de la cité où il est né. C'est de là qu'il vint quand le roi s'avança vers le château du Puig. Il porte sur son bouclier en champ d'or un petit oiseau peint de vert et de rouge. Il aida à Valence le roi votre père qui le récompensa en lui donnant dans la ville de nombreuses possessions. Il les a laissées à son jeune fils; il sera juste que votre seigneurie le défende si quelqu'un cherchait à lui nuire. » (Febrer, trob. 132.)

P. Remon, Marti, Monreyal et Guirald de Carcassona. V.

On trouve Carcasona, en Espagne : (Tor, au lion de gueules la queue fourchée. (Rietstap, Armoriai général.)

Cardona. — « De Pépin le Grand, qui de majordome vint le premier (de sa race) roi de France et de Neustrie, descend ce rico home dont la lignée porte le nom de Folch et Cardona. Il possède à bon droit le titre de vicomte de Cardona, depuis le temps où Barcelone fut conquise sur les Maures. Trois cardons dorés en champ vermeil, lui furent donnés pour armes par Charlemagne. Lorsque cet empereur se trouva à Solsona, il lui donna les deux villages de Subirats et d'autres lieux qu'il avait conquis. » (Febrer, trob. 133.)

L'illustre maison Folch de Cardona, qui a joué un si grand rôle en Catalogne à diverses époques et particulièrement sous le règne de Jacques le Conquérant, doit trouver place ici, non point à cause de la tradition dénuée de preuves que rapporte Febrer, mais parce que, tandis que les branches espagnoles s'éteignaient et laissaient passer le titre de duc de Cardona * à diverses maisons de la Péninsule, une branche puînée s'établissait en France, où elle est encore représentée par M. le baron de Cardon de Sandrans. Des lettres patentes de Henri IV, publiées in extenso par Saint- Allais dans le tome XVI de son Nobiliaire universel, ne laissent aucun doute à cet égard.

La branche de Cardon de Sandrans porte : rf'or, à trois /leurs de cardon au naturel.

1 Ce titre auquel est attaché la grandesse, est porté aujourd'hui par le duc de Medioaceli de la maison de Villanueva-Feruandez de Gordova.

Guillem Folch, vicomte de Cardona, et Ramon Folch son fils; un autre Ramon Folch de Cardona, maître du Temple^ et divers autres membres de cette famille, sont mentionnés dans les documents relatifs aux conquêtes de Mayorque et de Valence.

Carrio (P.). V. — La maison de Carrion de Nisas tient par tradition que ses auteurs, originaires d'Espagne, seraient venus s'établir, vers 1094, dans les environs de Réziers, en Languedoc. Elle porte pour armes : d'azur à une tour d^ argent ^ donjonnée de trois tourelles du même^ maçonnée et ouverte de sable. (Voy. d'Hozier, Armoriai général de France^ II© registre. — L. de La Roque, Armoriai de Languedoc^ t. II, p. 69.)

Casanova (Pierre). — « Perrot Casanova vint de Paris, et dans un champ vermeil il a peint sur son écu une belle maison avec sa fleur de lis, afin de se distinguer de ce bandit que le roi fit pendre pour être venu de Cuença avec le dessein de soumettre les Maures de Xativa à la Castille. Celui-là (Pierre de Casanova) se trouva au Puig et à Estibella. Il enleva aux Maures de Torres-Torres les provisions qu'ils envoyaient à Valence. Ils prirent tous la fuite en les laissant en son pouvoir. » (Febrer, trob, 137.)

Caucholibero (J.-F. de), c'est-à-dire de Colliourss. V. — Il y avait au xiv* siècle, à Valence, une famille de Colibre. (Voy. Viciana, Historia de la ciutad de Valencia^ 2* partie, article Cruylles.)

Cava (Pierre). — c< Le château d'argent sur champ bleu avec son fossé [cava) autour, appartient à Pierre Cava qui vint de Pau, lieu de Catalogne, et porta ces insignes qui font connaître le nom de sa famille. Il servit à Orihuela, puis à Murcie; il acquit le renom d'homme fort et vaillant. Le roi votre père annonça à Alphonse * une victoire certaine s'il faisait ce que conseillerait Pierre Cava, parce qu'il connaissait son expérience et la valeur de sa troupe. » (Febrer, trob. 153.)

Arnaldo de Caba. V.

Cervato (Arnaud). — c< Arnaud de Cervato a mis dans son écu deux cerfs dorés sur un champ bleu. Il vint de Provence avec trente

1 Alfonse X, roi de Castille, pour le compte duquel se faisait Texpédition de Murcie.

soldats à sa suite. Il les payait^ car il faisait la guerre à ses frais. Quoique bègue, il parlait vite, ce qui est une preuve de vaillance. Il déploya son courage lorsqu'il fut envoyé au butin vers Torrent pour chercher des vivres ; il passa à Picacent et fit de si bonnes prises qu'il devint riche, outre ce que le roi lui donna.» {Fehrer, trob. 158.)

CiVERTO (Jacques de). — « De Saint- Jean-du-Port * accourut Jacques de Giverio, qui déclara avoir du même sang que saint Roch. n est proche parent de votre père et vint le servir avec une nombreuse troupe devant les murs de Valence. Il porte une yeuse sur champ d'or avec un chien qui y est attaché par une chaîne. Il fut la ruine de la gent païenne, il la mit en déroute devant Murcie en lui livrant bataille. Son fils attend de vous sa récompense. f> (Febrer, trob. 169).

Claret (Bertran R. et J. de). V. — En 1216, B. de Clareto était précepteur de l'ordre du Temple, en Catalogne (Voy. Jacme /, tome I, pièces justificatives, p. 442.)

On trouve en Languedoc au xm® siècle plusieurs individus du nom de Claret (Voy. Bist. du Languedoc, édit. in-foL, t. III, preuves, col. 135, 187, 217, 321, 485, 490). Ily a un village de ce nom dans les environs de Montpellier, et un autre en Provence, près de Sisteron.

Climent (Jean). — « Cet écu rouge avec un chevron d'or et trois poires dorées placées tout autour pour Tembellir est de Jean ( Jiment. Il vint de Provence, pour son honneur, amena à ses frais une troupe avec laquelle il servit jusqu'à ce que Valence se rendît au roi. On lui donna les récompenses dues à son courage. Au lieu d'Altura il a fait sa résidence, car ses soldats s'en retournèrent sans lui, riches et puissants du butin qu'ils avaient fait.» (Febrer, trob. 173.)

Clément. V.

CocH ou Coq (Durand), de Barcelone. M. — C'était, d'après Bover, un gentilhomme d'origine roussillonnaise, établi à Barcelone. Il suivit Jacques I à la conquête de Mayorque.

Armes : de gueules à trois besants d^or. (Voy. Bover, Nobiliario mallorqum, et Memorias sobre lospobladores,)

Berenguer Coc. V.

* Saint-Jean Pied de-Port.

AUX EXPÉDITIONS DE MAYORQUE ET DE VALENCE. 2l

CoLOM (Guillem). — «Uue colombe blanche sur champ vert, c'est ce que porte pour armes en Guillem Colom , à qui le roi donna le lieu de Carpera pour ses bons services, en lui faisant la promesse de lui donner la charge de majordome. Il était provençal et de si grand courage, que trouvant endormies deux sentinelles maures d'Almansa, il les chargea sans bruit sur son épaule, et comme un berger qui porte des brebis, il courut les déposer aux pieds de son roi. Il sera juste que vous ayez confiance en lui. » (Febrer, trob. 175.)

G. Colom, Bernardm Colom, Maria et D. de Colom, V.

CoLOMA (Pierre de). — « A votre service, vous avez eu un Français en qualité de page, à qui la barbe ne paraissait pas encore au menton. Il portait sur son écu une bande d'or en champ bleu, posée entravers avec deux colombes (car je l'ai entendu appeler Pierre de Coloma) et autour en champ d'argent les huit taus bleus en souvenir de sa mère. Par son sang, sa valeur, il est digne de l'honneur qu'il a reçu de vous, et ses brillantes qualités ont attiré sur lui l'attention de votre père. » (Febrer, trob. 176)

CoLOMER (Guillem). — « Guillem Colomer servit à Burriana, soldat de fortune venu du Carladès ; il eut du bonheur dans l'expédition de la Plana^ puis à Valence, à Silla et à Solana. Près de Picacent, il prit deux troupeaux de bœufs et de mulets. Il reçut la récompense qu'il avait méritée à Ontenient, où il repose à présent. Il portait sur son écu un château blanc avec un beau colombier qui fait discrètement connaître son nom, le tout sur champ bleu, avec un lion en champ d'or, comme vous le voyez, ici. » (Febrer, trob. 177.)

G. Colomer, qui figure dans la répart, de V., y est dit d'Almenara (de AlmenarioJ.

CoNDOM (Guillem, Vital et Michael de). V.

CoNiLL (Ramon). — « Un lapin * noir sur champ d'argent indique le nom de Ramon Conill. Il vint de Marseille avec un frégate armée à ses frais. Avec elle il maltraita les Maures du rivage, s'exposant à être capturé par les galères qui vinrent de Tunis à leur secours. Le roi reconnaissant le récompensa en terres et en maisons. Ceux

* Ed langue romaoc coniil.

d'Alger ayant fait des menaces, il marcha à leur rencontre sans les craindre et leur prit plusieurs croissants. » (Febrer, trob. 178.)

Ramon de Cunills ou Cuniles de Tortose, chef de la maison de Cunilleras, de Mayorque, figure dans la répartition de cette ile. Les armes de ses descendants sont : (tor^ au lapin sautant de sable. (Bover, NobiliariOy et Memorias sobre los pobladores.)

B. de Conil, de Tortose. V.

Conques (Pierre de), de Montpellier. M.

On trouve' plusieurs individus du nom de Couchas parmi les consuls et les bayles de la ville de Montpellier au xin^ siècle. (Voy. Germain, Hist. de la commune de Montpellier, t. I, pièces justificatives, p. 377 et suiv.)

Creixell {Jacobus de). V.

Creyssell était une ancienne vicomte du Rouergue. Jean de Creyssel prit part à la sixième croisade d'Orient. (Voy. de Barrau, Documents sur le Rouergue, t. I, p. Iî5.)

Crescher, juif de Beaucaire. V.

CuBELLs (Jean). — « Jean Cubells, qui vint de France, portait sur son écu en champ d'argent une fleur de lis verte. Soldat valeureux, il était à Burriana quand les assiégés voulaient détruire le funebol * qui se trouvait près des murs. Il se porta à la porte avec trente cavaliers et empêcha la sortie de cette canaille. Plus tard, au Puig, lorsque Zaen^ livra bataille , il exhorta ses soldats à combattre pour ne pas mourir. » (Febrer, trob, 188.)

Un Arnaud de Cubells, qui paraît d'origine espagnole^ se trouva aux conquêtes de Mayorque et de Valence ; Febrer lui a consacré la troba\i%.

P. de Cubells, B. de Cubells, Nunon P. de Cubells, notaire de l'ordre du Temple (scriptor Templi). V.

Daude (G.). V. — Le nom de Daude figure au xni^ siècle dans la liste des consuls de Montpellier (Voy. Germain, Hist. de lacomm. de Montp.y 1. 1, p. 377 et suiv.).

^ Espèce (le baliste à cordes qai lançait des pierres de grosse dimension. ' Abou-Djomaïl ben Zeyan, émir de Valence.

Dezlech (R.), de Montpellier. V.

Bartholomeiis Dezlec et R. Dezlet. V.

DoMENECH (Jean). — «Cet écu de sinople, avec un chien rampant de couleur d'argent, soutenant la bannière rouge qui triompha des Sarrasins à Tattaque subite du Puig^ c'est celui de Joan Domenech, qui vint de France, comme le fait voir clairement la fleur de lis bleue que le chien a sur la tête. Ce fut un vaillant soldat, et avec ce qu'il enleva aux Maures, il laissa son fils Luis riche et puissant dans Toris. (Febrer, trob. 205.)

Viciana mentionne cette famille comme existant encore à Valence de son temps. Il la dit originaire de Catalogne et lui donne pour armes : de sinople^ au lévrier d! argent tenant en sa gueule une fleur de lis du même et soutenant de sa patte dextre une bannière de gueules dont la hampe est surmontée d'une croix.

Plusieurs individus de ce nom figurent dans la répartition de V. entre autres un Johannes Dominid.

DoRiLS (Jacques). — « En Jacques Dorils, chevalier français, a peint sur son écu une carafe d'or en champ de gueules. Afin de gagner du renom, il promit de s'emparer de Villafamés sans s'effrayer des fortifications de ce château. Il s'habilla comme un Maure, et un matin, au moment où un soldat ouvrait la poterne, il entra de force accompagné seulement de six hommes vaillants de sa suite, et accomplit son dessein, qui lui valut des louanges. » (Febrer, /roi. 207.)

DuRFORT (Raymond). — « En Ramon Durfort, pour faire allusion à son nom et à ses actions, a peint pour armoiries, sur un champ bleu, un château très-fort avec un lion d'or qui en raclant les murs avec ses griffes cherche à s'y accrocher, et la devise dit : s'il est dur^ je suis fort. Ce soldat vint de Réarn, comme l'a écrit l'histoire, pour combattre à ses frais, au milieu de l'été, lorsque le siège était déjà mis devant Valence, et il vous a servi contre les Maures révoltés. » (Febrer, trob. 209.)

R. et Rerenguer Durfort. V.

Derenguer Durfort, chevalier de haute naissance, qui faisait partie de la maison du roi, était établi en Catalogne bien avant que son homonyme et probablement parent, Ramon Durfort, fût venu

se ranger sous la bannière du roi d'Aragon. Berenguer Durfort, de Barcelone, fui l'un des deux premiers bayles de Mayorque. (Chronique du roi Jacques j eh. lxv ; Zurita, Anales de la corona de Aragon^ lib. III, cap. vi ; Damoto, Historia del reyno Balearico, p. 227.) En 1239, il était bayle général de l'île. (Bover, Memoria sobre los pobladores.)

En 1240, un Ramon Durfort était bayle de Barcelone. (Archives d'Aragon, parchemin de Jacques I", n"*" 809 et 834,)

Si nous donnons tous ces détails, c'est que ces Durfort paraissent avoir une origine commune avec l'illustre maison de Durfort, trois fois ducale sous les noms de Duras, de Lorge et de Civrac, et dont les possessions, dès le xi* siècle, s'étendaient de l'Agenois et du Quercy jusqu'à Narbonne. Au xin© siècle, des rejetons du nom de Durfort étaient déjà très-nombreux.

Armes : d^azur, à la bande d'or. Quelques branches brisaient d'une bordure d'or.

Enclapes (Martin de). — « Ce poids exact sur champ d'argent, c'est ce qu'a peint sur son écu Martin de Enclapes, qui de Montpellier accourut avec une bonne troupe de gens valeureux. Il fut au siège de Valence, puis il passa à Alicante et à Murcie, contre les Sarrasins. Il souffrit grandes fatigues pendant toute la guerre. Le roi votre père le fit riche possesseur à Oribuela, et là vivent aujourd'hui ses deux fils, honorés dans le pays. Ils ont conquis pour vous la sierra d'Alcaraz. » (Febrer, trob. 210.)

M. Bover a gravé ces armes : d'argent, à la balance en équilibre de.,.

Entenza (Bernard-Guillem d'), fils du seigneur de Montpellier Guillem VIIl, et frère consanguin de la mère du roi Jacques, se fit remarquer par sa bravoure à l'expédition de Valence. Le roi l'avait marié à une nièce du comte d'Ampurias, héritière par sa mère des biens de l'illustre et puissante maison aragonaise d'Entenza, dont Bernard Guillem prit le nom. Ce valeureux chevalier mourut au Puig Sainte-Marie, avant la prise de Valence. Il eut pour fiils Ramon Guillem d'Entenza, sur lequel Febrer a composé la troba suivante, à une époque où le descendant des seigneurs de Montpellier avait quitté l'Aragon à la suite de quelques démêlés avec Pierre III.

« Les trois barres * rouges en champ d'argent que vous voyez dans deux quartiers de cet écu avec les autres quartiers entièrement rouges, sont les armoiries d'en Ramon d'Entenza, qui est votre parent el, d'après ce qu'on lit dans l'histoire écrite par votre père, le fils de Bernard qui défendit le Puig contre le le roi Zaen. Ainsi, il est bon que Votre Altesse veille sur lui et ne fasse rien contre son honneur, bien qu'il ait fui d'auprès de vous pour servir la Castille qu'il a prise pour asile. » (Febrer, trob. 211.)

La maison d'Entenza d'Aragon porte d'après Febrer [troba 212) : parti ou coupé â!or et de gueules. On trouve ailleurs : Entenza, en Espagne, cTor, au chef de sable. Les armes de la maison de Guillem de Montpellier sont d^ argent au tourteau de gueules.

On trouve de nombreux individus du nom d'Entenza à la conquête de Valence, mais ils appartiennent probablement à la maison aragonaise et non à celle des Guillem.

EscRivA (Guillaume). — « Du conseil d'état et de guerre du roi votre père était secrétaire Guillem Escriva, qui jamais ne se trompa en conseillant entreprise ou en fait quelconque, car, se dirigeant avec prudence, il savait éviter tout péril. Il vint de Toulouse, et par sa valeur acquit le lieu de Patraix. Le roi lui ordonna, de mettre sur un champ vermeil, pour indiquer ses grandes soufifrances, des carrés d'échiquier d'or. Il est allé en CastiUe comme ambassadeur. » (Febrer, trob. 218.)

Guillem Escriva ou Scriba, l'un des trois cent quatre-vingts chevaliers qui reçurent des fiefs dans le royaume de Valence et furent appelés chevaliers de la conquête^ figure plusieurs fois dans le Repartimento. U reçut en fief du roi Jacques les revenus de l'ofiice de greffier du justicia (juge) de Valence. Cette concession ne fut pas sans doute étrangère au nom porté par ce chevalier et ses descendants. Viciana dit cette famille originaire de Narbonne et lui donne pour armes comme Febrer : échiqueté d'or et de gueules.

EsPES (Pierre). — « Pierre Espes porte un griffon en champ bleu sur son écu. Le griffon est rouge avec des taches noires. Ce capitaine est de Toulouse * et quand s'égara la flotte sur laquelle il accompa-

1 Pals. Les vieux auteurs espagnols donnent au pal le nom de barra. Ainsi on trouve souvent las barras de Aragon pour les pals d'Aragon. * Même observation qu'à l'article Abello, note.

26 f.ES FRANÇAIS

gnait le roi Jaume à la Terre-Sainte (événement dont je vous ai écrit une relation), il perdit son père et ses fils, et c'est chose remarquable que jamais nous ne verrons tant de démonstrations de douleur : preuve évidente de sa grande âme. » (Febrer, trob. 225.)

L'auteur fait allusion ici à la tentative de croisade en Terre- Sainte du roi Jacques. Une tempête jeta une grande partie des vaisseaux sur les côtes de France et l'expédition fut abandonnée. (Voy. Disertacion kistorica sobre la parte que tuvieron los Espanoies en las guerras de ultramar^ par don Martin Fernandez de Navarrete, dans le t. V des Mémoires de l'Académie royale d'histoire de Madrid.)

EsTANYA (Pierre). — « Deux cygnes qui nagent au milieu d'un étang, sur champ d'or, voilà ce qu'a peint Pierre Estaya, qui vint de Montpellier à la Olleria. Près d'un ravin, il rencontra une femme maure, que des Maures accompagnaient à Benitraher où elle devait se marier. 11 attaqua les Sarrasins avec furie, mais ceux-ci ne soutinrent pas le choc courageux d'Estanya et s'enfuirent lui laissant la femme. Pour ce fait et pour d'autres services, il eut le lieu de Benifloret. » (Febrer, trob. 228.)

EixARCH (Pierre). — « Pierre Eixarch vint de France à Teruel, lorsque le roi en Alfonse l'assiégeait, à la tête d'une troupe d'étrangers. Avec un funebol dressé avant le lever du soleil, Eixarch ouvrit une brèche sans que les Maures pussent l'empêcher et rien ne leur servit de lâcher des taureaux contre les assiégeants par la brèche ouverte. La place rendue, le roi vit qu'il importait de s'y maintenir et ordonna à Eixarch de rester à Teruel et de mettre sur son écu une fleur de lis d'or sur rouge. » (Febrer, trob. 229.)

ExEA [Michael de), chevalier (M&5); J, Pétri àQ Exea, chevalier ; Petrus Jordan, G. Michael, Lupus^ Domingo et Michel Ferez de Exea, Maria de Exea et Dominicus suus vir; Blasco Patriz de Exea, et Frater P. Degea*, châtelain d'Amposta*. V.

Exea est une ville d'Aragon dont le nom a pu être emprunté

^ On sait qu'en espagnol Vx entre deux voyelles, et le g devant Ve et Tt se prononcent l'un et l'autre comme le j\

* La ch&tellenie d*Amposta était l'un des grands prieurés les plus importants de l'ordre de Malte. Il appartenait de droit au chef de la langue d'Aragon, si celui-ci était aragonais ou valencien.

comme indication d'origine par quelques-uns des individus ci-dessus mentionnés ; mais plusieurs, et entre autres le châtelain d' Amposta et ceux qui sont qualifiés chevaliers, appartenaient évidemment à la famille des seigneurs de cette ville. Deux branches de cette famille d'Exea se sont perpétuées jusqu'à nos jours : Tune, celle des marquis d'Exea, a continué de résider en Espagne, et a reconnu en 1811 sa communauté d'origine avec la seconde, établie en Languedoc depuis le xv© siècle.

Armes : échiqueté d'or et de gueules ; la branche de Languedoc y a ajouté : sur le tout de sable j à la barrière de champ-closd^or. (Voy. Laine, Archives de la noblesse^ t. IV.)

Fabreges (A, de). R. et B. de FabriciSy frères, V. — Il y a près de Montpellier un bourg du nom de Fabrègues, dont les seigneurs désignés dans les actes de l'époque sous le nom de de Fabricis, étaient des cadets de la maison de Montlaur. Les armes de cette maison, qui a fourni des évêques de Maguelone et de Béziers, étaient : d'or y au cor d^azur lié de sable. (Dom Vaissète, Hist. de Languedoc, édit. in-f , t. HT, p. 409 ; — D'Aubais, Pièces fugitives pour servir à rHist. de France, t. II, jugement sur la noblesse ; — Louis de la Roque, Armoriai de Languedoc, t. I.)

Il y avait à Mayorque, à la fin du xiii* siècle, une famille du nom de Fabreges encore représentée de nos jours. Ses armes sont : d^azur à la bande cousue de gueules, accompagnée en chef d'une étoile dar^ gent et en pointe (P un château ruiné d'or. (Bover, Nobiliario mal-lorquin.)

Faix (Pierre). — « Les trois fasces bleues que vous voyez placées sur or dans cet écu et disposées en forme de vivres ou de pointes étaient portées par Pierre Faix pour le faire reconnaître, lorsqu'il vint du comté de Foix. Il y a beaucoup à se réjouir de ce qu'il fit pendant toute la guerre, car sa valeur entreprenait des choses qui émerveillaient. Il ravagea les pays de la Sierra d'Ali-Bensoma et amena les habitants chargés de chaînes devant son roi qui lui en fit don. » (Febrer, trob. 232.)

Fenollet (Hugues de). — « Du lieu de Saint-Paul, dans le pays de Fenollet, était véritable seigneur celui qui vint de Narbonne en Catalogne et à qui votre aïeul promit de donner le titre de vicomte de Canet s'il défendait le Roussillon contre les Français. Hugues de

Fenollet s'est trouvé à Xativa, riche et puissant. Il a eu en récompense le lieu de Genovès. Il porte sur son écu une touffe de fenouil posée sur or et il y a ajouté une fleur de lis sur azur. » (Febrer, trob. 236.)

D'après Viciana, la maison de Fenollet ou Fonollet serait venue se fixer en Catalogne à l'époque où les Maures furent expulsés de ce pays.

Saint-Paul de Fenouillet est aujourd'hui un chef-lieu de canton du département des Pyrénées-Orientales.

Feri (Anselme), de Marseille. M.

FiGAC (P. de). V.

FoRCALQuiER (Hugues de), chef de la langue d'Aragon, de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem. Ami particulier du roi Jacques, à l'intervention duquel il devait sa haute position.

Le comté de Forcalquier était passé au commencement du xn* siècle dans la maison des comtes d'Urgel qui s'éteignit, disent les historiens, vers 1208, dans celles de Sabran et de Provence. On sait qu'en vertu d'un arrangement conclu le 29 juin 1220 entre le comte de Provence et Guillaume de Sabran, qui se disputaient le comté de Forcalquier, le titre et le nom de comte de Forcalquier, passèrent à la maison de Sabran. A laquelle de ces trois maisons : Urgel, Provence ou Sabran, appartenait Hugues de Forcalquier, « maître des hospitaliers de Saint-Jean, en Aragon et en Catalogne?» C'est ce qu'il est difficile d'établir d'une manière positive, bien que ses rapports avec l'Aragon et sa liaison avec le roi Jacques semblent faire croire qu'il se rattachait à la maison d'Urgel ou à celle de Provence. Hugues de Forcalquier et les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem arrivèrent à Mayorque après la prise de la capitale, ils en exprimèrent leurs regrets au roi et le supplièrent de leur donner une part dans la conquête afin que a l'ordre de l'Hôpital ne souffrît pas éternellement la honte de n'avoir concouru à si haut fait d'armes^» Hugues de Forcalquier et les chevaliers aidèrent Jacques I dans la conquête du royaume de Valence.

Armes de Forcalquier : de gueules^ à la croix cléchée^ vidée et pommetée d^or, alias cTor, au lion de gueules, couronné du même.

* Chronique du roi Jacques I, chap, Lxxxii.

Franch. — « Sur champ vermeil, fleur de lis d'argent; c'est ce que peignit sur son écu celui qu'on appelle Franch lorsqu'il résolut de venir de Provence à la guerre de Valence. La renommée a publié sa valeur et son nom qu'il fit connaître dans les deux Mayorques \ 11 se trouva auPuig, à Valence, à Albaida, et le roi étant au moment de prendre Biar, les Maures se réfugièrent dans le château, mais Franch qui était habile en choses de guerre les combattit si bien qu'ils se rendirent. Aujourd'hui il habite Alacant. » (Febrer, trob. 246.)

Guillem Franch; G. FranchuSy V.

FusTER (Jacques). — c< En Jacques Fuster servit à Orihuela contre les rebelles de Murcie et de son royaume. Il vint de Montpellier à la guerre et son arrivée causa grand plaisir au roi votre père, qui voulait se venger des torts faits à en Alphonse de Gastille par les Sarrasins. Il (Fuster) peignit sur son écu un soleil éclipsé par une belle lune sur champ bleu ; mais celle-ci ne peut l'éclipser tout à fait, car bien qu'elle soit entière, elle ne peut égaler la grandeur du soleil. » (Febrer, trob. 251.)

Garcia et Berenguer Fuster ; Petrus Fusiarii^ et P. Fusterii. V.

Le nom de Fuster était porté aussi, d'après Febrer, par des individus de Catalogne et d'Aragon [trobas252 et 253). Pelegrin Fuster de Barcelone figure dans la répart, de M.

Gaillac, Gayllach, Gallac ou Gayac. (G. Berenguer et R. de) V.

Un Arnaud de Gallach était, d'après Febrer, originaire de Tortose; mais il est probable que parmi ceux qui portaient le nom de Gallac ou Gaillac quelqu'un se rattachait au Languedoc, où ce nom était très-répandu. Guillaume de Gaillac, Galhac ou Gailhac était consul oucapitoul de Toulouse en 1205 ; Arnaud de Gailhac remplissaitles mêmes fonctions en 1290 et en iid^.Raymundus Arnoldi de Galliaco est mentionné dans le Saisimentum comitatûs de To^ /o5â&del271. (Brémond, Nobil. toulousain,)

Armes de Gaillac en Languedoc : d'azur à une étoile à seize rais d'or, alias à la comète à seize rais d'or, caudée du même.

Garau (Br.) et Garaud sans prénom. V.

1 Mayorque et Minorque.

Berenger Garau, originaire de Perpignan, avait, en 1238, des possessions à May orque. (Bover, Nobil. et Mem. sobre lospoblad.) Les armes de la famille Garau, aujourd'hui représentée à Mayorque, sont : d'or au lion au naturel portant dans sa patte dextreun fouet (Targent,

n y avait au xiv* siècle, dans le haut Languedoc, une famille Garaud dont les armes étaient : de gueules au chef d'or chargé de trois fleurs de lis cTazur. (Brémond, Aobil. toulousain.)

GARRroELL (Pierre). — « Pierre Garridell a peint pour armoiries un aigle noir en champ d'argent qui, avec ses griffes, tient une perdrix qu'il s'apprête à manger, indiquant ainsi une partie de son nom *. n vint d'Arles à notre conquête et y combattit avec valeur et habileté en présence du roi. 11 fut mis sur la liste de ceux qui devaient rédiger les lois par le roi lui-même, qui voulut ainsi l'honorer, connaissant sa droiture de cœur. » (Febrer, trob, 258.)

Dans le préambule des lois [furs) données par Jacques P' au royaume de Valence, figure en effet comme ayant été consulté pour leur rédaction, Thomas Garridell a prud'homme de ville » et, par conséquent, bourgeois de l'une des grandes villes d'Aragon ou de Catalogne. Thomas Garridell est celui que le libro de repartimiento de V. désigne sous le nom de Thomasius Garidelli Dertusœ (de Tortose) et non le Pierre Garridell d'Arles dont parle Febrer. L'auteur des ttobas a évidemment confondu deux personnages différents. (Voy. Fori regni Valentiœ, imprimés àMonzon en 1547). On trouve en outre dans la répart, de V. R. Garidel.

Garriga ou Za Garriga (Pierre de) de Tarragone, prit part à la ocnquête de Mayorque. (Bover, Nobil. Mallorquin.)

Garrica sans prénom. M.

P. de Garriga, écuyer, et F. de Garriga. V.

La branche de la maison de Garriga ou de Sa Garriga, représentée encore de nos jours à Mayorque, porte : d'or au cyprès de sinople soutenu par deux lions affrontés au naturel^ aliàs, â! argent à trois arbres au naturel sur une terrasse de sinople.

Les armes de la maison de Zagarriga, en Roussillon, sont : d'or à la souche de garrigue déracinée de sinople. (Garma, Adarga catalana, t. H, p. 90.)

1 Garresj griffes.

Gaston, chevalier. V.

Gérard Gaston figure avec les seigneurs du bailliage de Castelnaudary dans l'acte du Saisimmtum comitatûs Tolosœ de 1271. (Brémond, Nobiliaire toulousain.)

Gaucelm ou Gauceltn (Raymond). V. — Gaucelm ou Gaucelin était le nom patronymique des seigneurs de Lunel au xni® siècle et leur prénom était ordinairement Raymond. Le seigneur de Lunel avait d'ailleurs un rang important à la cour du roi d'Aragon, son parent.

Armes : (Tazur au croissant versé (ff argent.

Gayran ou Gaeran (Berenger) de Montpellier. M* — Berenger Gayran était le comit (capitaine) du vaisseau de Montpellier sur lequel le roi s'embarqua pour aller à la conquête de Mayorque.

Gervais [Gervasius) de Narbonne. V.

GiGNAC (Bertrand de) de GiniacOj chevalier. V.

Bertrandus de Giniaco figure comme témoin dans un hommage rendu par le roi Jacques à Févêque de Maguelone. (Voy. Hist. du Languedoc, édit. in-fol., t. III, fteuves, col. 379.)

Les armes de la petite ville de Gignac, aujourd'hui dans le département de l'Hérault, sont : de gueules à la tour d^ argent surmontée de trois fleur s de lys d^ or *. (Gastelier à^ldiToxir, Armoriai des États du Languedoc.)

GoMBERT (Baldovi) de Marseille, peut-être le même que Geraubert Baldovi (Voyez Baldovi), fut l'un des quatorze prud'hommes nommés pour la répartition des terres arrosables de Mayorque.

Granullas. — a Le roi regardait du haut d'une tour du château du Puig, entouré de plusieurs de ses capitaines, lorsque le vent poussant deux brigantins, l'un d'eux s'avança avec vitesse sur le rivage. Il crut que c'était des maures d'Alger, mais un noble français lui dit : N'ayez souci, je vois que ce sont des bannières de Montpellier. Le roi lui répondit joyeusement : Certes, tu as bon œil ^ et sur un écu d'or tu porteras deux yeux. » (Febrer, trob. 263.)

^ Les fleurs de lis out été évidemment ajoutées dans les temps modernes. « Gran ull has, dit le texte, mot à paot, tu as grand œil.

Grillet (Pierre) — a Les antiques armes de Pierre Grillet, venu de France avec gens de cheval et connu du roi votre père, que dans sa jeunesse il accompagna à Mayorque, lui procurant ainsi un secours important, car il était vaillant soldat, sont une fasce dorée en forme d'onde avec trois besants d'or au-dessus et un lion doré audessous de la fasce en champ rouge. Il servit à Yaleuce et le Maure tremble en entendant son nom et en voyant sa bannière. » (Febrer, trob. 266.)

GunxEM. — Parmi les nombreux personnages de toutes classes du nom de Guillem qui sont mentionnés dans la répartition de Valence, se trouve, outre Bernard Guillem d'Entenza dont nous avons parlé plus haut (Voyez Entenza) un Guillelmus de Montepessulano. Nous ne savons s'il avait -quelque lien de parenté avec la famille des seigneurs de Montpellier, ou bien s'il ne faut voir qu'une indication d'origine dans le nom de ville accolé au sien.

Les armes des seigneurs de Montpellier étaient, comme nous l'avons déjà dit : d'argent au tourteau de gueules.

JoFRE (Guy) — a De la souche de Godefroy, premier roi chrétien de Jérusalem, était issu Almerich, et de celui-ci Falco qui eut, on le sait, de nombreux enfants. Sans pousser plus loin la généalogie, tenons pour certain que Guido Jofre est véritable descendant de cette royale lignée. Comme l'insolent Saladin a volé à Lusignan la cité où le Christ est mort, il a changé, avec douleur, ses lis d'argent en lis noirs. Vous devez, seigneur puissant, l'avoir en estime. » Febrer, trob, 275.)

Jofre. V.

Jullach (P. de). V. — André de Juliac, prêtre, est nommé, dans le testament de Robert III, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, du mois de novembre 1296. Robert de Juliac, trentième grandmaître de l'ordre de Malte, qui vivait en 1373, portait : d'argent à la croix tréflée de gueules surmontée d'un lambel d'azur à quatre pendants. Il était, d'après quelques historiens, issu d'une famille de Languedoc; M. Douillet le croit originaire de la terre de Juliac ou Julhiac en Auvergne. (Voy. Douillet, Nobil. d'Auvergne, t. III, p. 305. — Vertot, Hist. de Vordre de Malte. — Saint-Allais, L'ordre de Malte).

Langa (M. de). V. — Une fanaille de ce nom, dans la Navarre française, porte : d'azur au chevron d^ argent chargé de deux croissants (Tor (à enquerre) et accompagné de trois étoiles aussi d'or. (Rietstap, Armoriai général.)

Lauro (F. de), archidiacre de Barcelone. V.

Une ancienne maison de Laur, en Gascogne et en Béarn, porte : d'argent à la tour d'azur surmontée d'un croissant de gueules. (La Chesnaye-des-Bois, Dict. de la noblesse ^ t. VIII.)

Ledonzel (R. et a. de). V.

Nom de physionomie française.

Lemosin (J. et Dolça de). V.

Probablement nom d'origine.

Le Sol (Jean) — « Joan Le Sol était seigneur du lieu de Romani en Provence, du côté de sa mère, et en portait le nom parce qu'il en avait hérité. Il arma à ses frais deux grandes frégates et servit le roi votre père à Mayorque contre le Sarrasin. Il captura en vue de Buixia ^ deux galiotes qui allaient à Sargell ^, et, pour ce fait, ajouta un croissant au soleil de ses armes. Il servit à la conquête et reçut en récompense Beniparell qu'il avait bien gagné. » (Febrer, trob. 280.)

M. Bover a gravé les armes de Joan le Sol : parti dSazur au soleil d'or et cPor au croissant versé de gueules.

Llansol (Arnaud de) — « Arnaud de Llansol, chevalier d'ancienne race, vint de Provence. Avant la conquête, il portait ce nom parce qu'il avait dans son écu un soleil sur champ bleu. Il ne le prit pas à cause du drap de lit'* que, étant en vue de Murviedro, il arbora en guise de bannière aii bout d'une lance, lorsque le roi allait de Segorbe au Puig. Après la conquête de Valence, il fut dans l'intimité du roi, et maintenant il remplit les fonctions de Bayle général. En lui les malheureux trouvent protection et les malfaiteurs le redoutent. » (Febrer, trob. 286.)

Lloret (Pierre) — « En Pierre Lloret vint de Narbonne servir le roi avec une compagnie de trente soldats. Il était valeureux de

1 Probablement Bougie. * Peut-être Alger.

8 Llansol j linceul.

cœur et noble de sang, et il s'acquit 1-amitié du roi qui le vit combattre avec courage devant Xativa et se défendre contre douze cavaliers. Il porte en son écu sur champ rouge un lion et un laurier, ce qui indique son nom. 11 a une ferme à Canals et on le surnomme la faux des Maures méprisables. » (Febrer, trob. 287.)

Pierre Loret figure, en effet, dans la répart, de V. Un Bernard de Loret fut l'un des combattants de Mayorque et figure dans la, réparte des chevaleries de cette île *.

Lloret en Catalogne porte : d'or au laurier arraché de sinople nervédu champ (aliàs d argent.)

Lobera (Arnaud de), R. de Luparia, jurisperiius. V.

Llobera en Roussillon porte : (Tor à deux loups de sable passant fun sur Vautre, celui du chef contourné.

n y avait en Aragon une maison de Lobera à laquelle parait appartenir Guillaume de Lobera auquel Febrer consacre la troba 288.

LoRDA (Berenger de). V. C'est évidemment un membre de l'antique et puissante maison de Lordat, dont le chef était premier baron du comté de Foix et qui a fourni, entre autres illustrations, un vice-chancelier du roi de Mayorque au xiv* siècle. (Voy. D. Vaissette, Hist. de Languedoc, passim. — Zurita, Indices rerum ab Aragoniœ regibus gestarum, apud Hispania illustrata, t. III, p. 325. — Laine, Archives de la noblesse^ t. XJ, etc.).

Armes : dor à la croix de gueules.

Devise : Profide.

LuciAN (Guillem). V. Le nom de Lucian figure dans la liste des consuls et des bayles de Montpellier au xiii'' siècle. (Voy. Germain, Hist, de la commune de Montpellier, 1. 1, p. 377.)

^ On appelait en Aragon cahalleria, chevalerie, une rente de cinq cents eoU, affectée par un haut baron à l'entretien d'un ctievalier. Les 13,440 chevaleries de Mayorque, réparties entre le roi, les prélats et les nobles, devaient représenter quelque chose d'analogue, avec cette différence que ceux qui les recevaient étaient tenus de fournir seulement un chevalier pour cent trente chevaleries. D'où l'on doit conclure que la chevalerie de Mayorque était bien inférieure en valeur à celle d'Aragon. « Nouâ ignorons, dit D. José Maria Quadrado, dans son intéressant travail sur l'histoire de la conquête de Mayorque, si ces propriétés consistaient en terres distinctes de celles qui avaient déjà été distribuées ou simplement dans la perception du dixième du revenu, comme cela eut lieu plus tard. Quoi qu'il en soit, on entend ici par chevalerie une mesure ou unité type, inconnue pour nous et réglée, soit d'après l'étendue, soit d'après le produit du sol. »

Malet (Guilleûi de). — c< Dans le champ d'or la fleur de lis bleue, c'est ce que peignit pour emblème (sur son écu) Guillem de Malet quand il commandait la gent du pays de Languedoc, que le roi de France envoyait au roi Jaume, avec ordre précis de prendre part au siège qui, avec gens et chevaux, était mis devant Valence. Il servit avec valeur et fit preuve de prudence et de mûr jugement dans les conseils de guerre, aussi votre père voulut-il qu'il fût appelé dans les conseils de l'Etat. » (Febrer, trob. 298.)

Il existe en Espagne et en France plusieurs familles du nom de Malet avec des armoiries différentes entre elles. Aucune, à notre connaissance, ne porte celles que Febrer attribue à Guillem de Malet.

Mas (Guillem del). V. Nom de forme languedocienne.

Mateu (Jacques). — « En Jacques Mateu porte pour insignes sur champ d'or deux ours de couleur sombre, qui veulent avec furie dévorer un bras et une main qu'ils tiennent entre leurs pattes. A Mayorque, il fit une bonne prise de Maures, Plus tard, à Valence, il se trouva au Puig, où il prêta au roi une forte somme d'argent. Près de Sollana, les Maures le firent prisonnier au pied d'un olivier sauvage, mais il trouva le moyen de prendre la fuite. Il s'en retourna en France riche et puissant, après avoir vendu ce que le roi lui avait donné. » (Febrer, trob. 313.)

Matheu. — c< Cet écu à la lune d'argent sous un chevron d'or avec deux petites étoiles, le tout sur champ bleu, appartient à ce pirate, français de nation, qui, usant de mille stratagèmes, maltraita les Maures avec son galion. Il se nomme Matheu, issu de noble race. Il s'illustra dans un combat singulier contre un Sarrasin pareil à un chêne. Il en sortit victorieux, car d'un revers d'épée il lui coupa le bras. Riche et heureux, il retourna à Nîmes, qui est sa chère patrie. » (Febrer, trob. 314.)

Divers individus du nom de Matheu figurent dans la répart, de V. Parmi eux se trouve sans doute le troubadour Mathieu de Quercy, qui, dans une pièce de vers assez médiocre mais empreinte d'un profond sentiment de tristesse, a pleuré la mort de Jacques le Conquérant, « de ce bon roi... franc, doux, de peu de mots et de grands faits, si bien que sur tous les autres rois que l'on eût jamais vus en Espagne, il était le plus grand pour conquérir la gloire. » (Voyez Raynouard, Choix de poésies des troubadours^ t. V, p. 261. — Mila, De los trovadores en Espa'^Œj p. 192.)

Matoses (Pierre). — c< Un grand buisson * sur champ rouge, c'est ce que En Perot Matoses porte sur son écu. Il vint de Toulouse' combattre le Maure brutal. Le roi votre père ressentit grande joie en voyant la troupe brillante qui vint avec lui. La croix de Rhodes , ornait sa poitrine ; il était le chef des autres guerriers de sa religion *. Savant dans les armes et les lettres, il combattit au Puig, semblable à un nouveau Cid, et il mourut dans le combat en se couvrant de gloire. Vous récompenserez son fils, ô roi, et ce sera justice. » (Febrer, trob. 317.)

Ferrer et Bernard Matoses ; Ferrer de Matosas. V.

Mauléon (Guillem). — a Guillem Mauléon vint de Pallars, lorsque le roi était devant Burriana. Homme vaillant et montagnard hardi, il était chef de quelques almogavares ^ De là il passa au Puig où il tua dans la mêlée Ceid Muley, général des Maures. Il portait sur son écu, en champ vermeil, un lion d'or, et il rendit de si grands services qu'il reçut du roi Benimalea en récompense de ses travaux, et vous, puissant seigûeur, vous l'avez fait noble pour l'honorer encore davantage. » (Febrer, trob. 318.)

Beimardus de Mallo Leone ^ V.

L'illustre maison des vicomtes de Mauléon et de Soûle, en Gascogne, portait les armoiries que Febrer attribue à Guillem Mauléon. La petite ville de Mauléon, capitale du pays de Soûle et aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département des Basses-Pyrénées, a conservé les armes de ses anciens seigneurs. Mais le nom de Mauléon, qui s'applique à plusieurs petites villes et villages situés non loin de la frontière espagnole, semble appartenir aussi à diverses familles de Gascogne, de Navarre et du pays de Foix, qui portent pour armes : de gueules y au lion d^or^ et de gueules ^ au lion d'argent.

Qu'il y ait eu plusieurs maisons de Mauléon ou qu'il n'en ait existé qu'une subdivisée en branches nombreuses, il n'en est pas moins certain que ce nom figure dans le catalogue des chevaliers de Malte et dans celui de l'ordre du Saint-Esprit.

^ En ValeDcien et en Castillan matoral; armoiries parlantes.

• Ou de Tolosa: voyez l*article Abello, s On de Saint-Jean de Jérusalem.

* On sait que le mot religion s'employait pour désigner tout ordre religieux et militaire, et spécialement celui de Saint-Jean de Jérusalem.

*Troupes d'aventuriers qui acquirent enEspagne une grande renommée de bravoure.

(Voyez le P. Anselme, Histoire généalogique de la maison de France et des grands officiers de la couronne^ t. IX, p. 92 ; — Là Chesnaye-Desbois, Dict. de la NobL,i. IX, p. 627; — Laine, Archives de la Nobl.j t. X (Nobil. de Montauban), p. 57 ; — Vertot, Histoire de V ordre de Malte \ — Catalogue des chevaliers du Saint- Esprit, 1760, p. 51.)

Mazeller (Guillem), de Barre. V. — Barre est une petite ville du Gévaudan ; le libro de repartimiento n'a en aucune façon altéré l'orthographe de.ce nom. Quant à celui de Mazeller, il pourrait être un nom de profession. Mazeller signifie boucher en langue romane.

Mengot (Jacques). — « En Jacques Mengot, français de nation, de noble lignée, vint fort à propos de Nîmes pour combattre les Sarrasins de Murcie, et par sa valeur acquit la renommée d'homme vaillant et habile. Il eut en récompense des biens à Alacant, où il établit sa maison. Il portait pour armes dans son écu trois éperviers d'or avec chaperon sur la tête et longe aux pattes, sur champ d'azur, car tels étaient les insignes adoptés par ses ascendants. » (Febrer, trob. 324. ]

Mengot, sans prénom. V.

On trouve Mangot en Poitou : d^azur^ à trois éperviers cTor, chapei'onnés, longés et grillés du même.

(Voy. La Chesnaye-Desbois, t. IX, p. 174.)

MiLA ou Milan (Geoffroy de). — « Joffre de Mila porte sur un champ jaune l'oiseau gris qui indique son nom ^ Il avait sa famille et son manoir en Languedoc ; il était un peu parent de votre aïeule ^, ainsi que Pa^ reconnu le roi lui-même. Il se trouva avec sa troupe à Mayorque, où il montra sa valeur méritant le renom d'homme sage et courageux. Il fut à Valence,^ où il jouit, ainsi qu'il était juste, des récompenses insignesduesà son mérite, et puisqu'il est votre parent, il a droit à vos meilleures faveurs. » (Febrer, trob. 330.)

J. de Millau, Matheus^ R, et Ugo de Milano. V.

MiRABEL (R. de). V. Nom répandu en Languedoc, en Rouergue, en Quercy,. en Limousin et en Dauphiné. Une famille de ce nom existait en Limousin dès le xu* siècle. (Voy. Laine, Archives de la Nobl.y t. Vni, Nobil. du Limousin, p. 36.)

1 Ua milan.

* Marie de Montpellier, mère du roi Jacques I.

MiRAMBEL (Raymond de). V. — Mirambel en Limousin porte : d'azur^ à trois miroirs arrondis d'argent, (Vpy. Laine, Archives de la Nobl,^ t. VIII, Nobil. du Limousin, p. 36; — Vertot, Bist. de tordre de Malte, catalogue dest^hevaliers.)

MoNCERTAUT ( G. dc). V. Nom d'orthographe française.

MoNTFORT (Dominique). V. Il y avait diverses familles de ce nom dans le Toulousain, outre celle des comtes de Montfort et de Leicester, établie dans le midi de la France à la suite de la guerre contre les Albigeois.

MoNTGiscART (G. de). V. n y a un village du nom deMontgiscard dans le département des Basses- Pyrénées, et une petite ville du même nom dans le Toulousain. Les armoiries de cette dernière sont : d'azur, à la tige de trois chardons, feuillée de quatre feuilles d'or.

MoNTPAO (Berenger de), chevalier, P. de Monte-Paon, V. Il existe en Rouergue un château de Montpaon, possédé anciennement par une famille de ce nom qui parait s'être éteinte dès le xnie siècle dans la maison de Saint-Maurice. Mais on trouve aussi dans la répart, de V. un Berenger de Montpao de Tortose.

MoNTAYNAGOL (G. dc). V. — C'cst très-probablemeut le troubadour connu sous les noms de Guillem de Monagnagol, Montagnagout, Montagnaçot, et que le chroniqueur Ramon Muntaner appeUe Munteyagol (Voy. Muntaner, Cronica dels fets e hazanyes del inclit rey don Jaeme primer). Ce poète est désigné dans quelques manuscrits comme étant de Toulouse, et c^est en effet ce qui semble résulter d'un sirvente composé après la bataille de Taillebourg, et par lequel il flétrit la conduite des princes qui c< se sont chargés d'un forfait pire que celui de Gain, en se séparant du puissant seigneur de Toulouse. » (Voy. Mila, De los trovadores en Espafia, p. 173et259; — Raynouard, Choix de poésies des troubadours, t. IV, p. 212 et 333 ; — Crescimbeni, Istoria délia volgar poesia, t. Il, p. 195 et 200.)

MoNTBRUN ou MoNBBu (Ar. de). V. Etienne de Montbrun est mentionné dans le Sœsimentum comitatus Tolosœde 1271, avec les seigneurs du bailliage de Montgiscard. (Voy. Bremond, Nobiliaire toulousain,)

MoNTESQuiu (Berenger ou Bernard de), fut, d'après le chroniqueur

Bernât d'Esclot, l'un des chefs de l'expédition de ^ILsyoTqaefCronica del rey en Père et dels sens antecessors passais). C'est évidemment un membre de l'illustre maison de MontesquiourFezensac, connue sous ce nom dès le xi'' siècle en Armagnac et en Roussillon^ et dont les armes sont : (For, à deux tourteaux de gueules posés en pal.

MoNTFALcoN (Bercnger et Pierre de). V. Il existe en Catalogne une famille de Montfalco et, en Languedoc, une ancienne maison du nom de Montfaucon, dont les armoiries sont à peu près le^ mêmes. Celles de la maison catalane sont : de gueules^ au mont d'argent surmonté d^un faucon d'or chaperonné d'azur; les Montfaucon de Languedoc portent : de gueules au mont d'argent surmonté (Tun faucon du même. (Voy. Garma, Adarga catalana, t. Il, p. 148 ; — La Chesnaye-Desbois, t. X.)

MoNTORis (Pierre). — « Sur champ vert une montagne rouge bordée d'un trait d'or, c'est ce qu'a peint sur son éca Pierre Montons, que l'on appelle le Sot *, et il y a ajouté une fleur de lis. Il vint de Poitiers à la poursuite d'un de ses ennemis. Il le rencontra à Valence et, pour se venger, il le défia au combat régulier. Le roi instruit de cela parvint, avec sa grande sagesse, à les rendre amis et les envoya à Castalla poury construire une forte muraille. » (Febrer, trob. 353.)

Mont Pedros (P. de). V. Une maison de Montpeyroux {de Monte Petroso) florissait enRouergue au xu^et au xui* siècles et s'est éteinte au commencement du xvn« dans la maison de Roquefeuil du Bousquet. Ses armoiries étaient : d'azur, à trois tours crénelées d'or. (Voy. de Barrau, Documents sur le Rouergue, t. II, p. 229 ; — Bosc, Mémoires pour servir à t histoire du Rouergue, t. I, p. 146 et 202.)

n y a en Languedoc un village de Montpeyroux, aujourd'hui dans le département de l'Hérault.

Montpellier (Raymond de) M., fils du seigneur de Montpellier, Guillem VIII, et frère germain de Bernard Guillem d'Entenza, dont nous avons déjà parlé (Voy. Entenza). Raymond avait été élevé auprès du roi Pierre II d' Aragon, et était surnommé Tortosette par allusion à la ville de Tortose, en Catalogne, qui appartenait aux seigneurs de Montpellier (Voy. Chronique du roi Jacques 7, ch. ni ; — Zurita, Anales de la cœ^ona de Aragoîi, liv. II, ch. lxv).

< Ou le bouffon car le mot valencicn boig a les dett:c sens.

Armoiries des seigneurs de Montpellier : d'argent ^ au tourteau de gueules.

P. de Montepessulano, Jacobus Montùpesulani. M. — Johan de Montpestler. V., noms d'origine.

Les hommes de Montpellier reçurent des donations à Mayorque et à Valence.

Montréal (Berenger de). M. et V. — La maison de Montréal d'Urtubie, d'ancienne chevalerie du royaume de Navarre, établie en France vers le milieu du xv* siècle, porte : d'argent à la croix de gueules c/iargée (fun lion léopardé d'argent accosté et assailli de detix griffons rampants du même. Une branche de la même famille porte : écartelé aux l et i d'azur au château ouvert et crénelé d'argent^ aux 2et i d!or à deux vaches de gueules^ onglées^ accornées^ colletées et clarinées d'azur. (La Chesnaye-Desbois, t. X.)

MoNTULL (Pierre). — it En Pierre MontuU vint de Toulouse* à notre conquête, et donna des preuves de sa noble origine par ce qu'il fit sous les yeux du roi votre père. Celui-ci le mit sur la liste de ceux qui devaient veiller à ce que l'on mît au plus tôt en œuvre les projets qu'il avait fait dessiner pour Villareal. Dans ce travail Montull fit preuve d'habileté. H porte fièrement une fleur de lis d'or sur champ rouge. Ses bons services lui méritèrent de grandes récompenses. » (Febrer, trob. 355.)

MoRLA. — « 11 y avait à Xativa un noble Provençal, soldat de fortune, lorsqu'un Maure de Fez, pareil à un Philistin, armé de la lance et du bouclier, défia tous les chrétiens au combat singulier. Ennuyé de son arrogance, le soldat s'avança vers lui et au premier choc retendit à terre. Le roi saisi d'admiration dit joyeusement : Il Ta tué ^ comme l'aurait fait un Cid, et il est bien digne de mettre sur le fronton de sa maison la tête d'Amuley sur champ rouge. Je vous fais adalid^ et vous donne à Mayorque le lieu d'Enflorit. » (Febrer, trob, 357.)

La maison de Morla, à Mayorque, aujourd'hui éteinte, portait pour armes : d'azur à trois serpents d'or se mordant la queue^ posés \ et%. — Devise : Mortifero jugulafii gladio (Bover, Nobiliario Mallorquin).

* Oa de Tolosa.

* Mort l'ha, jea de mots intraduisible.

* Chef d'almogavares à cheval. Ce mot vient de l'arabe al dalil, le guide. Les adalids commandaient quelquefois à des chevaliers.

B. Morlan, capellanus de Rochamador. V. La célèbre chapelle de Rocamadour, que quelques légendes font remonter aux premiers siècles du christianisme, se trouve, comme on le sait, en Quercy, près du village auquel le rocher qu'elle surmonte a donné son nom.

MoRLANs (Arnaud-Guillem et Gérald de). V. — On trouve dans le Toulousain, dès les premières années du xiv* siècle, une famille de Morlanes dont les armes sont : coupé de gtieuleSy à neuf besants d'or posés 5 et i, et d'azur à six besants d'or, posés 3, 2 6^ 1 (Brémont, Nobil. toulousain).

Narbonna (Berenguer de), feudataire du vicomte de Béam, suivit son suzerain à la conquête dé Mayorque.

R. de Narbonna, V.

Les vicomtes de Narbonne, issus de la maison de Lara, avec lesquels l'un des deux personnages mentionnés ci-dessus a peut-être quelque rapport de parenté, portaient pour armes : de gueules plein.

Olms (Guillem-Pierre). ' — « Guillem-Pierre 01ms, qui est de Roussillon, a peint sur son écu trois ormeaux' touffus en champ blanc, n arriva au moment où le roi était à Benicarlo, prêt à se rendre à Peniscola. Il fut le bien-venu, car il était homme expert en Tart militaire, depuis qu'il avait combattu avec vaillance à la bataille de Las Navas. Dans l'affaire de Murel, il sauva l'armée sur le point d'être perdue. Puis il passa à Mayorque où votre père le fit mestre-camp\ parce qu'il l'en jugea digne. » (Febrer, trob. 370.)

Oriols (Raymond de). — a Ces deux oiseaux, qui, avec une fleur de lis de couleur bleue, se trouvent dans un champ d'or et ont le bec et les pattes rouges, sont les insignes de Raymond d'Onols. Car il est permis par les lois d'armoiries de prendre pour marque d'honneur quelque chose qui cadre avec le nom que l'on porte. C'est pour cela qu'il a mis sur son écu ces deux petits oiseaux'. Il vint de France à la conquête de Valence et y servit valeureusement. Il y gagna des biens pour ses deux fils, qui sont devenus la faux des Maures. » (Febrer, trob. 374.)

8 Olms en langue romane.

1 Cesi le nom qae Febrer donne à cet emploi. Il parait impossible de trouver un équivalent à ce mot dans notre langue : mestre de camp serait à la fois un anachronisme et une inexactitude.

* Ces deux oiseaux sont deux loriots appelés Oriols en langue romane.

Bernard d'Oriolsest mentionné par le roi Jacques au chapitre ceci de sa chronique.

Amélius d'Auriol figure dans un acte de 1070 (Voy. Cenac-Moncaut, Histoire des popuations pyrénéennes, t. H, p. 459 ; — Brémond, Nobil. toulousain).

Jean Auriol, chevalier, prêta serment à Alphonse, comte de Toulouse, en l'an 1249.

La maison d'Auriol, dans le Toulousain, qui se dit originaire d'Espagne, porte pour armes: d'argent, au figuier de sinople (aliàs dCazur)^ terrassé du même et chargé d'un loriot (auriol) d!or (Voy. La Chesnaye-Desbois, t. V; — Brémond, NohiL toulousain).

Oriol en Catalogne porte : d'argent^ A la montagne au naturel sommée d'un château à trois donjons aussi au naturel; celui du milieu surmonté d'un loriot essorant de sable et tenant dans son bec tme branche cT olivier de sinople.

Oriols en Catalogne porte : d'or^ au rameau de sinople posé en bande (Voy. Garma, Adarga catalana^ t. II, p. 134 et 307.) •

Orts (Raymond des). V. Nom de forme française.

Palafox. — a L'écu rouge avec des fasces d'argent, sur lesquelles sont dessinées des croix bleues, voilà ce que porte Palafox, rico home, des meilleurs de tout l' Aragon. Sa race s'étend aussi en Catalogne, où on l'appelle Palafolls de France, car c'est de ce pays que sont venus ses ascendants. Celui-ci, en récompense de ses travaux à la guerre, qui ont tourné au profit de tous, a reçu du Roi, lorsqu'il se trouvait à Navaixa, les lieux de Calpe, de Benisa, avec d'autres vassaux , à la charge d'entretenir quatorze chevaliers. » (Febrer, trob. 378.)

Guillem de Palafols ou de Palafox, fut l'un des chefs qui prirent part à la conquête de Mayorque, sous les ordres du vicomte de Bearn. (Voyez Chronique de Bernât d'Esclot, chap. xxxni ; — Zurita, Anales de la corona de Aragon.)

Les armoiries de Palafox sont : de gueules à deux fasces d^ argent chargées chacune de trois çroisettes d^azur. Aliàs : de gueules à deux fasces d'argent, chargées chax^une de trois çroisettes de sable et crénelées intérieurement du même.

C'est à l'illustre maison de Palafox qu'appartient S M. Marie- Eugénie de Palafox, de Porto-Carrero et de Guzman, impératrice

des Français, petite-fille de don Philippe de Palafox et de Groy et de Maria-Francesca de Porto-Carrero, Guzman et Zuniga.

Par les Palafox et les Guzman, la filiation de Timpératrice Eugénie remonte jusqu'aux maisons royales de Gastille, d'Aragon, de Portugal et de France ; par la maison princière et ducale de Groy, elle se rattache à toutes les races historiques de notre pays, et à quelques-unes des plus grandes maisons de l'Europe *.

Nous croyons devoir donner ici un tableau, déjà publié en partie, dans l'appendice du premier volume de notre étude sur Jacques I d'Aragon (p. 39i). La difficulté de se diriger, sans guide certain, au milieu des substitutions innombrables des familles espagnoles, nous avait fait commettre pour les derniers degrés, des erreurs que nous avions pressenties, mais qui ne modifiaient en rien la partie essentielle de la filiation. Tel que nous le donnons aujourd'hui, d'après des indications positives, ce tableau peut être acîcepté comme rigoureusement exact. Il a été dressé pour les six premiers degrés, d'après les historiens de France et d'Espagne, et le Dictionnaire historique de Moréri ; poiu: les onze suivants, d'après le savant ouvrage d'Imhof , intitulé : Genealogiœ viginti illiÂStrium in Hispaniâ familiarum, 1712, articles Guzman et Porto-Garrero, et pour les derniers, d'après le Blason de EspafUz, par Burgos, t. IV, première partie.

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