DE RDVIGNY EN FAVEUR DE MAZARIN
religion lui donnait en Hollande, en Suisse, en Angleterre et en Allemagne pour y négocier secrètement', et il y servit très utilement. Le roi l'aima et le distingua toujours, et il fut le seul, avec le maréchal de Schomberg, à qui le roi offrit de demeurer à Paris et à sa cour, avec leurs biens et la secrète liberté de leur religion, dans leur maison, lors de la révocation de l'édit de Nantes, mais tous deux refusèrent. »
Le témoignage d'un pareil homme est d'un grand poids, et nous verrons que cet esprit éclairé et indépendant n'hésitait pas à louer Mazarin du sacritice qu'il avait fait en résistant au vœu formel du jeune Louis XIV. Ruvigny avait été envoyé, comme nous l'avons dit, en Angleterre pour sonder les dispositions de Charles II envers la France. Il savait que la mère de Charles II, Henriette de France, avait proposé à Mazarin de marier une de ses nièces, Hortense Mancini, avec le roi son fils. Il écrivait, à ce sujet, à Mazarin, le 25 octobre 1660' : « On m'en a fort parlé (de ce projet de mariage), depuis que je suis ici, mais non pas selon la vérité. Il y a peu de temps que M""' de Carlisle, et plusieurs autres personnes de qualité m'ont dit que Votre Éminence
* On verra plus loin (ch. m) que Mazarin se servait aussi de Ruvigny pour des missions délicates et secrètes. Il l'envoya, en octobre 1660, auprès de Charles 11, au moment où l'on craignait une rupture entre la France et l'Angleterre.
- Affaires étrangères, Angleterre, t. 73, i" 49.