‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 128 sur 229 · ET PAR COLBERT · texte numérisé non relu

ET PAR COLBERT

l'ambition, dont Golbert n'était pas exempt, lui fit sans doute entrevoir et espérer une position plus élevée. Les finances de l'État étaient dans un désordre plus triste encore que celles du cardinal, lorsqu'il en avait pris la direction. Ne pourrait-il passes rendre aussi prospèresqueTétaienldevenues, entre ses mains, les affaires domestiques de Mazarin? Vues ambitieuses, zèle pour le bien public, tout poussait Golbert à signaler au ministre les dilapidations du surintendant. Il s'en acquitta, en octobre 1659, dans un mémoire qu'il adressa à Mazarin. C'est un document d'une telle importance qu'il est nécessaire d'en indiquer les points principaux '.

« Votre Éminence, dit Golbert, en débutant, m'ayant ordonné de lui dire ce que je pouvais savoir concernant l'état présent des finances, pour satisfaire à ses ordres, je lui dirai... qu'elles sont toutes renfermées entre le surintendant et le sieur Bruant, son commis, avec quelque légère participation du trésorier de l'Épargne. » Ce mystère, dont s'enveloppait le surintendant, était, d'après Golbert, une dangereuse innovation : Fouquet avait tenu à supprimer tout registre, « parce qu'en la personne du sieur Hervart, c'était un contrôle et une lumière perpétuelle qui éclairait les yeux de Son Éminence ».

Golbert montrait ensuite les conséquences de cette

Ce mémoire porte la date du 1'^'' octobre 1659. 11 a été publié dans le tome Vil, p. 161-183 du recueil de M. P. Clément {Lettres, Instructions et Mémoires de Colbert).

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