A MAZARIN
exact des sommes à recevoir et des dépenses à effectuer. Le surintendant devrait se borner à dresser ce tableau, de concert avec les trésoriers de l'Épargne, répartir les impôts entre les diverses provinces, enfin veiller à la perception et au bon emploi des fonds publics. Tous les trois mois, il serait tenu de rendre compte au roi, ou à son premier ministre, de l'état des finances.
Pouvait-on espérer cette administration régulière avec un surintendant tel que Fouquet? Colbert ne le pensait pas. Il conseillait au cardinal de se charger seul de l'administration des finances, et d'instituer une chambre de justice « exacte et sévère ' » , qui aurait mission de punir les fautes du passé et de rétablir l'ordre pour l'avenir. Colbert indiquait les qualités que devaient avoir les magistrats de cette chambre, les pouvoirs qui leur seraient donnés, les recherches auxquelles ils devraient se livrer. Ce qui frappe surtout, dans les projets de réforme que Colbert soumettait au cardinal, c'est le désir de retrancher les causes de la « surcharge des pauvres et de la décharge des riches" ». La juste répartition des tailles, la suppression des exemptions illégales, la répression des abus , et la surveillance des collecteurs des tailles, sont indiquées comme un des principaux moyens de soulager le peuple. Bien d'autres réformes indispensables étaient encore signalées par Col-
* Méinoive de Colbert, ibid., p. 173.
*lbid.,p.\16.