MÉMOIRE ADRESSÉ PAR COLBERT
bert, surtout le « retranchement d'une multitude d'offices qui grevaient la France ».
L'objection principale à toute réforme financière était la nécessité de trouver des ressources jusqu'au moment où les revenus de l'État pourraient être dégagés. Si l'on manquait aux engagements contractés avec les gens d'affaires, on ruinerait le créditpiiblic. Cette considération n'arrêtait pas Colbert; il prétendait que l'institution d'une chambre de justice aurait pour résnltat de délivrer le roi des financiers, qui s'étaient enrichis à ses dépens; elle lui donnerait la libre disposition de ses revenus, qui devaient s'élever, d'après ce mémoire, à plus de quarante millions. Colbert proposait, en réalité, une banqueroute; mais elle ne devait atteindre que ceux qui avaient ruiné le Trésor par leurs prêts usuraires.
En terminant ce long mémoire, Colbert insistait sur les résultats avantageux de cette réforme. « Son Eminenje, disait-il, étant maîtresse d'un grand revenu, pourra avec beaucoup de facilité, par son économie, entretenir un grand nombre de troupes, de grandes garnisons dans toutes les places avancées, en Allemagne, Flandre, Italie, Espagne, revêtir toutes ces places et les bien fortifier, rétablir la gloire et l'honneur du royaume sur la mer aussi bien que sur la terre, en remettant en mer un grand nombre de galères et de vaisseaux, afin de porter la gloire et la terreur de son nom jusque dans l'Asie, après l'avoir si fortement et si puissamment établi dans toute