TOULON (FÉVRIER
taine général des galères, ou navires à rames, les accompagnait. Une des premières mesures que prit le roi fut le licenciement des capitaines et officiers des galères, dont on avait eu souvent à se plaindre*. La réorganisation de ce corps, la visite et la réparation des vaisseaux, enfin les ordres donnés pour rappeler d'Angleterre et de Hollande les matelots français, qui, pendant les dernières années, avaient pris du service dans les pays étrangers-, attestaient l'intention de donner une nouvelle impulsion à la marine. On méditait, en effet, une expédition contre les Turcs. Mazarin y attachait beaucoup d'importance, comme le prouve une lettre qu'il éci'ivait au comte d'Avogadre, mestre-de-camp de son régiment italien^, pour l'engager à y prendre part. « Il y a dix-huit vaisseaux prêts à Toulon pour cet embarquement, lui disait-il, et, le mois d'octobre venu, ils auront ordre de ramener tout le corps en France... C'est une entreprise glorieuse, que j'ai extrêmement à cœur; il y aura trois régiments qui porteront mon nom, et je compte que le moindre soldat italien fera des efforts pour me plaire en ce rencontre. » Cette expédition, destinée à secourir Venise contre les Turcs et à réprimer les pirateries des États barbaresques, eut lieu, en effet, dans le courant de
* Voy. le tome précédent, p. 193.
^ Jal, Abraham du Qucsne et la manne de sou temps, t. I, p. 221.
■' Celte lettre est du 31 mars 1660,