‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 155 sur 229 · CHAULES II EST PROCLAMÉ · texte numérisé non relu

CHAULES II EST PROCLAMÉ

de Montaigu, qui se rendait auprès de Charles II. En ordonnant au surintendant des finances de fournir cet argent, Mazarin écrivait àFouquet' : « Je vous dirai, dans le dernier secret, que c'est pour les affaires d'Angleterre, n'y ayant rien de plus convenable au bien de celles de Sa Majesté que de donner ce secours au roi de la Grande-Bretagne, dans une conjoncture où celte somme peut lui apporter de grands avantages, lesquels, dans la suite, rejailliraient sur la France par l'obligation que nous acquerrons en ce rencontre sur celte maison-là. »

Après avoir touché cette somme, l'abbé de Montaigu alla rejoindre Charles II , qui habitait alors Bruxelles, et lui promit le secours de la France pour sa restauration sur le trône de ses pères. Le bruit de cette négociation se répandit promptement en Angleterre et y produisit l'impression la plus fâcheuse. Le président de Bordeaux se hâta d'avertir Mazarin du mécontentement de la nation anglaise "^ Il est probable que l'indiscrétion , qui avait révélé l'inter-

nous n'avons pas un sol, et cependant il a fallu et il faut, tous les jours, pourvoir à une infinité de dépenses, et parliculièrenient au payement ponctuel, tous les mois, d'un corps de troupes de quarante compagnies françaises et suisses, et aux deux compagnies de mousquetaires. Vous pouvez juger quel embarras c'est. On fait du mieux qu'il est possible pour subvenir à tout. Tant que mon crédit durera, ma bourse ne sera pas épargnée. »

^ Affaires étrangères, Fr.\nce, t. "ISi, ibid. Lettre du môme jour, 1-2 mars 1660.

^ Lettre de Bordeaux à Mazarin, en date du 12 avril 1660 (Afî. élr., Angleterre, t. 70, f" 456).

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vention de Mazarin , venait de la petite cour de Charles Stiiart, où le chancelier Hyde et le comte d'Ormond étaient hostiles à la France'. De leur côté, Monk et les Anglais, qui souhaitaient le rétablissement de la royauté, voulaient éviter que la restauration des Stuarts parût imposée par une puissance étrangère. Ils demandèrent que Charles II allât s'établir dans une contrée qui ne dépendit ni de la France ni de l'Espagne.

Ce fut pour se conformer à ce désir que Charles Stuart se rendit à Breda et y attendit la décision du nouveau parlement d'Angleterre, convoqué par le général Monk. Cette Assemblée le proclama roi d'Angleterre le 8/18 mai 1660' et l'invita à venir immédiatement prendre possession du trône. Charles II se hâta d'aller s'embarquer à Ostende et arriva en Angleterre dans les premiers jours de juin. Nous n'avons pas à raconter la restauration des Stuarts; mais il est nécessaire de signaler l'influence qu'elle exerça sur les relations de la France et de l'Angleterre. Mazarin connaissait les sentiments de Charles II et de ses conseillers '. Il aurait voulu, pour se les concilier, qu'aussitôt après la proclamation du roi, on lui envoyât une ambassade solennelle ; mais

*■ Voy. ci-dessus, p. 291.

2 J'ai déjà fait remarquer que l'Angleterre suivait encore le style julien, tandis que la France avait adopté la réforme grégorienne. Il y avait une ditférence de dix jours entre les deux calendriers.

■' Voy. sur le chancelier et le comte d'Ormond, p. !291.

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