SUR LES AFFAIRES D'ANGLETERRE
ses sentiments, et il y a des gens qui croient qu'il pourra être favorable au retour du roi d'Angleterre; ce que pourtant je ne croirais pas aisément. »
Près d'un mois après l'entrée de Monk à Londres, Mazarin témoignait encore la même hésitation à l'abbé de Montaigu, partisan zélé des Stuarts ' : «Je ne saurais que juger encore sur les affaires d'Angleterre ; car je ne vois pas que Monk ait pris encore la résolution de ce qu'il veut faire. Je souhaite qu'il se détermine à ce que vous pouvez désirer; mais je crains fort que, quand même il aurait des intentions favorables pour le roi d'Angleterre, il n'ose pas les faire paraître. Nous en serons bientôt éclaircis, et cependant-je ne puis q«e vous confirmer les mêmes choses que je vous ai dites, et à M. le milord Germain ', en partant d'Aix. Je vous prie seulement de vous bien souvenir de la promesse que vous m'avez faite que l'on ne songerait pas à prendre aucun argent qu'on [ne] vît bien clair à le pouvoir employer utilement. »
Mazarin s'était décidé, malgré la détresse du trésor public*, à faire remettre cent mille écus à l'abbé
* Affaires étrangères, France, t. 284, f» 222. Cette lettre est du Oniars 1660.
^ C'esi-à-ûire jusqu'à ce que l'on connaisse bien ses intentions.
^ Le milord Germyii, ou Jermyii, devint bientôt comte de Saint- Albans. Il s'était rendu à Aix avec l'abbé de Montaigu pour solliciter l'appui de la France en faveur de Charles II (Nani, Filza 124, f» 115).
* Cette détresse est attestée par une dépèche de Mazarin à Fouquet, en date du 12 mars 1660 (Aff, étr., France, t. 284, f" 235). € Il y a plus d'un mois, écrivait le cardinal au surintendant, que