‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 157 sur 229 · ET DE SES CONSEILLERS ENVERS LA FRANCE · texte numérisé non relu

ET DE SES CONSEILLERS ENVERS LA FRANCE

le chancelier rencontrera plus de difficultés qu'il ne croit à lui faire changer les sentiments qu'il témoignait d'avoir si favorables pour la reine sa mère et pour la France; mais, en tout cas, mon déplaisir procédera plus de celui que ladite reine aura que de toute autre chose. »

Le mauvais vouloir de Charles II et de ses conseillers s'afficha par des actes, qui auraient pu provoquer une rupture entre les deux royaumes. Ils n'avaient pas oublié leur expulsion de France à la suite du traité de Westminster \ et ils résolurent de s'en venger en chassant d'Angleterre l'ambassadeur de France, le président de Bordeaux, qui avait négocié et signé ce traité. Ils l'accusaient d'avoir cherché à détourner Monk du projet de rappeler Charles Stuart. Il l'avait engagé, disaient-ils, à se faire protecteur de l'Angleterre, à l'exemple d'Olivier Cromwell, et lui avait promis l'appui de la France. « C'est un bruit qui s'était répandu , il y a déjà quelque temps, écrivait le présidenl de Bordeaux à Mazarin, mais sans aucun fondement que des civilités et offres d'amitié que Votre Éminence m'avait ordonné de lui faire- (de faire à Monk). »

* Voy. le toine précédent, p. 39:2.

- M. Guizot {Monk, p. 157 el suiv.) a parlé de ce bruit et a examiné la valeur des témoignages. Tout ce que l'on en peut conclure, c'est que Mazarin cherchait à s'assurer Falliance du futur maître de l'Angleterre : d'un côté, il négociait avec Monk, par l'intermédiaire du président de Rordeaux, et, de l'autre, il s'efforçait, par l'abbé de Montaigu et Jermjn, de se concilier Charles II.

Page 1