LE PRÉSIDENT DE BORDEAUX
Quoique le président de Bordeaux se fût borné à exécuter les ordres du roi de France, il se vil exposé à des vexations de toute nature : il ne put obtenir une audience de Charles II pour lui présenter les nouvelles lettres de créance, par lesquelles Louis XIV l'accréditait comme son ambassadeur. Il s'en plaignait à Mazarin, le 17 juin 1660' : « Le secrétaire d'État m'envoya hier un homme qui me dit, de sa pari, qu'encore que le roi désire de conserver la bonne intelligence avec la France et soit disposé à recevoir ceux que le roi lui enverra, néanmoins il ne pouvait m'admettre à l'audience pour présenter mes lettres de créance, à cause que, dans le cours de ma négociation, j'ai agi contre son service. » L'envoyé du secrétaire d'Etat fit ensuite entendre au président de Bordeaux qu'il devait sortir d'Angleterre dans le plus bref délai. L'ambassadeur répondit qu'il attendrait les ordres du roi, son maître. Il s'adressa, pour obtenir justice, au comte de Saint-Albans (lord Jermyn), qui lui répéta que la cause de la mauvaise disposition de Charles II à son égard venait de sa conduite sous le protectorat d'Olivier Cromwell, et de ses démarches auprès de Monk pour le détourner de travailler à la restauration des Stuarts.
Le président de Bordeaux ajoutait, dans la même dépêche, que vraisemblablement une autre cause ' avait contribué à irriter le chancelier Hyde et le
1 Affaires étrangères, ANGLETEniiE, i. 70, f°* 523 et suiv.