PAR CHARLES II
de sortir de son royaume ; car elles ' sont incompatibles, et je suis incapable d'en jouir dans le traitement que le roi, mon maître, en reçoit. »
Cependant Mazarin ne redoutait pas moins que Charles II une rupture entre la France et l'Angleterre. Malade et vieilli avant l'âge, il voulait laisser le royaume en paix. Il consentit à accepter les excuses assez étranges, que lui transmettait l'abbé de Montaigu : (( Il (le roi) a été surpris, écrivait Montaigu à Mazarin le 7 juillet-, [et a agi] sans avoir considéré la conséquence. » C'était imputer au nouveau roi d'Angleterre et à ses conseillers une singulière légèreté et les avilir pour les justifier. Le cardinal consentit à recevoir, comme sincères, les protestations d'amitié que milord Craft apporta à la France , au nom de Charles IP. Il fut décidé que le comte de Soissons, mari d'Olympe Mancini, irait, en qualité d'ambassadeur extraordinaire de Louis XIV, féliciter le nouveau roi d'Angleterre sur son avènement au trône. Comme cette pompeuse mission demandait de longs préparatifs, le cardinal chargea un des chefs du parti protestant de France, Henri Massues de Ruvigny*, de se
* Ces deux choses : mon éloge el le renvoi de l'ambassadeur. 2 Affaires étrangères, Angleterrr, t. 73, f" 7.
•' Charles II écrivait à Mazarin : « Je vous prie d'être bien persuadé que non pas seulement moi, mais tous ceux à qui je me lie, ont des sentiments, pour vous et vos intérêts, tels que vous les pouvez souhaiter. » (Aff. étr., Angleterre, t. 73, i^ii; lettre du 27 septembre 1660.)
* Nous avons parlé de Ruvigny ci-dessus (p. 230).