‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 162 sur 229 · AMBASSADE ENVOYÉE EN FRANCE · texte numérisé non relu

AMBASSADE ENVOYÉE EN FRANCE

nie hasarderais bien, ii sa considération, de conseiller le roi de dissimnler quelque chose qui lui eût pu déplaire, si cela se fût passé dans un cabinet, sans que personne en eût connaissance ; mais on aurait raison de me croire indigne de l'honneur qu'il me fait, si j'étais capable de lui insinuer que Sa Majesté ne doit pas être touchée de ce qu'à la vue de tout le monde et avec tant d'éclat, on envoie ordre à son ambassadeur de sortir des États du roi d'Angleterre, quand il demande audience pour présenter ses lettres. Je vois bien que l'intention du chancelier, qui a engagé le roi à nous traiter de la sorte, a été de pousser par là les affaires plus avant et de rompre tout à fait la bonne intelligence, à laquelle il avait reconnu l'esprit de son maître entièrement porté, et de s'affermir d'autant mieux dans le poste qu'il tient, dans lequel il est certain, suivant les avis que j'ai de tous côtés, qu'il ne redoute que le crédit de la reine d'Angleterre auprès du roi son fils. »

La lettre, que l'envoyé de Charles II avait remise à l'abbé de Montaigu, faisait un grand éloge du cardinal. « En mon particulier, ajoutait Mazarin, je suis confus de toutes les bontés que vous me mandez que le roi d'Angleterre vous a témoignées à morx égard, dans une longue lettre qu'il vous a écrite de sa propre main, par le même secrétaire qu'il a dépêché à la reine sa mère; mais je voudrais bien qu'il lui eût plu me retrancher toutes ces grâces et de n'envoyer pas ordre à l'ambassadeur de France

Page 1