MARIAGE DU DUC D'YORK
deiir d'Espagne près de Charles II, qui lui en donna avis. Bartet déclarait, dans une lettre du 25 novembre 1660, que ce mariage de Portugal ne paraissait pas possible*, parce que Charles II ne pouvait prendre un semblable parti sans déclarer la guerre à l'Espagne, qui lui redemandait déjà Dunkerquc et la Jamaïque. « Ils (les Espagnols) ne le croient point capable, ajoutait Bartet, de pouvoir leur faire la guerre tout seul. »
Toutefois, en affectant de ne rien craindre de l'Angleterre, l'ambassadeur Watteville était loin d'ôtre rassuré. Bartet écrivait à Mazarin, le 6 décembre : (( Les Espagnols sont ici assez alarmés, quoiqu'ils parlent haut. Le parlement va agiter de nouveau l'annexe de Dunkerque et de la Jamaïque, et peut-être établir un fonds pour les entretenir et les soutenir"". Les Espagnols, de leur côté, tiennent les ordres prêts pour chasser de la Flandre les deux mille hommes, que le roi d'Angleterre y faisait subsister aux dépens de leur pays; car cet ambassadeur-^ n'est pas, ce me semble, assez endurant pour souffrir qu'on lui fasse cela à sa barbe, sans en témoigner les ressentiments qui sont en leur puissance. Le chancelier (Hydc), outre cela, l'inquiète fort sur le mariage de Portugal. Il a eu sur cela une audience du roi (Charles II), que Sa Majesté m'a
* Affaires étrangères, Angleterre, t. 7i, f» 513 v".
- Pour défendre la Jamaïque et Dunkerque.
3 Le baron de Watteville, ambassadeur d'Espagne en Angleterre.