CHAPITRE IV
PACIFICATION DU NORD DE L'EUROPE SOUS LA MEDIATION DE LA FRANCK. DERNIÈRES NÉGOCIATIONS DE MAZARIN.
Efforts de Mazarin pour moltrc un terme aux guerres des États de TKurope septentrionale. — Ambition et conquêtes de C.liarlcs-C.uslave (1655- 1657). — Coalilion contre le roi Suède (1657); il envahit le Danemark; traité de Roscliild (1658), bientôt rompu; siège de Copenhague par Charles-Gustave; défaite des Suédois au Sund; danger de la Suède. — Mazarin intervient en sa faveur et décide l'Angleterre à soutenir Charles- Gustave (165'J). — Congrès d'Oliva et de Copenhague (1659-166U). — Zèle de IMazarin pour la pacification du nord de l'Europe, attesté par sa correspondance. — Conclusion des traités de Copenhague et d'Oliva sous la médiation de la France (HJGOj. — Relations do la France avec la Turquie . — Conduite barbare du grand vizir à l'égard de l'ambassadeur de France, nommé de la Haye, et de sa famille. — Expéditions de Candie, d'Alger et de Tunis. — Convention relative au Sungau et au comté de Ferrelle. — Dernier traité signé par Mazarin ("28 février 1661).
Les conférences de Tîle des Faisans furent, comme nous l'avons remarqué, un véritable congrès de toute l'Europe chrétienne. Mazarin et don Louis de Haro ne se bornèrent pas à rendre le repos à la France et à l'Espagne. Un article du traité des Pyrénées stipulait que ces deux puissances travailleraient de concert au rétablissement de la paix dans l'Europe scplcn-
l'ACIFlCATlON DU NORIJ (1660). 349
Irioiiale. «Leurs Majestés, disait cet article*, voyant, avec grand déplaisir, la disposition présente de l'Allemagne et des autres pays du Nord, où la guerre est allumée, et qu'elle peut encore s'enflammer dans l'Empire par les divisions de ses princes et États, ont convenu et résolu d'envoyer sans délai leurs ambassadeurs, pour ménager, en leur nom et parleur entremise, un bon et prompt accommodement'-. »
Don Louis de Haro se dispensa de cette tâche importante et difficile ; Mazarin, au contraire, s'en occupa avec zèle. Il avait des motifs particuliers pour travailler à rétablir la paix dans l'Europe septentrionale. Plusieurs Etats, alliés delà France, y étaient intéressés ; il fallait surtout s'opposer à ce que la branche allemande de la maison d'Autriche profitât de ces divisions pour attaquer la Suède et violer la paix de Westphalie. Le moment était venu de faire intervenir la ligue du Rhin, qui venait de s'organiser en Allemagne et de l'opposer à l'empereur.
Ces affaires de l'Europe septentrionale intéressaient donc la France au plus haut point. Silhon, un des diplomates, que Mazarin employait à cette époque, lui écrivait^ avec raison : « Il s'agit ici
'■ Trailé des Pyrénées, art. 101.
- L'ambassadeur vénitien ne manque pas de signaler l'importance de cet article : « La France et l'Espagne, écrivait-il le 19 novembre 1659, doivent vivement presser l'empereur et le roi de Suède de faire la paix. î (Bibl. nat., Filza 122, f° 157.)
^ Affaires étrangères, France, t. 292, f» 109. Lettre du 5 janvier 1659.