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TRAITÉ AVEC LE DUC

le roi à Charies IV. « Sa Majesté a été touchée, dit le préambule', des protestations que ledit sieur duc de Lorraine lui a faites depuis un an qu'il séjourne dans sa cour, que son malheur plutôt qu'aucune mauvaise volonté l'a engagé dans des intérêts contraires à ceux de sa couronne. » Le roi, en adoucissant k son égard les conditions de la paix des Pyrénées, a voulu ensaiier le duc de Lorraine et ses successeurs, « non moins par reconnaissance que par leur propre intérêt, à aimer et servir la couronne ». Ce nouveau traité devait être, en même temps, une récompense pour les princes de la maison de Lorraine, « sujets de Sa Majesté, qui ont répandu leur sang pour la gloire et pour les avantages de la France ».

Les vingt-cinq articles, qui suivent, indiquent quelles sont les conditions du traité des Pyrénées maintenues ou modifiées par la nouvelle convention. Le duché de Bar était rendu à Charles IV, mais il n'obtint cette restitution que par de douloureux sacrifices. Les fortifications de Nancy devaient être rasées. Les places de Moyenvic, Clermont-en-Argonne, Jametz et Stenai, étaient cédées à la France, ainsi que Sierck, Phalsbourg et Sarrebourg. Enfin, il était stipulé que le duc de Lorraine serait tenu d'ouvrir aux troupes et envoyés du roi de France un passage, dont l'étendue était fixée par le traité, pour les

* Affaires éu-angères, Lorraine, t. 38, f''97.

DE LORRAINE (Fémuer 1G6I). 389

communications avec l'Alsace et les trois évêchés de Toul, Metz et Verdun. Il restait bien entendu que le duché de Bar était reconnu comme un fief relevant, ou, selon l'expression du temps, mouvant de la couronne de France, et que le duc de Lorraine serait tenu d'en faire hommage au roi'. Ainsi ce traité, en rétablissant Charles IV dans son duché, le tenait dans la dépendance de la France, qui occupait, au

*0n trouve, dans le tome 38 de la Correspondance de Lorraine aux Affaires étrangères (f"' 1 1(3 et suiv.), le procès-verbal de l'iioniniage rendu par Charles IV à Louis XIV. Cet acte est daté du 22 mars 1661 et rédigé par les deux secrétaires d'Élat, Henri- Auguste de Loraénie et Michel Le Tellier. Il constate que Charles IV se mit à genoux sur un coussin aux pieds du roi, assis en sa chaire et tenant les mains du duc dans les siennes. Le chancelier lut à haute voix la formule du serment ainsi conçue : >< Monsieur, vous rendez au roi la foi et hommage lige, que vous lui devez, comme à votre souverain seigneur, à cause du duché de Bar, pour les terres dudil duché, qui sont mouvantes de sa couronne, et pour les autres terres, qui vous appartiennent en propriété dans l'étendue du chemin depuis Metz jusques en Alsace, dont Sa Majesté sest réservé la souveraineté par le traité fait entre elle et vous le dernier février de la présente année 1661, par lequel vous êtes remis et rétabli dans vos États pour en jouir ainsi que faisoit le duc Henri, aux réserves et conditions portées par icelui. Vous jurez et promettez à Sa Majesté de lui rendre la fidélité, service et ol/éissance, que vous êtes tenu de lui rendre à cause desdites terres, et de le servir de vos personne et biens envers tous et contre tous, sans nul excepter, en toutes guerres et divisions que lui ou ses successeurs rois pourroient ci-après avoir contre les ennemis de sa couronne pour quelque cause que ce soit, ainsi que vous y êtes ohligé pour raison desdites terres, et ne permettrez qu'en icelles il soit fait aucune chose au préjudice de Sa Majesté et de son Etat. Ainsi le jurez et promettez. — A quoi ledit duc aurait dit : Oui, Sire. ï

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