ÉDUCATION DU ROI
nations slaves et Scandinaves écoutaient alors sa voix avec respect?
Sans doute la supériorité incontestable de la France, en 1661 , ne fut pas l'œuvre d'un seul homme. Personne ne peut méconnaître le rôle glorieux de Turenne à cette époque; mais on ne doit pas oublier à qui revient, avant tout, l'honneur d'avoir dirigé les laborieuses négociations avec l'Angleterre, conclu la ligue du Rhin et terminé, par les traités des Pyrénées et d'Oiiva, les longues guerres de T Europe. Ainsi, en huit années, Mazarin avait rendu à la France le repos et la gloire, que lui avaient enlevés les guerres civiles, et en même temps il avait formé un roi capable de soutenir et d'accroître la prospérité nationale. Il l'avait accoutumé à la vie des camps^; l'avait mené aux sièges, aux conseils de guerre, à la direction des armées et l'avait formé au maniement des hommes. Cette éducation en action, jointe aux qualités du jeune Louis XIV, à sa dignité naturelle, à son application aux affaires, à son esprit ferme, discret et pratique, avait préparé un grand roi à la France. Mazarin le savait, et il indiquait au prince le rôle glorieux, qui lui était réservé, dans une lettre digne d'être conservée"" :
«J'ai tâché de vous bien servir; au moins j'y ai
'Voy. sur l'éducation du roi, le tome précédent, p. 96 et suiv. ; 105, 261 et suiv.; 283 et suiv.
- Atïaires étrangères, France, t. 279, ï"' 298 et suiv. Cette lettre est du 29 juin 1659.