‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 212 sur 229 · PAR MAZARIN · texte numérisé non relu

PAR MAZARIN

de roi'. En résumé, Mazarin avait montré, pendant ses huit dernières années (1653-1661), les qualités d'un grand ministre. On admire sa sagacité pour deviner les projets de l'ennemi. Quelle fécondité et quelle variété de ressources déployait le cardinal à poursuivre son but "M Sa prudence et sa prévoyance préparaient l'avenir par des clauses habilement insérées dans les traités '. Sa persévérance ne se lassait ni par des délais artificieusement prolongés, ni par de brusques ruptures, ni par des refus hautains '*. Aux conférences des Pyrénées, sa patience avait triomphé des lenteurs calculées de don Louis de Haro, et il avait su profiter de son obstination pour lui arracher des conditions avantageuses à la France. L'habile discernement des hommes, l'activité et l'application incessante aux affaires ne furent que les moindres qualités de ce ministre.

Mais à côté des mérites incontestables, l'histoire impartiale signale des défauts. Mazarin s'occupa peu de l'administration intérieure de la France; il abandonna les finances au surintendant Fouquet, quoiqu'il connût ses dilapidations. Il négligea les véritables sources de la richesse nationale, l'agriculture, le commerce, l'industrie, les colonies. Vainement Golbert lui signala l'importance de cette partie de

*■ V'oy. le tome précédent, p. ^255 et suiv. ^ Voy. ci-dessus les négociations pour la ligue du lîliin. ^ Voy, ci-dessus, p. 254 et suiv.

* La négociation avec Cromwell en fournit une preuve. (Voy. le tome précédent, tout le chapitre v du livre IV.)

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