DÉFAUTS DE MAZARIN
l'administration, qui aurait pu fournir à la France de nouvelles et puissantes ressources. Mazarin ne s'en occupa pas. A ce point de vue, il est inférieur à ses glorieux prédécesseurs, Henri IV et Richelieu; au milieu des guerres et des négociations, ils encourageaient l'agriculture, «cette mamelle féconde de la France », s'occupaient du commerce, de la marine et de la prospérité coloniale. Il faut aussi reconnaître que l'on admirait, dans Henri IV et Richelieu, une élévation de caractère, qu'on ne retrouve pas dans Mazarin. Henri IV enlevait les cœurs par sa valeur, son génie prompt et décidé, sa loyauté et sa politique nationale jointe à la finesse béarnaise. Richelieu étonnait et effrayait par la grandeur de son génie et la puissance de sa volonté. Leurs défauts mêmes paraissaient ceuxd'àmes fortes et généreuses. Au contraire, l'astuce de Mazarin, son goût d'espionnage, ses habitudes mercantiles', son avarice provoquaient la haine et la raillerie. L'avarice surtout flétrit ses dernières années. Pendant longtemps, il avait paru peu se soucier d'accumuler des trésors; mais, à l'époque de son premier exil, il vit de près la misère et la pauvreté, si l'on en croit une lettre, qu'il écrivait à un de ses confidents, Zongo Ondedei ■ : « Il faut
* On a dit spirituellement qu'il y avait du brocanteur dans Mazarin {Inventaire pul)lié par U'i' le duc d'Auniale, Londres, ISOl). On irouvei'a plus loin des preuves de ce brocantage.
'^ Bibl. Maz., mscr., 1719. Lettre italienne, du 5 septembre 1651. Mazarin, qui veut exciter la pitié de la reine, exagère sa détresse. Dès le mois d'octobre 1051, il levait des troupes, et en décembre