A LA MAISON D'AUTRICHE
Mazarin avec Servien et Gravel; il s'occupe plus de la ligue projetée entre les électeurs que des prétendants à l'Empire. « Peut-être, dit-il, réussirait-il ' au duc de Neubourg d'élever sa fortune en cette rencontre, et pour moi, je crois que son élévation serait plus avantageuse au service du roi que celle de M. de Bavière ; mais c'est à lui à s'aider en cela, s'abouchant, comme nous avions déjà dit, avec l'électeur de Mayence, et tâchant de se le rendre favorable préférablement à tout autre. »
Quant à Louis XIV, Mazarin n'en parlait qu'avec beaucoup de mystère. Après avoir indiqué à M. de Gravel les sacrifices que la France ferait pour écarter les candidats autrichiens, il ajoutait^: «Vous saurez dans la dernière confiance (confidence), et sans en parler à personne, que, quoiqu'on parle du roi avec retenue (réserve), si néanmoins on pouvait voir jour à faire élire Sa Majesté, on élargirait pour cela la main bien davantage. Il faut faire là-dessus la guerre à l'œil, et, si vous voyiez que les choses s'y puissent disposer, vous pourriez en laisser échapper quelque mot délicatement, et comme de vousmême. » Le mystère môme, dont Mazarin enveloppe cette candidature problématique, prouve qu'il était loin d'en faire, comme l'a dit Lemontey, l'unique, ou même le principal objet, des négociations d'Allemagne.
' Affaires étrangères, France, toine 27-2, f» liO. ■^Ibidem, i" 132.