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ET ÉLECTEUR PALATIN DU RIUX

ne doute pas, écrivait-il à Servieii S que nous ne puissions tout nous promettre de M. l'électeur de Brandebourg, puisque son intérêt et son inclination le portent déjà à se conformer aux intentions du roi... Il reste l'électeur palatin, duquel il se faut assurer au plus tôt, en exécutant ce que vous avez comme ajusté avec son résident. »

L'électeur palatin était Charles-Louis de Bavière, fils de ce Frédéric V, qui avait été proclamé roi de Bohême, en 1618, et avait donné le premier signal de la guerre de Trente ans. La France avait rendu de grands services à Charles-Louis. C'était grâce à sa protection qu'à la paix de Westphalie, en 1648, il avait été rétabli dans le Bas-Palatinat ou Palatinat du Rhin-, et avait recouvré la dignité électorale. Le Haut-Palatinat, qui confinait à la Bavière, avait été adjugé à cette dernière principauté, protégée par l'empereur Ferdinand III. Charles-Louis en avait gardé contre la maison d'Autriche un ressentiment, qui aurait dû l'unir étroitement à la France. Cependant

aussi à Votre Éminence mon désir, et comment la nécessité et l'état présent de celte guerre m'obligent de demander un subside du roi. C'est pourquoi je vous prie de vouloir seconder mon désir par votre bonne faveur auprès du roi, vous assurant que, comme, en toutes mes actions, j'aurai une réflexion singulière au bien public et aux intérêts de la France, aussi j'en aurai une obligation très estroite à vous, demeurant, etc. » La guerre, dont parle l'électeur de Brandebourg, était dirigée contre le roi de Suède; les deux princes se disputaient la Poinéranie.

* Aff;iires étrangères, France, t. ïJ72.

- Voy. VHistoire de France pendant la minorité de Louis XIV, t. 111, p. 11-2.

tjl CANDIDATS OPPOSÉS

Mazarin élail loin croire assuré de son concours ; il espérait le gagner, en faisant agir près de lui la princesse palatine, sa belle-sœur '. « Elle s'emploiera fortement, ï. écrivait le cardinal à Servien -. 11 n'hésitait pas à promettre, pour se concilier cet électeur, une somme considérable, d'abord cent mille écus, puis cent vingt mille. Il rappelait les raisons qui devaient l'éloigner des princes autrichiens^ : « Sa maison ayant été autrefois ruinée parles forces d'Espagne, sa religion * étant opprimée, non par zèle, mais par cabale, en tous lieux où les Espagnols ont crédit, et sa dignité, aussi bien que celle de ses collègues, ayant toujours été méprisée et abattue par les ordres venus de Madrid. »

Dans la même dépêche, Mazarin ajoutait ' : a II faudra faire les derniers efforts pour avoir Bavière (l'électeur de Bavière); car de cette sorte, il y aura cinq^ électeurs unis pour la même fin, ayant confirmation de divers endroits que Brandebourg, Cologne et Trêves agiront en la manière que M. de Mayence pourra souhaiter. »

Les candidats à opposer à la maison d'Autriche tiennent peu de place dans la correspondance de

* Anne de Gonzague avait épousé Edouard, prince palatin, frère de l'élecleur Charles-Louis.

2 AfTaires étrangères, France, t. "212, f" 157.

3 Ibidem, f" 158 r.

* L'électeur palatin était calviniste.

5 Ibidem, f" 159 x".

6 Mazaiin aurait dû dire six, en y ajoutant le Palatin.

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