ET DE LION.NE (1G
dernier était absolument gouverné par des minisires vendus aux adversaires de la France. « Il n'avait, dit le maréchal de Gramont', d'autre occupation que celle de boire excessivement, tous les jours de sa vie. ))
Jusqu'au mois de juillet 1057, Mazarin ne s'était occupé que des préliminaires de la négociation, et les renseignements favorables, qu'il consignait dans ses dépêches, étaient surtout relatifs à une coalition de princes allemands pour le maintien de leurs droits. Telle était la situation, au moment où il fit partir l'ambassade solennelle, chargée de représenter Louis XIV auprès du collège électoral, qui allait se réunir à Francfort. Les deux personnages choisis pour cette ambassade furent le maréchal de Gramont et Lionne. Le premier était un militaire diplomate', Béarnais des plus fins et des plus souples. Envoyé jadis, comme négociateur et général, auprès du stathouderde Hollande, Frédéric-Henri^, il avait eu mission de surveiller les princes qui commandaient l'armée française. Gramont s'était montré propre à tous les rôles; ami de Condé, il n'avait pas hésité à rendre compte de sa conduite, comme le prouvent
^Mémoires, p. 293, édit. Michaud et Poujoulat.
2 Antoine III, duc de Gramont et maréchal de France, né en 1604, mort en 1678. Gramont a laissé de curieux mémoires, où il se garde l)ien de parler du rôle qu'il avait joué auprès de Condé et du duc d'Orléans ; mais les carnets de Mazarin y suppléent.
^ Voy. l'Histoire de France pendant la minorité de Louis XIV, t, II, p. 230, 232 et passim.