MAZARIN ENVOIE A FRANCFORT
serait porté à le supposer, si Mazarin n'avait pas insisté, dès le début de la négociation', sur la nécessité d'une ligue des princes de l'iVllemagne pour imposer à l'empereur l'observation exacte des conditions de la paix de Westphalie. 11 y revient, avec plus d'insistance, en 1658. « C'est à quoi, ajoute-t-il dans la même dépêchç-, il faut à présent appliquer tout son esprit et se prévaloir des offres que M. de Mayence a faites sur ce sujet, afin d'obtenir une capitulation'', avant l'élection, qui nous mette l'esprit en repos des artifices et des violements*, dont les ministres d'Espagne usent sans doute auprès du roi de Hongrie, pour la faire rompre, et sortir ainsi, avec honneur et avantage, de l'affaire que le roi a mise entre vos mains^ »
Brandebourg, ne pensent pas que la France ait jamais voulu sérieusement écarter le candidat autrichien. « C'est ici (à Paris) l'opinion assez commune... qu'en apparence on veut éloigner (les Autrichiens) de l'Empire ; [mais en réalité] qu'on souhaite qu"iis [le] retiennent, afin qu'ils servent d'épouvanlail à ceux qui autrement pourroient nuire. » {Voijage de deux Hollandais à Paris, p. 381.) C'est en 1658, au moment même oi!i se poursuivaient les négociations pour l'élection à l'Empire, que les Hollandais constataient cette disposition de l'opinion publique à Paris.
1 Ci-dessus, p. 88, 89, 90, 91 et 9^2.
- Aiïaires éirangèrcs, France, t. 277, f" 31 v°.
-' On donnait ce nom aux conditions imposées à un souverain, avant qu'il montât sur le trône. Des capitulations étaient imposées aux rois de Pologne, comme aux empereurs d'Allemagne.
^ La copie porte bien violcmenis, et non violences.
'■' Dans une dépêche du 1" fé\rier 1658 adressée au chevalier de Tcrlon, qui représentait la France auprès du roi de Suède, Mazarin insiste encore sur l'iuqioi tmce d.; ce résu'tat et déclare le préférer