MAZARIN RENONCE A DISPLTEU
est poursuivie par M. de Mayence, avec déclaration que la f'iaiice et la Suède y pourraient entrer'. y>
A mesure que l'on avance dans la lecture de la correspondance de ^Jazarinavec les plénipotentiaires français, on voit qu'il abandonne la pensée d'enlever à l'Autriche la dignité impériale et insiste seulement sur la nécessité de mettre cette maison hors d'état de violer la paix de Weslphalie. 11 n'hésite plus à déclarer que Louis XIY n'a jamais aspiré à l'Empire : « Chacun a pu connaître que Sa Majesté (le roi de France) n'a eu aucune prétention à l'Empire, et que même elle n'a fait proposer d'en exclure le roi de Hongrie que par la seule appréhension que son élévation à la dignité impériale ne fût suivie de la rupture ouverte de la paix, puisqu'il avait commencé d'y faire des contraventions avant qu'être empereur et avant que d'avoir uni, par le mariage projetée l'Empire avec la monarchie d'Espagne. Le principal sujet de l'envoi de MM. les ambassadeurs a été pour demander raison de ces contraventions, et pour concerter avec tous les princes, intéressés au repos de l'Allemagne, les moyens de rétablir et assurer la paix de Munster. »
Mazarin est encore plus explicite, pour ce qui concerne l'élection à l'Empire, dans une dépêche du
* Affaires étrangères, I'hance, t. 277, f° 23 v».
- Ibidem, Ali.emagnk, t. UO, f" 253
^ Le mariage projeté de Léopold avec Marie-Thérèse.
I/EMPIRE A L'AUTiUCHE. H3
^7 janvier 1658', adressée au maréchal de Gramont et à de Lionne : « Je vous dirai librement que le dessein de faire sortir l'Empire de la maison d'Autriche, laquelle a de si profondes racines en Allemagne, et partout, et qui a tant de moyens pour empêcher que l'on ne lui ôte, et même qu'on ne lui dispute, la continuation de cette grandeur, à laquelle il n'y a que le seul duc de Bavière qui put aspirer, et de la volonté de qui nous avions grand sujet de douter, ce dessein, dis-je, aurait été fort approchant de celui de vouloir battre une grande flotte avec deux ou trois brigantins. » Après avoir indiqué combien lui paraît maintenant chimérique le projet d'enlever l'Empire à la maison d'Autriche , Mazarin déclare qu'il ne se repent pas de ce qu'il a fait jadis dans ce but, « jugeant que, ne réussissant pas dans cette entreprise, les diligences, que nous y apporterions, ne seraient pas perdues, puisqu'elles serviraient à procurer tout ce qui serait nécessaire à réparer les contraventions faites à la paix de Munster et [à obtenir] les sûretés pour la faire observer à l'avenir. » Faut-il voir dans cette déclaration une évolution de diplomate, qui, ne pouvant triompher de la maison d'Autriche, cherche à dissimuler sa défaite"-? On
1 Affaires étrangères, Allemagne, t. liO, f" 315. On trouve une autre copie de cette dépêche dans les mêmes Archives (France, t. 277, f" 31).
2 Les voyageurs hollandais, dont nous avons souvent cité le témoignage, et qui étaient en relations avec les diplomates étrangers, principalement avec Vicquefort, envoyé de l'électeur de